Vos textes à partir de l’Annonce de Marie-Hélène Lafon 1/3

Il y a 15 jours, Pauline Guillerm vous proposait d’écrire à partir du  roman de Marie-Hélène Lafon « L’Annonce » (Editions Buchet-Chastel, 2016). Parmi de nombreux textes reçus, nous en avons sélectionné 24 ! Publiés en trois fois, en voici 11.

Merci à tous de votre enthousiasme ! L’Inventoire vous souhaite un bel été et vous retrouvera en septembre pour de nouvelles propositions d’écriture ! 

Alexandra Aestiot

Hong kong

 

Arrivée à Hong Kong. Le choc n’est pas culturel, pas encore ; celui-là viendra plus tard. C’est mon corps qui ne comprend pas ; mes sens déboussolés me disent l’impossibilité, la chaleur étouffante sous les trombes d’eau. Pluie noire. Ici, c’est ainsi qu’on nomme le déluge. La ville s’arrête. Je l’apprendrai plus tard. Ça et la vitesse sidérante à laquelle l’eau noie les rues. L’eau que les égouts ne contiennent plus. Les égouts qui charrient depuis le haut des collines des branches, quasiment des troncs ; arrachées des arbres par la violence de la pluie, elles viennent éventrer la chaussée. Le flanc des collines que l’eau pourrait détacher, faire glisser, qu’on coule de béton, des chapes qu’on protège de la poussée des racines en les perçant de trous d’où s’échappe la végétation. C’est l’été, le début de l’été. Avec sa fin viennent les typhons qui s’annoncent de quelques degrés de moins, d’une odeur boisée, d’un ciel qui se voile de jaune. Parfois, l’œil se pose sur l’île, et la tempête s’interrompt, comme pour reprendre son souffle, ce second souffle qui balaie les bicoques qui avaient résisté jusque-là. On attend qu’il passe, cloîtré derrière les vitres de ces immeubles qui m’apparaissent derrière les arbres, entre les lianes, alors que je descends du Peak vers Central qui s’étend sur la mer sur laquelle on a réclamé, gagné pour un temps. Une ville poussée au milieu de la jungle, qui prétend maîtriser l’eau, qui a fait d’un parapluie le symbole de sa révolution. Comme si les parapluies résistaient au vent.

A.E.

 

Julie Briand

Là, c’est le bon endroit, au virage. Il freine, s’arrête au bord de la route, coupe le moteur, écoute la fin du morceau de Miles Davis, une dernière dose de son. Bye Miles. Son téléphone est déjà éteint. Puis tout se tait dans l’habitacle.

À travers la vitre avant, il regarde lentement, de droite à gauche, de haut en bas, chaque centimètre de son écran transparent. Des pierres, des herbes jaunies, des arbustes et des buissons secs. Un mélange aride à perte de vue, sous un ciel et un soleil blancs.

Aucune géométrie organisée, rien n’est identique et pourtant tout se confond. La fenêtre ne suffit pas au panorama, qui l’encercle sans discontinuer.

Il ferme les yeux. Des ambulances en panique, des cris, de la fumée, des klaxons, l’odeur des moteurs calcinés, une explosion. Il frissonne, son pouls s’accélère, il ouvre les yeux. Face à lui l’immobilité et le silence. Il respire fort pour calmer son souffle.

Il sort de sa voiture et avance au hasard. Le relief est accidenté, il se concentre pour ne pas trébucher. Il perçoit le bruit du vent, la lumière changeante sur les pierres selon l’épaisseur du voile nuageux. Il entend ses pas réguliers, il marche sans plus mesurer le temps.

Sur un terrain plus doux, il ralentit. Il lève les bras et tourne sur lui-même. Un manège hurlant rouge sang, en vitesse folle. Stop. L’horizon se stabilise, familier et étranger, des nuances de gris, jaune et vert à l’infini devant lui. Il est perdu, seul, enfin. Il va oublier.

J.B.

 

Arsène Achar

Étroite,

Bien trop petite, la pièce ne pouvait s’offrir d’autre description ; plusieurs mots n’y rentraient pas. Voilà à quoi allait ressembler ma chambre d’internat, une pièce qui enfermerait mon univers de lycéen en 5 m². J’avais la chance d’être petit, mes pieds dépassaient peu des barreaux métalliques qui constituaient les têtes de lit ; luxueuse liberté, on pouvait choisir de quel côté on dormait. Le matelas, tout de ressorts enroulés, s’affaissait sous le poids d’un invisible corps, en l’observant plus tard je me suis souvent dit qu’il avait l’air d’une nasse, pas seulement car on ne pouvait rêver de s’en échapper. Ces menus détails ajoutaient au sentiment d’insignifiance que je ressentais confiné dans cet univers carcéral dont je prenais l’unique mesure. Ça se voyait bien que les lycéens d’à côté n’étaient jamais montés jusqu’ici dans leurs grèves, sinon auraient-ils eu l’idée, enfin je le crois, d’arrêter d’appeler notre lycée démesuré, avec ces nombreuses cours surveillées, la « prison ». Ils auraient appelé ça comment sinon, l’endroit où je me trouvais? Qu’avais-je fait pour mériter cela ? Peur simplement, peur des allers-retours en bus ; j’y avais gagné un aller simple pour l’internat. On mit mon attitude figée sur le dos de la compréhension et non de son contraire ; dans un endroit comme ça, effectivement, on ne bouge pas. D’une lointaine fenêtre, peinait à pénétrer la lumière. En fait, ce n’est pas tellement qu’elle était loin, on touchait tout du poing ; mais très petite, elle offrait l’illusion de la profondeur. Le premier soir, à l’occasion de l’extinction des feux, je compris pourquoi on appelait ça le mitard. Il y faisait drôlement noir, pas d’une obscurité douillette où l’on distingue son oreiller, non ; même la nuit semblait plus étoilée. Parfois me réveillant d’un cauchemar, j’ignorais s’il était terminé, n’ayant aucun moyen de percer le mystère pour savoir si mes yeux étaient bel et bien crevés. 3 ans à l’ombre, un lycée.

A.A.

 

Claudine Van Beneden

Le Bois du Cazier

 

À chaque fois que Brigitte revenait à Marcinelle, son regard était happé par les terrils et le bois du Casier. La grille et l’ancien puits sont toujours là. À sa descente du train, dans ce brouillard épais et humide, elle devine les petites briques rouges de cette imposante construction minière, elle respire l’odeur de la poussière du charbon qui plane encore. La végétation y a repris ses droits et il y a bien maintenant une flore et une faune installée là sur cette terre de travail. Brutalement, l’image de la salle des pendus frappe son esprit et s’insinue dans les recoins de son cerveau. À chaque fois qu’elle attend son père devant la grande horloge de la gare, le regard tourné vers cette tombe qui a englouti plus de 250 mineurs, elle se dit que comme toujours pendant ce repas de fête, l’ombre de son grand-père, gueule noire, flottera autour des assiettes et du gigot flageolets.

Sa mère s’emportera encore, protestant que sa fille ne croit en rien, ni en Dieu, ni à la famille, ni aux esprits des ancêtres. Son père pestera sur le trop-plein de culture amassé dans la tête de sa fille, il dira encore qu’elle s’éloigne de ce qu’elle est, de ce qu’ils sont. Le repas sera pris sur le fil tendu de ce qui les sépare. Et autour du gâteau à la crème en fin de repas un silence lourd s’imposera, Brigitte regardera le casque et la lampe de mineur posé sur la cheminée.

C.V.B.

 

Elisabeth Saint-Michel

Un grillage interdit l’accès à un terrain non entretenu, dans lequel la nature a conservé quelques droits : des herbes hautes, des buissons épineux, des mûriers sans doute, des fleurs éparses, décolorées par le soleil. Dans un angle, cinq arbres qui semblent rassemblés là pour constituer une cache idéale.

Charline se plie en deux pour passer sous le grillage. Spectatrice de ses contorsions comme si avait été filmée, elle se voit passer sous la herse souple que Liza a soulevée. Le fil de fer épais lui râpe le dos. Une bobine de pensées désordonnées se dévide : les pays d’elfes et de sorcellerie, les guet-apens, les dérapages crapuleux. Quelle naïveté. A quoi s’attendait-elle ? Au portail du camping des dunes ?

Charline sursaute quand Liza lui tend la main pour l’aider à se redresser.

Charline embrasse les lieux.

La clôture ferait un admirable premier plan. A l’arrière, une végétation urbaine et revancharde. Des plantations dont elle exagérerait l’exubérance, et qui s’élanceraient vers le ciel.

Quand le rideau branchu s’ouvre, la caravane qui se cache entre les arbres ne porte pas de signes de décrépitude. La porte est grande ouverte, deux sièges en vis-à-vis sont installés sur une terre sèche et poussiéreuse. Une belle toile s’impose ici aussi. Cette impression de non lieu, de non vrai lieu…  Associer les losanges serrés du grillage et les branches souples des saules. La caravane au fond, sujet principal mais en retrait. Ne pas oublier les hommes sur les palettes. Des livres dans le barbecue. De certains pourraient encore se deviner la couverture.

E.S.M.

Photo: Inès Dalery

Inès Dalery

Une chambre à soi

Aérienne… oui… Louise a trouvé le mot, celui qui caractérise au plus juste ce que son corps lui dit, alors qu’elle parcourt pour la première fois l’allée pentue jusqu’à son immeuble tout en haut de la colline Saint Iréné. Léger son souffle, léger son pas, son corps a abandonné  comme une vieille guenille la carapace de la fille modèle et obéissante enfermée dans son silence. Elle est au début d’une histoire, de son histoire. A ses pieds, Lyon qui s’étale entre Rhône et Saône dans la lumière changeante de ce matin d’octobre lui fait don de la liberté. Dans sa loge, le gardien lui  rappelle le règlement, pas de garçons ici, elle s’en fout de la non mixité, elle ne veut penser qu’à elle, à sa vie en devenir.

Son domaine, au cinquième étage de l’immeuble C de la cité universitaire,  un espace minuscule mais fonctionnel, un cocon, un nid. Le luxe d’une douche – finie la toilette dans l’évier de la cuisine – une chambre pour elle seule, une cellule aux murs blancs, une table de bois blond, deux chaises, quelques étagères mais surtout face au lit bas cette baie vitrée, noyant la pièce de lumière, tableau mouvant où se déploient les variations du ciel et des nuages.

Elle installe son décor, quelques affiches de théâtre, Planchon et son TNP l’attendent à Villeurbanne –  finie la fresque du petit chaperon rouge peinte par son père à la tête de son lit – pose sur un plateau sa bouilloire électrique, quatre bols japonais et leurs cuillères assorties, songe aux invitations impromptues autour d’un thé, d’un nescafé ou d’une tisane. Elle s’étend sur le lit, ferme les yeux. Elle sourit.

I.D.

 

Isabelle Delarra

L’Eté

C’est dans la salle d’attente du quinzième étage que l’Eté lui est devenu insupportable. Il préférait déjà l’hiver, le froid, le bonnet qui serre fort, quand l’oreille n’entend pas et l’œil ne voit plus. Adrien traverse La Dalle, zone intermédiaire où des mondes se côtoient, s’effleurent, s’ignorent. Des malades en robe de chambre fument ou téléphonent, accrochés à leur perfusion. Les tiges roulent plus ou moins bien, les corps tremblent, s’efforcent, refusant de mourir au milieu des vivants. Dans son dos Adrien sent battre la ville, le bruit, l’autoroute, l’insouciance. Dans le hall où la banalité du quotidien fait encore illusion, il marche vers les ascenseurs. Bleus pour les consultations et les hospitalisations, jaunes pour les visiteurs. Au fur et à mesure des étages, la banalité s’éloigne, les conversations se rétrécissent, le langage se spécialise. En quelques secondes, se sentir transporter vers le ciel. Comme un entraînement. L’infirmier du service oncologie au quinzième étage l’accueille avec un sourire et l’accompagne jusqu’à la salle d’attente où les patients semblent prendre un bain de soleil derrière le double vitrage des fenêtres cadenassées. Ils le saluent tous à l’unisson, Adrien adopte un rictus et s’assoit à côté d’une femme brune. C’est l’Eté. Adrien découvre l’endroit où il mourra peut-être et il n’arrive pas à le trouver sympathique.

I.D.

 

Nicolas Vaissière

Il fut saisi par la pénombre et l’immensité. Partout des recoins. On se serait cru dans la caverne d’un monstre marin. Sa mère disparaissait de sa vue, et il la retrouvait dans une nouvelle pièce, portant un sourire satisfait sur l’espace ou l’aménagement. La cuisine avait des placards où on tenait debout, mais ça sentait le moisi. A l’autre bout, un cagibi tout en long ouvrait sur une terrasse de ciment. Des toits de tuiles, de guingois, superposés, bouchaient la vue. Sa mère était déjà ailleurs. Il retraversa le hall sombre, tête levée vers les pavés de verre qui trouaient le plafond et donnaient à la pièce ses lueurs d’aquarium. Les mêmes au sol ; il hésita à marcher dessus. Tout semblait si vieux. Et aucun bruit. Le monstre avait déserté.

Il avança et une vaste salle à manger apparut tandis que sa mère tirait les rideaux de hautes fenêtres. Des meubles épais, d’un bois marron foncé qui lui souleva l’estomac. Le verre des vitres était comme trouble et, à travers, les immeubles de l’autre côté du canal tremblotaient. Il détourna les yeux et buta sur un buffet, très haut, massif, orné de colonnettes boursouflées, de décors sculptés qui faisaient verrue. Comment pourrait-il ouvrir de si lourds tiroirs ?

« Henri II », dit sa mère avant de disparaître dans la pièce d’à côté. Il pensa au grand-oncle, Henri, celui qui avait vécu ici, dont on lui avait rebattu les oreilles.

On leur prêtait l’appartement. Un espace si vaste pour une mère et son fils : ils pouvaient s’estimer comblés.

N.V.

 

DP

 

Blazy Pascale

Echange standard

D’un coup le vent avait tourné, balayant par grandes bourrasques les nuages, les massant au-dessus de la maison. Le ciel anthracite vira au violet. Un éclair zébra l’horizon, suivi d’un roulement de tonnerre. Les nuages crevèrent, inondant la campagne. La foudre s’abattit sur le vieil arbre, le fracassant en deux. Blottie derrière les persiennes, elle était terrifiée. Elle qui, jadis, adorait le spectacle de l’orage… Elle pesa alors toute la valeur de son engagement, tout le poids de ce ticket de non-retour. Elle avait choisi la liberté, il fallait en payer le prix et s’accommoder de cette nature hostile, au fin fond de nulle part. Peu à peu, la pluie cessa, le soleil apparut. Ce fut pour elle comme une renaissance, jamais elle n’avait été aussi attentive à la vie. Chaque goutte d’eau, scintillant sur une feuille, lui paraissait plus précieuse qu’un diamant. Chaque grain de sable, chaque poussière était un cadeau merveilleux. Chaque bouffée d’air qu’elle respirait lui semblait à la fois la première et la dernière. Courageusement, elle se mit au travail, piochant frénétiquement les rangées de plants de fèves. Désormais, elle ne pouvait compter que sur sa récolte pour se nourrir. Quand elle fut au mitan du champ, ses gestes se firent plus précis, elle avait déjà acquis une certaine habitude. Alors, elle pensa au clone qui l’avait remplacée dans l’autre monde et elle se dit que c’était bien ainsi.

P.B.

 

Patrick Tabeling

Lisière pour un con.

Elle est assise sur ton vieux canapé et a replié les jambes. Tu lui as promis de parler de toi. Elle attend, un verre de vin à la main, et te sourit. Tu aimes son corps. Dehors, le soleil mourant a allongé les ombres et il gèle. Tu hésites et finalement, tu te lances.

– Lorsque je suis arrivé à la fac, à Paris, j’ai eu un choc. Les étudiants se mettaient en grève pour un oui, pour un non. Ils me parlaient de marxisme, de révolution. Moi, à Voiron, j’en avais jamais entendu parler. Ils étaient tellement sûrs d’eux, ils avaient réponse à tout. Ca m’impressionnait.

Elle t’observe. Tu continues à parler, ça a l’air de te faire du bien. Ton débit accélère.

– Au début, je portais les habits qu’avait achetés ma mère. Des pantalons patte d’éléphant, un imperméable, des pulls en V. J’avais les cheveux courts, un raie sur le coté droit. Les autres portaient des jeans crasseux, des blousons trop grands, les cheveux leur barraient le visage. Quand je parlais, ils se fichaient de moi, j’étais un plouc. Et puis, j’ai laissé pousser mes cheveux, j’ai mis des jeans que je lavais pas. Je répétais leur blabla. Les choses se sont améliorées. J’ai connu plein de filles. Mes vieux s’inquiétaient, mais ils envoyaient l’argent. En fait je foutais rien, j’ai pas terminé ma licence.

– Les filles, c’était que pour coucher ?  demande-t-elle

– Oui. C’était comme ça, à l’époque.

Elle pose le verre, se lève, et va vers la fenêtre. Dehors, la nuit a avalé les couleurs. Ton chauffage marche mal, elle a un peu froid. Toi, tu continues ta logorrhée. Tu lui racontes tes manifs, la communauté écolo, tes allures de junkie. Et puis tu te demandes si ce ne sont pas des années perdues, si tout ça n’est pas à l’origine de tes difficultés actuelles. Tu cherches son regard, mais elle te tourne le dos. Tu l’entends dire:  » T’es qu’un con, André. »

P.T.

 

Régine Zeidan

Soap

C’est un parfum de lessive qui l’avait accueillie, semblable… Seule son appellation changeait, savon de Marseille, là-bas, savon d’Alep en ce Moyen Orient. Reconnaître là  l’odeur du même propre la rassura. Même si, au fond, elle aborda cette rive de la Méditerranée avec appétit, celui d’une étrangère, dans la singularité des couleurs, des voix, des accents, du soleil… D’une langue, comme un cadeau, dont l’emballage sophistiqué et subtil à défaire promettait des surprises, et qu’elle avait décidé de n’apprendre qu’une fois posée sur cette terre.

Au début, Iris se mit en vacances, au bord des conversations qu’elle ne comprenait pas. Bercée par la rondeur rapide des mots, la chanson des accents, rauques au masculin, plus aigus au féminin, elle prit le repos nécessaire avant d’embrasser la langue, le pays, la terre.

Rouge la terre et sèche à force de manquer d’eau.

Les matins de lessive correspondaient à la livraison de l’eau et tant pis si le linge n’était pas tout à fait sale. Tous les tuyaux débordaient alors, les robinets coulaient à flots et Iris apprit qu’il fallait en profiter… Laver, tout, ramasser l’eau comme un enfant rattrape ses billes échappées d’un sac, remplir ce qui pouvait contenir, absolument tout  pour tenir jusqu’au prochain arrivage.

Iris intégra la rapidité du geste des femmes, la justesse d’une décision prise dans l’urgence.

Puis, comme après une bataille, le linge pris dans son odeur de propre apparaissait.

Tout près, suspendus aux balcons, les draps, les pantalons, les tricots donnaient un air de paix colorée aux murs blessés, tatoués d’impacts de balles… Plus loin, des trous, yeux immenses dans la façade d’un immeuble, parés pour quelques heures, accordaient un peu d’intimité aux familles réfugiées là.

R.Z.

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