Comment écrire une série télé ?

Iris Ducorps, scénariste de séries, anime pour Aleph-Écriture l’atelier Approche de l’écriture de séries télé du 15 au 19 mai. L’Inventoire est allé la rencontrer pour en savoir plus sur le métier de scénariste de séries mais également sur les liens entre l’écriture de séries et l’écriture littéraire. L’Inventoire : Quel est votre parcours professionnel ? Comment êtes-vous devenue scénariste ?  Iris Ducorps : J’écris depuis toute petite, j’ai toujours adoré raconter des histoires et qu’on m’en raconte. J’ai des souvenirs de téléphile, très jeune et me suis également prise de passion pour le cinéma très tôt. Et puis un jour, les deux ont concordé : je me suis dit, je vais écrire des histoires pour faire des images. Après avoir acquis une bonne culture générale en Lettres modernes et arts du spectacle, option cinéma à l’université, j’ai fait le Conservatoire européen d’écriture audiovisuelle (CEEA) à Paris. Ensuite, j’ai eu l’occasion de travailler sur la série Plus belle la vie qui avait juste un an. Mais c’est au Gabon que j’ai eu ma première grosse expérience professionnelle. J’ai travaillé pendant 9 mois à la co-élaboration … Lire la suite

Amanda Lindhout : « La visualisation intérieure possède un grand pouvoir sur la vie »

Amanda Lindhout est une jeune journaliste canadienne lorsqu’elle s’aventure en Somalie pour y faire un reportage avec un photographe. Ils y sont kidnappés par un groupe islamique. Elle restera en détention 460 jours et subira tortures et viols. Pourtant, au cœur de l’enfer, Amanda Lindhout développera des capacités de survie insoupçonnées, saura s’arrimer au plus petit signe de présence divine, comme cet oiseau entraperçu après 10 mois d’enfermement. Son livre « La Maison dans le Ciel » est un récit passionnant sur son parcours, de ses voyages à sa détention. Un récit qui laisse entrevoir ses incroyables capacités de résilience, et dont la survie a aussi parfois tenu à la visualisation d’une maison dans le ciel, emplie de ses amis, de sa famille et représentant sa vision du bonheur. De retour au Canada, elle a débuté son parcours de reconstruction, et écrit ce livre avec la journaliste Sara Corbett. Publié en 2014 aux Etats-Unis, il est rapidement devenu un best-seller mondial. A l’occasion de sa traduction en français et de sa publication par la maison d’édition Séramis, nous avons rencontré Amanda Lindhout … Lire la suite

« Comment Baptiste est mort » d’Alain Blottière

Baptiste a 14 ans et des poussières. Il a été enlevé, en plein désert, par un groupe de djihadistes, avec ses parents et ses deux petits frères. Très vite les ravisseurs, dont la plupart n’étaient pas beaucoup plus vieux que lui, ont décidé de le former comme un des leurs. On ne sait pas ce que sont devenus les parents et les frères de Baptiste, lui seul est revenu en France. Il avait été séparé d’eux auparavant par leurs geôliers. Avant et après «  la séparation » est un des letmotiv de ce roman au cours duquel un enquêteur/psychologue questionne Baptiste sur ce qui s’est passé, essaie de comprendre, et de l’aider à comprendre lui-même comment Baptiste est devenu Yumaï (le nom que lui ont donné ses kidnappeurs) ; comment l’enfance, en Baptiste, « près de sa fin » au moment de l’enlèvement, s’est d’un coup « volatilisée ». Comment Baptiste est « mort ». Cet interlocuteur essaie de l’aider, aussi, à combler les « trous noirs » qui font de la mémoire de Baptiste un puzzle éclaté. Baptiste ne sait plus pourquoi son petit frère adoré, Louis, l’a regardé, une fois, … Lire la suite

Comment vend-on des livres ? Rencontre avec Valérie Hernandez, Directrice commerciale chez Libella

Qu’est-ce qui fait le succès d’un livre ? Pourquoi certains ouvrages rencontrent rapidement leurs lecteurs tandis que d’autres mettent plus de temps à se faire connaître, voire passent inaperçus ? On évoque souvent le rôle de l’éditeur dans la rencontre du livre avec son public, très peu celui des commerciaux qui permettent aux livres d’arriver dans les points de vente et donc de finir entre les mains des lecteurs. Afin d’en savoir plus sur le circuit commercial d’un livre, L’Inventoire est allé poser quelques questions à la Directrice commerciale du groupe Libella, Valérie Hernandez. L’Inventoire : Quel est votre parcours professionnel ? Valérie Hernandez : Après avoir travaillé comme commerciale dans l’alimentaire, j’ai eu l’opportunité d’entrer dans l’édition, à la faveur d’un changement de poste. Dès lors, j’ai été à même d’occuper des fonctions pour des éditeurs de livres aussi différents que des ouvrages parascolaires et scolaires, puis pratique et jeunesse. A présent chez Libella France, je suis en charge de la commercialisation des ouvrages de littérature, des beaux livres et des livres pratiques. L’Inventoire : Pouvez-vous nous parler du groupe Libella … Lire la suite

« Une femme au téléphone » de Carole Fives

Une mère, la soixantaine, téléphone à sa fille. Souvent. Longtemps. Pour parler, parler d’elle et d’elle seule, parler seule et dire tout – même ce qui ne se dit pas de mère à fille. Sans aucun filtre, donc, elle dévide ses enthousiasmes, ses regrets, ses colères, ses peurs… A l’autre bout du fil : sa fille (et nous, lecteurs), réduite à une oreille distraite, inquiète ou excédée. On n’entend pas ses réponses mais on les devine à travers cette succession de monologues maternels. De même que se dessine, peu à peu, le paysage affectif de la protagoniste : Charlène (c’est le prénom de la femme qui téléphone) a donc une fille, écrivain, célibataire et sans enfant, et un fils, marié, père de famille (« Espérons qu’ils ne nous en mettent pas un troisième sur le feu ! ») Leur père a été le seul homme qu’elle a aimé, mais « cette sale bête » l’a abandonnée. Elle vit seule avec sa chienne dans une maison vide et « glacée ». Elle a cependant un gentil voisin, « Nini », qui s’occupe de la chienne quand elle, Charlène, n’est pas … Lire la suite

« Le Dimanche des mères », un roman de Graham Swift

Par Juliette Rigondet Une jeune femme sans racine – et donc, peut-être, plus libre –, soubrette dans le Berkshire entre-deux-guerres. Un amour caché, parmi d’autres secrets. L’incongruité du drame sous un ciel splendide. Elle s’appelle Jane. C’est une jeune bonne employée par un couple d’aristocrates, les Niven, dans le Berkshire. Jane est orpheline et ses employeurs, eux, ont perdu leurs deux fils à la guerre – nous sommes dans les années 1920. C’est le « dimanche des mères », ce jour où les employés, exceptionnellement, et depuis peu de temps (parce que « les temps changent », comme le déplore Mr Niven), ont une journée libre pour aller voir leur famille. Mais Jane n’a pas de famille. Peut-être va-t-elle lire au soleil dans le jardin ? Car Jane sait, et aime lire, on le lui a appris à l’orphelinat, et Mr Niven, surpris par sa curiosité livresque (et touché par cette jeune fille sans parents qui pourrait être la sienne), lui prête quand elle le souhaite un volume de sa bibliothèque – de ces romans d’aventure que ses fils ouvraient et lisaient quand ils étaient … Lire la suite

Maison de la poésie: Masterclass Marie-Hélène Lafon le 4 mars 2017

Écrire, une affaire de style ? Aleph-Écriture, pionnier en France de la formation à l’écriture pour tous, organise le 4 mars 2017 une journée d’écriture et d’échanges sur le style avec Marie-Hélène Lafon, prix du Style en 2012, prix Goncourt 2016 de la Nouvelle. La rencontre s’organise en deux temps : atelier d’écriture en partenariat avec la librairie Le Rideau rouge (Paris 18ème), puis masterclass sur le style, à la Maison de la Poésie. Ouverte à tous, cette journée s’inscrit dans le mouvement, nouveau en France, de la reconnaissance de l’apprentissage de l’écriture par la pratique ! I – Les intervenants Marie-Hélène Lafon est l’auteur d’une dizaine de romans et nouvelles parus chez Buchet/Chastel, dont Sur la photo (2003), Les derniers Indiens (2008), L’Annonce (2009), Les Pays (2012, prix du Style 2012) et Joseph (2014). Sa dernière publication : Histoires (2015) lui valut le Prix Goncourt de la Nouvelle en 2016. Aleph-Écriture, créé en 1985, est reconnu comme le pionnier de la formation à l’écriture et le leader des ateliers d’écriture littéraire. Centre de formation professionnelle, il accompagne les apprentis-écrivains depuis … Lire la suite

Comment devenir écrivain ?

Épineuse question mais l’engouement actuel pour les ateliers d’écriture et les masters de création littéraire nous pousse à l’aborder!

Nous avons donc demandé au fondateur et directeur pédagogique d’Aleph-Écriture, Alain André, de nous donner son avis. Il nous a répondu sous la forme d’un texte en 13 étapes. Texte que le futur écrivain accrochera au-dessus de sa table de travail pour s’en nourrir aux différentes étapes de son manuscrit…

1 – Osez écrire.

Comme écrire procède du rêve et du fantasme, l’inhibition peut se trouver au rendez-vous. Allez au-delà, ayez le culot de vivre et d’écrire.

2 – Écrivez à partir de votre expérience.

Ne craignez pas l’impudeur. Prenez des risques. Chevauchez le dragon.

Lire la suite

Parution du livre d’Amanda Lindhout « Une maison dans le ciel », Editions Séramis

Sorti cette semaine en librairie, nous avions envie de vous faire découvrir le récit autobiographique d’Amanda Lindhout « Une maison dans le ciel », parce qu’il dépasse le seul témoignage de par la qualité de son écriture. La narratrice, aidée par Sara Corbett, y raconte comment son parcours l’a prédisposée à vivre aux frontières du danger et à vouloir découvrir le monde. De son enfance difficile près de Calgary au Canada, elle garde une envie farouche de voir le monde, dont elle a découvert les paysages magiques dans des exemplaires abandonnés du National Geographic. Ce monde, elle va le parcourir dès ses 19 ans, où entre deux contrats de serveuse, elle s’envole avec un ami puis une amie, plusieurs mois, en Amérique Latine puis en Asie. Alors qu’elle explore le Soudan, cette fois seule, elle décide de pousser en Afghanistan, et en Irak. De retour au Canada, galvanisée par ses nombreuses rencontres et ses réelles capacités à s’en sortir seule dans des pays musulmans, Amanda va alors décider d’aller enquêter en Somalie, comme journaliste, emmenant avec elle son nouveau compagnon, Nigel, photo-reporter. … Lire la suite

Tristesse de la terre de Éric Vuillard

L’ouvrage d’Éric Vuillard antérieur à son Quatorze juillet est intitulé Tristesse de la terre et sous-titré Une histoire de Buffalo Bill Cody (Actes-Sud, 2014, et « Babel »). Le lecteur découvre comment on a transformé en « show » le massacre délibéré des derniers malheureux Sioux Lakotas de « Sitting Bull », affamés, crevant de froid, hommes, femmes et enfants mêlés — soyons précis : quatre-vingt-quatre hommes, quarante-quatre femmes et dix-huit enfants —, à Wounded Knee à la fin du mois de décembre 1890. Il a fallu d’abord réécrire l’histoire : faire du massacre une glorieuse « bataille » gagnée par deux régiments de cavalerie dirigés par le général Miles. Il a fallu ensuite monter un spectacle — le « Wild West Show », une authentique « machine à cash », « merchandising » inclus, entièrement dédiée, jusqu’à sa fin, à la haine de l’autre. « C’est une version du massacre revue et corrigée par Buffalo Bill et John Burke, dans le plus pur esprit américain », nous précise Vuillard. « C’est une version pour nos livres de classe. Une version pour enfants. Dans ce petit bout de théâtre, il n’y a ni la longue marche épuisante des Sioux, fuyant … Lire la suite