Atelier Ouvert : les textes de la Nuit de la lecture à la librairie du Rideau rouge

Lors de la nuit de la lecture du 14 janvier, Aleph-Écriture a proposé un Atelier Ouvert à la librairie du Rideau Rouge dans le 18ème arrondissement à Paris. Après une lecture de différents textes d’auteurs autour du thème de la ville, les dix participants réunis à l’occasion de cet événement national ont été invités à écrire. La proposition d’écriture faite par l’animatrice, Solange de Fréminville, reposait sur le thème «  la ville, de ma fenêtre ». Une fois les textes achevés, lus et commentés par le groupe et par l’intervenante, ce sont les lecteurs à haute voix de l’association « Lire & Conter » qui ont procédé à la mise en voix de ces petits morceaux urbains de l’Est parisien… ou d’ailleurs. Découvrez ci-dessous ces petits morceaux urbains de l’Est parisien.   Un soir au cinquième étage de la rue Marx Dormoy – Mehdi Abaoub Un pigeon prend ses aises dans mon persil. Je me précipite ! Il s’envole déjà vers d’autres jardinières. Ma voisine de pallier entrouvre une fenêtre. Un nuage de buée en profite pour se dissiper. Le voisin d’en face laisse … Lire la suite

ROC : l’écriture créative selon Pascal Biras

Pour apprendre des langues Pascal Biras a créé le ROC en 2012, lorsqu’il enseignait le français langue étrangère dans un lycée de Budapest en Hongrie, en proposant aux lycéens la création collaborative d’un roman pour les encourager à parler français pendant le cours. Par ce biais, 6 romans reposant sur l’oralité ont déjà été publiés en Hongrie. Lors de la conférence internationale sur l’écriture créative qui s’est déroulée à Turin les 23 et 24 septembre derniers, Pascal Biras a présenté son dispositif. Qu’est-ce que le dispositif ROC ? ROC signifie Roman Oral Collectif. Il s’agit d’utiliser l’écriture créative comme outil méthodologique dans une classe de langue. Le dispositif a pour but de transformer les apprenants en auteurs, de faire de la conversation une activité narrative et créative. Il donne aux lycéens quelque chose à dire, en langue étrangère, aussi bien à leur professeur qu’à leurs pairs. Le projet s’inspire des idées de la pédagogie orientée vers l’enfant (Célestin Freinet) tout comme de la méthode communautaire (Charles Curran) dans l’apprentissage des langues. Le ROC repose essentiellement sur de l’écriture créative, de l’écriture … Lire la suite

Impact des ateliers d’écriture sur l’écriture autobiographique

Isabelle Rossignol: Ateliers d’écriture et écriture autobiographique
Écrire quoi ? Ma vie, bien sûr. Plus exactement, un épisode de ma vie. Oui mais comment ? Comment écrire cet épisode ? Je me heurtais à cette question. Je m’y suis heurtée pendant trois ans au moins. J’ai essayé la fiction. J’ai essayé le témoignage. J’ai essayé le récit autobiographique. Rien ne me convenait. La fiction était trop éloignée du réel, le témoignage était trop proche et le récit autobiographique, tel que je le pratiquais, me semblait trop peu littéraire. Il m’a donc fallu en passer par l’invention d’une forme singulière, forme qui est apparue parce que je suis allée puiser dans des recoins insoupçonnés, que seule l’écriture, par les chemins de traverse qu’elle m’a fait emprunter, a pu faire sortir de l’ombre. Lire la suite

L’écrivain public, de la plume à la toile

Après des études de psychologie et un beau parcours en communication interne dans une entreprise dédiée au voyage, Marie-Hélène Mas suit aujourd’hui le cursus universitaire de la licence « Conseils en écriture professionnelle et personnelle – Écrivain public » à la Sorbonne Nouvelle. Elle veut faire de l’écriture son métier. Par Marie-Hélène Mas Méconnu du grand public, ce métier s’adresse à des publics divers, regroupe de multiples facettes, de nombreuses missions et fait appel à des compétences accrues tant dans le domaine social, créatif que numérique. L’ancêtre de l’écrivain public n’est autre que le scribe de l’Égypte antique ! Il est, au sens littéral du terme, celui qui pratique l’écriture. Son activité consistait à écrire et recopier à la main des documents privés, des textes officiels, administratifs, religieux et juridiques à une époque où l’imprimerie n’existait pas et où les lettrés étaient rares. Aujourd’hui, si la première vocation de l’écrivain public est toujours d’écrire pour l’autre, son statut et ses missions se sont fondamentalement transformés. Son principal outil est le traitement de texte sur ordinateur ; sa motivation, le service aux autres ; ses expertises, plurielles et … Lire la suite

Portrait d’animatrice : Mathilde Vermer « Ecrire pour aller vers soi »

Auteur du roman Après Ramallah, publié aux Éditions Michel de Maule en 2012, Mathilde Vermer est diplômée de Sciences-Po Paris, du CNAM et de la Sorbonne. Passionnée par la littérature et la philosophie, elle écrit, propose des formations en entreprise et anime des ateliers d’écriture.

Son prochain stage à Aleph-Ecriture se tiendra du 10 mars au 16 mars 2016.

Propos recueillis par Marie-Hélène Mas

L’Inventoire : Comment êtes-vous devenue animatrice d’atelier d’écriture ?

Mathilde Vermer : Par passion !

En 2006, je rentre de Palestine avec un projet de roman. Je viens de passer 5 mois à travailler en ONG et je suis hantée par ce que j’ai vu dans ce pays. Je ne sais pas par où commencer, je sens que ma plume résiste, que les mots m’échappent. Lire la suite

Turin cinéma

Ou comment, à l’occasion du stage « Écrire à Turin », le cinéma s’est invité dans les propositions d’écriture, apportant son art de la narration, de la mise en scène et de la présence. Par Estelle Lépine J’ai animé cet été un stage d’écriture de quatre jours à Turin. J’ai accepté le remplacement qu’on me proposait, séduite par l’idée d’accompagner l’écriture de textes nés d’une immersion dans un environnement non familier. Tout de suite, j’ai eu envie d’emmener les participants vers la fiction, qu’ils utilisent comme matière la ville et ce qu’elle offre d’images et d’imaginaire. Qu’elle devienne le décor de la traversée d’un personnage que chaque participant choisirait, et dont il s’agirait d’écrire les déplacements physiques comme intérieurs. Peut-être finirait-elle, cette ville, par devenir elle-même un personnage, un de ceux dont la rencontre révèle, affecte ou redessine une trajectoire. Des livres pouvant accompagner les propositions de ce stage, j’en avais en tête, beaucoup. Du surgissement des personnages à l’écriture des lieux en passant par le récit de voyage, Sylvie Germain, Georges Perec, Michel Butor, Claudie Gallay, Hélène Frappat, Cesare Pavese, … Lire la suite

Fables indiennes: « Paroles de bêtes à l’usage des princes »

Par Marie-Hélène Mas Jusqu’au 3 Janvier 2016, l’Institut du Monde Arabe consacre son 7ème étage aux fables indiennes de Kalila et Dimna, et plus particulièrement à la version arabe d’Ibn al-Muqaffa, à l’occasion de l’exposition « Paroles des bêtes à l’usage des princes ». De vitrine en feuillet, nous découvrons ces illustrations colorées et ces textes manuscrits qui ont traversé les siècles. Une traduction de chaque fable exposée nous permet de suivre ces leçons de vie et des vidéos interactives font la joie des plus jeunes visiteurs. Kalila et Dimna sont 2 frères chacals vivant à la cour du lion. Si Kalila se satisfait de sa vie simple, Dimna, lui, ambitionne de devenir roi et tente d’y parvenir en utilisant ruses, mensonges et manipulations … Les Fables de Kalila et Dimna L’ermite et la mangouste, les corbeaux et les chouettes, l’éléphant et le lapin, le prince et le philosophe, le lion et le taureau… autant d’histoires qui s’emboîtent, de personnages qui se croisent pour illustrer de façon ludique des thèmes tels que l’amitié, la trahison, le rôle du savoir ou encore la … Lire la suite

La clé

Alain ANDRÉ J’aime proposer de temps en temps un atelier d’écriture un peu particulier, baptisé « atelier ouvert ». Il se passe dans une librairie, dont le gérant, qui me connaît bien, me confie les clés. Le livre du jour est annoncé trois semaines à l’avance. Je prends soin de préciser qu’on peut venir à l’atelier sans avoir lu le livre. Ce matin, l’un de ces ateliers était programmé, mais je ne suis pas parvenu à ouvrir la porte donnant accès au couloir de l’immeuble (donnant lui-même accès à la porte blindée donnant elle-même accès à la librairie et, enfin, au petit mécanisme doté d’une clé, à l’ancienne, qui permet de faire descendre le rideau de fer, de façon à pouvoir ensuite déverrouiller la dernière serrure qui, elle, ouvre la porte du paradis aux participants de la modeste aventure). J’en suis resté à la première phase. Coincé là, dehors, debout devant la porte. Il faisait un peu frais, le ciel était entièrement bleu, j’avais trouvé pour ma voiture une place à quelques pas du port. J’ai placé la clé dans différentes positions, … Lire la suite

Les enjeux de la traduction par Hilde Keteleer

Poète, romancière, journaliste presse et radio, Hilde Keteleer a été responsable durant plusieurs années de l’association Writers in prison en Belgique néerlandophone (PEN International). Elle est traductrice (français, allemand, néerlandais), notamment de Rilke, Rimbaud, Jelinek, Olivier Rolin et Caroline Lamarche et enseigne l’écriture créative pour l’école belge (flamande) Creatief Schrijven. Elle nous parle ici des enjeux de la traduction, avant d’animer un stage sur ces thématiques pour Aleph-Ecriture en avril prochain. Nuits blanches et colombes blanches En cette nuit d’insomnie, je médite sur l’insomnie. « Nuit blanche » dit-on en français. Lorsque j’y pense de cette façon, la nuit me paraît un peu plus douce, moins obscure. Non seulement elle résonne plus joliment mais elle paraît aussi plus belle. Ce n’est pas lié au tracé des lettres sur la page mais plutôt à ce qui se tient derrière les mots : l’image. L’insomnie en néerlandais (slapeloze) sonne agréablement aussi, avec le « o » et le « z », mais aucune image n’y est liée. Je suis jalouse, ici, du français. Il est facile, pour les francophones, d’écrire de la poésie : leur langue regorge de rimes et … Lire la suite

Dominique Hecq de l’Université Swinburne de Melbourne

Writing Schools around the World À la rencontre des écoles d’écriture dans le monde Découvrir comment l’écriture est enseignée en Europe et ailleurs, mais par le lieu, l’implantation géographique, l’environnement… C’est ce que nous vous proposons par une série d’interviews avec des responsables de programmes d’écriture créative partout dans le monde. Aujourd’hui, Dominique Hecq, responsable du programme « Writing Fiction » à l’Université Technologique Swinburne à Melbourne, vous raconte son école. Propos recueillis par Louise Muller. Quand est né le programme d’écriture créative que vous représentez ? Qu’est-ce qu’on y propose ? Le programme est né en 1993 avec ‘Writing Fiction’. Il a grandi avec ‘Writing The Self’ (biographie et autobiographie). Depuis 2000, le programme comprend une maîtrise d’écriture et depuis 2004 un doctorat en écriture (70% écriture créative et 30% essai). Les licences en média et communication, en art et média et en éducation comprennent un ‘Major’ en écriture ou écriture et édition. Quelle est l’idée de l’écriture créative que l’on s’y fait ? L’idée de l’écriture que l’on s’y fait est d’une part informée par la théorie littéraire et d’autre … Lire la suite