Vos textes à partir de l’Annonce de Marie-Hélène Lafon (3/3)

Il y a 15 jours, Pauline Guillerm vous proposait d’écrire à partir du  roman de Marie-Hélène Lafon « L’Annonce » (Editions Buchet-Chastel, 2016). Parmi de nombreux textes reçus, nous en avons sélectionné 24 ! Publiés en trois fois, en voici 7. Merci à tous de votre enthousiasme ! L’Inventoire vous souhaite un bel été et vous retrouvera en septembre pour de nouvelles propositions d’écriture !   Dorothée Chaoui L’instant d’après   Jambes allongées, dos droit contre les oreillers, elle ferma les paupières. Un sourire béat se dessina sur son visage, les dernières heures avaient été intenses. Cela faisait dix minutes à peine qu’on l’avait raccompagnée dans sa chambre. Qu’on les avait raccompagnés dans leur chambre. Elle allait devoir s’habituer à ce pluriel. La lumière crue rendait le mobilier encore plus sommaire. Un lit aux draps jaune pâle brodés d’un mince fil rouge, une petite commode et un fauteuil vert d’eau à l’assise affaissée : ses compagnons de chambrée des prochains jours. Les bruits du couloir – claquements de portes, éclats de voix, sonnettes sans fin – étaient assourdis par la porte épaisse. De tout petits pleurs lui firent ouvrir les yeux. … Lire la suite

Vos textes à partir de l’Annonce de Marie-Hélène Lafon 1/3

Il y a 15 jours, Pauline Guillerm vous proposait d’écrire à partir du  roman de Marie-Hélène Lafon « L’Annonce » (Editions Buchet-Chastel, 2016). Parmi de nombreux textes reçus, nous en avons sélectionné 24 ! Publiés en trois fois, en voici 11. Merci à tous de votre enthousiasme ! L’Inventoire vous souhaite un bel été et vous retrouvera en septembre pour de nouvelles propositions d’écriture !  Alexandra Aestiot Hong kong   Arrivée à Hong Kong. Le choc n’est pas culturel, pas encore ; celui-là viendra plus tard. C’est mon corps qui ne comprend pas ; mes sens déboussolés me disent l’impossibilité, la chaleur étouffante sous les trombes d’eau. Pluie noire. Ici, c’est ainsi qu’on nomme le déluge. La ville s’arrête. Je l’apprendrai plus tard. Ça et la vitesse sidérante à laquelle l’eau noie les rues. L’eau que les égouts ne contiennent plus. Les égouts qui charrient depuis le haut des collines des branches, quasiment des troncs ; arrachées des arbres par la violence de la pluie, elles viennent éventrer la chaussée. Le flanc des collines que l’eau pourrait détacher, faire glisser, qu’on coule de béton, des chapes … Lire la suite

Vos textes à partir de « Il me faut te dire » de Arlette Farge (2)

Il y a 15 jours, Solange de Fréminville vous a proposé d’écrire à partir de l’ouvrage d’Arlette Farge, Il me faut te dire (Éditions du Sonneur, « Ce que la vie signifie pour moi », 2017). Parmi de nombreux textes reçus, nous en avons sélectionné 22 ! Publiés en deux fois, voici les 12 suivants. Merci à tous de votre enthousiasme !   Malie Daubiné Pepe, Tu vas être heureux, je pars. Voilà, ma vieille mobylette ne te fera plus sursauter, plus de musique le dimanche ni de lumière le soir. Mais que ce soit dit une fois pour toutes, le soir, Pepe, je lis. Qu’est-ce que je pourrais faire d’autre ? Y a plus que toi et moi ici et toi, tu me parles pas. Par contre, j’emmène mon vieux transistor. En toute honnêteté, tu ne peux pas l’avouer qu’il te plaisait ? Tu crois que je ne savais pas que tu te mettais dans le jardin tout contre la grille à l’heure des informations ? Même quand il gelait je t’y voyais. Ça t’aurait trop coûté de toquer à ma porte ! Et … Lire la suite

Vos textes à partir de « Il me faut te dire » de Arlette Farge (1)

Il y a 15 jours, Solange de Fréminville vous a proposé d’écrire à partir de l’ouvrage d’Arlette Farge, Il me faut te dire (Éditions du Sonneur, « Ce que la vie signifie pour moi », 2017). Parmi de nombreux textes reçus, nous en avons sélectionné 22 ! Merci à tous de votre entouhiasme !   Dorothée Chaoui ‪ À toi, I. 349, On nous avait envoyés là en plein hiver. Ils allaient construire un énième entrepôt, on devait intervenir avant, sauver ce qu’on pouvait, s’il y avait quelque chose à sauver. Autour de nous, quelques hangars, un rond-point, quelques voitures. La pelle mécanique a donné son premier coup de godet pour entamer la tranchée. D’abord on n’avait rien vu, les passes étaient monotones, les limons insignifiants. Et puis une tache sombre. Et une autre. On a alors demandé au pelleur de s’arrêter. Et avec la truelle on a terminé de nettoyer cette première tache. Consciencieusement, on t’a sorti de là, non sans t’avoir enregistré sur une fiche, photographié sous tous les angles, et soigneusement démonté. On avait sans doute à peu près … Lire la suite

Ecrire à partir de « L’Annonce » de M.H. Lafon

Cette semaine, Pauline Guillerm vous propose d’écrire à partir du  roman de Marie-Hélène Lafon « L’Annonce » (Editions Buchet-Chastel, 2016). Envoyez vos textes (un feuillet standard ou 1500 signes maxi) jusqu’au 20 juillet à atelier ouvert@inventoire.com.   Extraits « (…) Annette regardait la nuit. Elle comprenait que, avant de venir vivre à Fridières, elle ne l’avait pas connue. La nuit de Fridières ne tombait pas, elle montait à l’assaut, elle prenait les maisons, les bébés et les gens, elle suintait de partout à la fois, s’insinuait, noyait d’encre les contours des choses, des corps, avalait les arbres, les pierres, effaçait les chemins, gommait, broyait. Les phares des voitures et le reverbère de la commune la trouaient à peine, l’effleuraient seulement, en vain. Elle était grasse de présences aveugles qui se signalaient par force de craquements, crissements, feulements, la nuit avait des mains et un souffle, elle faisait battre le volet disjoint et la porte mal fermée, elle avait un regard sans fond qui vous prenait dans son étau par les fenêtres, ne vous lâchait pas, vous les humains réfugiés blottis dans les pièces … Lire la suite

Vos textes à partir de Colum McCann

Il y a 15 jours, Solange de Fréminville vous a proposé d’écrire à partir du recueil de nouvelles de Colum McCann, Treize façons de voir (Belfond, 2016). Parmi de nombreux textes reçus, nous en avons sélectionné 12 ! Merci à tous de votre belle participation !   Janie Den Boer New Year’s Eve Un soir de Nouvel An ? Ce serait à New York, New year’s eve. Jessica, vingt ans, serait française, grande et brune, cheveux raides, plutôt fauchée. Dans les bruits de klaxons, les hurlements des voitures de police, sous son bonnet trempé de neige fondue, elle rentrerait dans le Queens, à la fin du service dans un fast food miteux, elle aurait refusé l’invitation d’un collègue. Dans le métro bondé, serrée contre des filles parfumées, maquillées jusqu’aux dents, l’odeur de graillon de sa veste la gênerait plus encore. Dans sa tête, Bécaud hurlerait “La solitude, ça n’existe pas!”. Sa mère adorait. C’est vrai, on n’est pas seul, on est juste avec soi-même, mais un soir de Nouvel An… Cette soirée, elle l’aurait rêvée en fourreau noir, coiffure lisse, … Lire la suite

Ecrire à partir de « Il me faut te dire » d’Arlette Farge

Cette semaine, Solange de Fréminville vous propose d’écrire à partir de l’ouvrage d’Arlette Farge, Il me faut te dire (Éditions du Sonneur, « Ce que la vie signifie pour moi », 2017). Envoyez-nous vos textes (un feuillet standard ou 1500 signes maxi) jusqu’au 6 juillet à l’adresse : atelierouvert@inventoire.com.   Extrait « Un de mes plaisirs est de reconnaître à son écriture une personne aimée, ses pleins et déliés, ses courbes, ses ratés, les majuscules oubliées, le dessin des mots, le paysage d’un moment passé à tenir une plume pour dire quelque chose à quelqu’un. L’enveloppe est une promesse ; dans cet étui, il, ou elle, est là (…) Ne plus localiser l’autre, ne plus pouvoir rêver de tel ou tel quartier de Paris, des rives de la Garonne si elle habite Bordeaux, de la place Stanislas s’il demeure à Nancy. C’est un lien de moins, une sorte d’anonymat, de frustration (…) Réfléchissant à ce manque qu’est pour moi la non-réception de missives écrites à la main, je me suis aperçue que l’immersion dans la houle des archives manuscrites du XVIIIe siècle avait façonné ma … Lire la suite

Vos textes à partir de Jaume Cabré !

Il y a 15 jours, Alain André vous a proposé d’écrire à partir du roman du recueil de nouvelles du Catalan Jaume Cabré « Voyage d’Hiver » (Actes-Sud, 2017). Parmi de nombreux textes reçus, nous en avons sélectionné 13 ! Merci à tous de votre belle participation !   Marion Gourdin Polyamoureux Je regarde Samuel me concocter l’un de ces jus détox dont il a le secret. La bouche en cœur il sifflote, léger, cet air que j’aime tant. Je retiens cet élan, cette envie violente de l’étreindre alors qu’il s’applique, le geste sûr. Ne pas l’effrayer, ne rien gâcher. Ne pas trop me dévoiler. Me préserver. Moi si entière, parfois si fière. D’habitude possessive. Avec lui, je ne sais plus rien, révise mes principes. « Lea, profite ! ». J’aimerais m’extirper de mes draps mais ma tête pèse dix tonnes ce matin, comme si je n’avais pas dormi de la nuit ; j’ai rêvé d’elle pourtant. Est ce qu’elle m’aime ? M’aime-t-elle autant que Samuel ? Et moi, est-ce que je l’aime ? Elle me rend dingue. Peut-on tomber amoureux d’une voix, d’un rire ? D’une … Lire la suite

Ecrire à partir de « Treize façons de voir » de Colum McCann

Cette semaine, Solange de Fréminville vous propose d’écrire à partir du recueil de nouvelles de Colum McCann, Treize façons de voir (Belfond, 2016). Envoyez-nous vos textes (un feuillet standard ou 1500 signes maxi) jusqu’au 22 juin à l’adresse suivante : atelierouvert@inventoire.com.

Extrait

« Il situerait son récit dans l’armée. Peut-être le portrait d’un soldat au loin, un jeune Américain dans un pays étranger, qui pourrait se trouver ce soir-là dans une caserne en Afghanistan. Le thème tout simple d’un marine. Ou plutôt d’une marine : pensons à une jeune femme, presque déjà épuisée par la guerre ». Lire la suite

Ecrire avec Jaume Cabré jusqu’au 7 juin!

Proposition d’écriture à partir de Jaume Cabré
Je voudrais vous proposer d’écrire en une page une nouvelle reposant sur le point de vue de trois personnages. Vous écrirez trois monologues (à la première ou à la troisième personne, à votre convenance) reliés par un enjeu qui ne se dévoilera qu’à la fin du troisième (ce sera la chute). Tout se déroulera en deux minutes et dans un lieu unique ou à peu près (rue, appartement, parc, hôtel, quai, à votre guise), si possible à proximité du lieu où vous vous trouvez maintenant, alors que vous vous disposez à écrire. Vous disposez ainsi, en outre, d’une météo et de nouvelles du jour – de ce jour-ci, ne ressemblant à aucun autre.

Réfléchissez d’abord, ou prenez quelques notes. Qui est le premier personnage ? Comment le caractériser et le rendre reconnaissable en un trait ou deux ? Quel voix lui donner ? Quel est l’enjeu – ou l’énigme – qui le relie à deux autres personnages, et lesquels ? Dans quel ordre enchaîner les trois courts monologues (500 signes, soit un paragraphe), et pour quel effet final ?

Si vous avez du mal, écrivez seulement le premier monologue et demandez à deux personnes de votre connaissance d’imaginer le deuxième et le dernier. C’est un jeu, il peut devenir passionnant. Puis réécrivez tout, à votre manière. Et en tout cas : envoyez-nous le résultat. Lire la suite