Ecrire à partir de « La Plage » de Marie Nimier

Cette semaine, Juliette Rigondet vous propose d’écrire à partir de La Plage, de Marie Nimier (Gallimard, 2016). Envoyez-nous vos textes (un feuillet standard ou 1500 signes maximum) jusqu’au 1er mars à l’adresse: atelierouvert@inventoire.com EXTRAIT « À la sortie des gorges s’ouvre une première plage. Une plage sans urbanité, une mer sans planche à voiles ni bateau de pêche, une mer pour elle-même, la mer, pourrait-on avancer, comme on dit l’espérance ou la vérité, limpide, dépouillée de tout rituel utilitaire, de toute résonance touristique. Ni cabine ni parasol, pas de flotteur non plus, pas de cri aigu ni de Excusez-moi pour le ballon. Rien à acheter, rien à vendre (…). Ici, pas d’odeur d’ambre solaire, de folklore à respecter, de foule à subir. La plage comme on la rêve, au début de l’été – voilà qui devrait l’aider à reprendre pied (…) Laissant la dune derrière elle, l’inconnue aborde la dernière crique et reconnaît les pierres laiteuses scellées de mousse rose qu’elle avait photographiées lors de son précédent voyage. Elle est sûre maintenant d’être tout près du but. Bientôt, elle s’allongera dans … Lire la suite

Vos textes, à partir de « 14 juillet » d’Eric Vuillard

Sylvie Néron-Bancel vous a proposé lors de la dernière quinzaine d’écrire à partir du récit d’Eric Vuillard, 14 juillet (Editions Acte Sud, 2016). Voici les 5 textes que nous avons sélectionnés parmi vos nombreux envois ! Encore merci de participer si nombreux à notre atelier ouvert sur internet !   Carine Rico   Au balcon Il faut imaginer un bruit. D’abord ténu, modeste, qui me mordille l’oreille puis qui grandit. Bientôt, il bourdonne, vibrionne, m’attire au balcon. J’ai posé sans regret mon roman sur l’accoudoir râpé du fauteuil. Des voix indistinctes, un long débit humain roule en bas, dans ma rue. Pourquoi défilent-ils aujourd’hui ? C’est courant ces temps-ci, une fois par semaine au moins, si c’est pas deux. Ça fait une attraction. Au bout, il y a la préfecture. Il en entend en ce moment le préfet ! Des hommes, des femmes, avancent, chantent, scandent des slogans dont je n’arrive pas à comprendre le sens. Il faut imaginer une crue soudaine, le lit de la rue déborde, le désert s’emplit de voix, l’humanité oublie de rouler ses mécaniques. Je plisse un peu … Lire la suite

Ecrire à partir de « Anatomie d’un soldat » de Harry Parker

Chaque objet a sa propre vie (fabrication, fonction, rôle à tel moment de l’action). Il donne à voir les faits et gestes auxquels il est associé, à la première personne, sans le moindre pathos, en désignant le capitaine Barnes à la seconde ou à la troisième personne.

Et si vous choisissiez vous-même une situation difficile à raconter « normalement » ? Il peut s’agir d’un événement historique — comme la prise de la Bastille évoquée par Éric Vuillard dans Quatorze juillet (Actes-Sud, 2016) ; d’un fait divers — comme celui qu’évoque Ivan Jablonka dans Laëtitia (Seuil, 2016) ; ou d’un événement vécu, et pas forcément aussi dramatique que celui qu’évoque Harry Parker — ou même d’une situation comique, ou totalement fictive ?

Une fois la situation arrêtée, faites une liste d’objets étroitement liés à l’événement ou à ses conséquences. Puis choisissez-en un et un seul. Et écrivez une brève scène du point de vue de l’objet. Respectez les trois règles que suggère Harry Parker lui-même : l’objet s’exprime à la première personne ; il s’adresse au personnage dont il dépend, si nécessaire, à la seconde ou à la troisième personne ; il ne connaît les pensées du personnage que lorsqu’il se trouve à son contact direct. Lire la suite

Vos textes à partir de  » À ce stade de la nuit » de Maylis de Kerangal

En décembre, Solange de Fréminville vous proposait d’écrire à partir du texte de Maylis de Kerangal, À ce stade de la nuit, Verticales, 2015). Voici les 13 textes que nous avons sélectionnés, merci à tous pour votre belle participation! Claire Le Goff   Toulon Toulon c’est long sur la carte depuis le haut jusqu’en bas, long depuis son départ, vingt-trois ans et des mois depuis qu’il a quitté le nord, s’en est allé, une ville du sud et c’est tout. Je ne connais Toulon que de nom mais je connais Toulon, car il est contenu tout entier dans le nom de Toulon, dont il ne bouge plus, dont il n’est jamais revenu – un caveau, Toulon, puisqu’il n’en est jamais revenu, jamais remonté au nord, fini le nord, que j’ai perdu, moi, depuis qu’il a fui vers le bas, deux décennies déjà, même plus déjà, deux longues jambes pour fuir, deux longs bras pour marquer la distance. J’y suis passée un jour, un port, une gare, ne me suis pas aventurée, et j’ai frôlé les murs à mesure qu’ils s’érigeaient … Lire la suite

Ecrire à partir de Eric Vuillard « 14 juillet »

Cette semaine, Sylvie Néron-Bancel vous propose d’écrire à partir du récit d’Eric Vuillard, 14 juillet (Editions Acte Sud, 2016). Envoyez-nous vos textes (un feuillet standard ou 1500 signes maxi) jusqu’au 1er février à l’adresse suivante : atelierouvert@inventoire.com Extrait « Qu’est-ce que c’est une foule ? Personne ne veut le dire. Une mauvaise liste, dressée plus tard, permet déjà d’affirmer ceci. Ce jour-là, à la Bastille, il y a Adam, né en Côte-d’Or, il y a Aumassip, marchand de bestiaux, né à Saint-Front de Perigueux, il y a Béchamp, cordonnier, Bersin, ouvrier du tabac, Bertheliez, journalier, venu du Jura, Bezou dont on ne sait rien, Bizot charpentier, Mammès Blanchot, dont on ne sait rien non plus, à part ce joli nom qu’il a et qui semble un mélange d’Egypte et de purin. On dit qu’il y eut, ce jour, près de deux cent mille personnes autour du monstre — ce qui représente la moitié de la ville, une fois retranchés les nouveaux-nés, les vieillards et les malades ; cela veut dire que tout le monde y est. Ce doit être une foule prodigieuse, une sorte de … Lire la suite

Venez découvrir L’Atelier Ouvert à Paris ce samedi 14 janvier!

Le samedi 14 janvier, dans le cadre de la Nuit de la lecture, Aleph-Écriture en partenariat avec la librairie le Rideau Rouge (Paris 18ème) vous invite à lire et à écrire ! De 18 h à 19 h 30 : Aleph-Écriture et le Rideau Rouge vous invitent à un « ATELIER OUVERT » : Solange de Fréminville, l’animatrice de l’atelier, vous proposera plusieurs textes d’écrivains autour du thème de la ville. À partir de ces textes, une proposition d’écriture sera faite. Vous écrirez sur place, lirez votre texte et échangerez sur ce qui a été produit autour de la thématique. L’inscription est souhaitée, et une participation de 15€ par séance est demandée (contact, information et inscription : info@aleph-ecriture.fr / 01 46 34 24 27) De 20 h à 21 h 30 : La soirée se prolongera avec des lectures et / ou mise en conte des textes produits et de contes et extraits sur le thème de la cité (Calvino, Pennac, Gougaud, Perec, Simonin…) avec les lecteurs et conteurs de l’opération Lire et Conter. Accédez à la programmation officielle ici : Atelier d’écriture en librairie Librairie Le Rideau … Lire la suite

Ecrire à partir de « À ce stade de la nuit » de Maylis de Kerangal

Dans un premier temps, vous allez laisser surgir des noms propres : de lieux, de personnages célèbres, d’événements connus, de titres d’ouvrages ou de films. Vous en faites une liste.

Puis vous en choisissez un. Celui qui chemine le plus dans votre imagination, celui qui commence déjà à creuser un chemin par échos, par associations, par un réseau de mots, d’images ou de souvenirs. Vous vous emparez de ce nom par l’écriture, et le laissez se déployer sur les voies qu’il voudra prendre…

Écrivez à partir de ces associations, de ces bifurcations, de ces vagues… Je vous suggère de commencer votre texte par le mot qui a surgi, pour mieux le laisser envahir votre écriture. Lire la suite

Vos textes à partir de: Guinevere Glasfurd « Les mots entre mes mains »

En décembre, Alain André vous proposait d’écrire à partir du premier roman de l’Anglaise Guinevere Glasfurd, Les mots entre mes mains (2014 et Préludes, 2016). Voici les 4 textes que nous avons sélectionnés, plein de la fantaisie induite par les mots et les jeux de mains.

Nicolas Vaissière

Il s’est approché de moi. Je vois son reflet dans l’aquarium. Un homme en costume, l’air sérieux. Un peu perdu. C’est marrant, son image se mélange aux poissons, qui passent à travers comme si de rien n’était. C’est comme s’il était plongé dans l’eau, son costume trempé. Lire la suite

Vos textes à partir de Velibor Čolić « Manuel d’exil »

Comment réparer un cœur brisé

Commencez par vérifier qu’il n’a pas de défaut de fabrication. En cas de fragilité manifeste du mécanisme, tournez-vous vers vos géniteurs et intentez un procès en malfaçon. Aucune chance de regagner vos pertes, mais ça vous soulagera.

Réamorcez la pompe en l’exposant à quelque objet de son affection : nièce ou neveu, chien ou chaton, démarrez par des sollicitations modestes pour éviter une rechute rapide, voire un enrayage définitif. Montez en puissance et constatez les éventuels dégâts. Recommencez jusqu’à plein régime. Faites ça dans un cadre familier pour disposer du matériel de première urgence au cas où ça tourne mal (épaule amie, comédie anglaise, alcool fort). Ne vous fiez pas aux conseils de proches prétendument experts en mécanique cardiaque : chaque engin dispose de son mode propre. Lire la suite

Ecrire à partir de « Les mots entre mes mains » de Guinevere Glasfurd

Cette semaine, Alain André vous propose d’écrire à partir du premier roman de l’Anglaise Guinevere Glasfurd, Les mots entre mes mains (2014 et Préludes, 2016). Envoyez-nous vos textes (un feuillet standard ou 1500 signes maxi) jusqu’au 30 décembre à l’adresse : atelierouvert@inventoire.com   Extrait « Je vois peu le Monsieur. Pourtant, il est partout où mon regard se pose — comme s’il se tenait quelques pas devant moi, qu’il venait juste de quitter mon champ de vision. En moins d’une semaine, nous sommes à court de chandelles et de sel. Il manque des verres dans le placard, que je retrouve sur le rebord de la fenêtre de sa chambre, remplis d’une eau grise. Il a pris un vieux plat d’étain dans la cuisine et l’a couvert de bouts de chandelles. Sur une assiette, il a fait couler des flaques de cire, avec la marque de son pouce sur chacune. Je me garde bien de toucher à tout cela. Il n’ouvre pas sa porte avant midi, puis s’absente et envoie Limousin en courses dans la direction opposée. M. Sergeant, qui se réjouissait à … Lire la suite