Ecrire à partir de « Il me faut te dire » d’Arlette Farge

Cette semaine, Solange de Fréminville vous propose d’écrire à partir de l’ouvrage d’Arlette Farge, Il me faut te dire (Éditions du Sonneur, « Ce que la vie signifie pour moi », 2017). Envoyez-nous vos textes (un feuillet standard ou 1500 signes maxi) jusqu’au 6 juillet à l’adresse : atelierouvert@inventoire.com.   Extrait « Un de mes plaisirs est de reconnaître à son écriture une personne aimée, ses pleins et déliés, ses courbes, ses ratés, les majuscules oubliées, le dessin des mots, le paysage d’un moment passé à tenir une plume pour dire quelque chose à quelqu’un. L’enveloppe est une promesse ; dans cet étui, il, ou elle, est là (…) Ne plus localiser l’autre, ne plus pouvoir rêver de tel ou tel quartier de Paris, des rives de la Garonne si elle habite Bordeaux, de la place Stanislas s’il demeure à Nancy. C’est un lien de moins, une sorte d’anonymat, de frustration (…) Réfléchissant à ce manque qu’est pour moi la non-réception de missives écrites à la main, je me suis aperçue que l’immersion dans la houle des archives manuscrites du XVIIIe siècle avait façonné ma … Lire la suite

Vos textes à partir de Jaume Cabré !

Il y a 15 jours, Alain André vous a proposé d’écrire à partir du roman du recueil de nouvelles du Catalan Jaume Cabré « Voyage d’Hiver » (Actes-Sud, 2017). Parmi de nombreux textes reçus, nous en avons sélectionné 13 ! Merci à tous de votre belle participation !   Marion Gourdin Polyamoureux Je regarde Samuel me concocter l’un de ces jus détox dont il a le secret. La bouche en cœur il sifflote, léger, cet air que j’aime tant. Je retiens cet élan, cette envie violente de l’étreindre alors qu’il s’applique, le geste sûr. Ne pas l’effrayer, ne rien gâcher. Ne pas trop me dévoiler. Me préserver. Moi si entière, parfois si fière. D’habitude possessive. Avec lui, je ne sais plus rien, révise mes principes. « Lea, profite ! ». J’aimerais m’extirper de mes draps mais ma tête pèse dix tonnes ce matin, comme si je n’avais pas dormi de la nuit ; j’ai rêvé d’elle pourtant. Est ce qu’elle m’aime ? M’aime-t-elle autant que Samuel ? Et moi, est-ce que je l’aime ? Elle me rend dingue. Peut-on tomber amoureux d’une voix, d’un rire ? D’une … Lire la suite

Ecrire à partir de « Treize façons de voir » de Colum McCann

Cette semaine, Solange de Fréminville vous propose d’écrire à partir du recueil de nouvelles de Colum McCann, Treize façons de voir (Belfond, 2016). Envoyez-nous vos textes (un feuillet standard ou 1500 signes maxi) jusqu’au 22 juin à l’adresse suivante : atelierouvert@inventoire.com.

Extrait

« Il situerait son récit dans l’armée. Peut-être le portrait d’un soldat au loin, un jeune Américain dans un pays étranger, qui pourrait se trouver ce soir-là dans une caserne en Afghanistan. Le thème tout simple d’un marine. Ou plutôt d’une marine : pensons à une jeune femme, presque déjà épuisée par la guerre ». Lire la suite

Ecrire avec Jaume Cabré jusqu’au 7 juin!

Proposition d’écriture à partir de Jaume Cabré
Je voudrais vous proposer d’écrire en une page une nouvelle reposant sur le point de vue de trois personnages. Vous écrirez trois monologues (à la première ou à la troisième personne, à votre convenance) reliés par un enjeu qui ne se dévoilera qu’à la fin du troisième (ce sera la chute). Tout se déroulera en deux minutes et dans un lieu unique ou à peu près (rue, appartement, parc, hôtel, quai, à votre guise), si possible à proximité du lieu où vous vous trouvez maintenant, alors que vous vous disposez à écrire. Vous disposez ainsi, en outre, d’une météo et de nouvelles du jour – de ce jour-ci, ne ressemblant à aucun autre.

Réfléchissez d’abord, ou prenez quelques notes. Qui est le premier personnage ? Comment le caractériser et le rendre reconnaissable en un trait ou deux ? Quel voix lui donner ? Quel est l’enjeu – ou l’énigme – qui le relie à deux autres personnages, et lesquels ? Dans quel ordre enchaîner les trois courts monologues (500 signes, soit un paragraphe), et pour quel effet final ?

Si vous avez du mal, écrivez seulement le premier monologue et demandez à deux personnes de votre connaissance d’imaginer le deuxième et le dernier. C’est un jeu, il peut devenir passionnant. Puis réécrivez tout, à votre manière. Et en tout cas : envoyez-nous le résultat. Lire la suite

Vos textes à partir de L’Ajar: Ecrire à trois !

Écrire à trois ! (à partir de l’ouvrage collaboratif du groupe L’AJAR, Vivre près des tilleuls (Flammarion, 2016). À lire vos réactions, la dernière consigne en a surpris certains, amusé d’autres. Il s’agissait d’aboutir à un seul texte à partir de trois rédacteurs, une vraie gageure pour un texte court ! Vous y êtes parvenus pour la plupart. Voici le fruit de ces échanges. Première partie.  Voici nos textes collectifs – Pascale Blazy, Véronique Hallo et Claudine Van Beneden – à partir de votre dernière proposition d’écriture, écrire à 3. Nous avons beaucoup apprécié cet exercice, nouveau pour chacune d’entre nous. Merci,  Véronique Hallo Texte de Claudine Van Beneden (Véronique Hallo, Pascale Blazy) Ce soir, j’ai pu voir mille étoiles dans les yeux de la petite. Ses rires en grelots résonnent encore. Je ne suis pas sa mère, je ne suis même pas de sa famille. Je suis seulement la voisine à qui on demande parfois de la garder dans les moments tourmentés. Tous les ans, à la même époque, juste avant Noël, je lui offre une soirée au spectacle d’Holliday on … Lire la suite

Vos textes à partir de l’Ajar – Ecrire à trois, la suite !

À lire vos réactions, la dernière consigne en a surpris certains, amusé d’autres. Il s’agissait d’aboutir à un seul texte à partir de trois rédacteurs, une vraie gageure pour un texte court ! Vous y êtes parvenus pour la plupart. Voici le fruit de ces échanges. Deuxième partie… Delphine Duhoux   Bas les masques – « A mon âge, on tue le temps avant de mourir ». Bien que je la sorte régulièrement avec aplomb, cette formule n’est pas de moi. Mais comme personne dans ce mouroir ne semble décidé à être cultivé, je passe pour un type brillant. Ce midi, alors que je venais de lâcher ma citation à Jeanne, j’ai tout de suite compris que je ne m’en sortirais pas avec les bravos cette fois-ci. Son regard contenait autre chose que l’admiration pour le poète que je suis censé être. J’y ai vu une sorte d’ « irrévérence goguenarde », si je devais la nommer. Ça m’est tombé dessus avec une violence fulgurante, sans préavis. Avec ses yeux bleu lavande délavés, Jeanne a l’air si douce que je n’aurais jamais cru qu’elle serait … Lire la suite

Ecrire à trois: à partir du livre de L’AJAR « Vivre près des tilleuls »

Cette semaine, Arlette Mondon-Neycensas vous propose d’écrire à partir de l’ouvrage collaboratif du groupe L’AJAR, Vivre près des tilleuls (Flammarion, 2016). Envoyez-nous vos textes (un feuillet standard ou 1500 signes maxi) jusqu’au 23 mai à l’adresse : atelierouvert@inventoire.com Extrait Cela faisait près de dix ans. Près de dix ans que les dates de mes menstruations s’étalaient sur un tableau, dans la chambre à coucher. Dix ans que nous attendions avec anxiété les avis éclairés de tel médecin, de tel grand spécialiste à qui nous avions donné le pouvoir de décider si oui ou non notre enfant aurait le droit d’exister. Dix ans que nous appliquions régulièrement une nouvelle prescription de grand-mère à laquelle nous-mêmes ne croyions pas. Le sujet n’était plus évoqué frontalement depuis de long mois. Jacques avait compris que le ramener dans la conversation entraînait immanquablement un orage. Plus les échecs se multipliaient, plus nous nous éloignions. J’ai abandonné, lâché prise, j’ai commencé à faire le deuil de cet enfant qui ne naîtrait pas. Le médecin m’a dit plus tard que le renoncement avait certainement facilité le miracle. Mes … Lire la suite

Vos textes à partir de Martin Suter « Le temps, le temps »

Il y a 15 jours, Alain André vous a proposé d’écrire à partir du roman de Martin Suter « Le temps, le temps » (2012 et Christian Bourgois, 2013). Nous avons sélectionné 5 textes parmi tous ceux que vous avez bien voulu nous envoyer ! Merci à tous de votre belle participation !   Julie BRIAND Le réveil sonne à 6h15. Elle se lève, se douche, s’habille, se coiffe, se parfume, prend un café, claque la porte en partant. Une machine parfaitement huilée et minutée. Elle prend le train de 6h54, premier wagon, s’assoit à côté de la fenêtre, à droite, sa place préférée. Elle reconnait quelques fidèles à ce wagon, à cette heure précise, à cette direction précise, vers Montrouge. Silence parfait, toutes têtes baissées, recueillies vers un téléphone, un journal, un livre. Elle sort son miroir de poche pour, comme chaque matin, se maquiller légèrement. C’est alors qu’elle voit, ou plutôt qu’elle ne voit pas. L’image n’est pas celle qu’elle attend. Un changement s’est opéré. Pourtant tout est en place : son nez droit, sa bouche trop fine et pâle, … Lire la suite

Vos textes à partir d’Isabelle Monnin: « Les gens dans l’enveloppe » 2ème partie

Il y a 15 jours, Alain André vous a proposé d’écrire à partir du roman d’Isabelle Monnin, Les gens dans l’enveloppe (Jean-Claude Lattès, 2015), un roman écrit à partir de photos trouvées par l’auteur. Nous avons sélectionné 10 textes, dont voici la seconde partie ! Merci à tous de votre participation ! Véronique Hallo Voyager en sacoche Mais quand est-ce que Papa revient ? Tata Lucienne est très jolie mais elle n’est pas gentille avec nous. Elle n’arrête pas de répéter : « Geneviève, Papa compte sur toi pour montrer l’exemple à Catherine. Sois un peu plus obéissante. » Mais elle veut toujours qu’on arrête de rire, qu’on ne parle pas à table. Mais c’est le seul moment où on la voit. Et sinon on reste avec Pépère mais je ne comprends pas ce qu’il raconte. Elle, Tata, elle part toujours avec son vélo. J’aimerais aller avec elle. Parfois je mange moins le soir et je me dis que le lendemain j’arriverai à rentrer dans une des sacoches de son vélo. Elle ne s’en rendrait pas compte. Ou alors plus tard. Ses … Lire la suite

Vos textes à partir de de Isabelle Monnin: « Les gens dans l’enveloppe » 1ère partie

Il y a 15 jours, Alain André vous a proposé d’écrire à partir du roman d’Isabelle Monnin, Les gens dans l’enveloppe (Jean-Claude Lattès, 2015), un roman écrit à partir de photos trouvées par l’auteur. Nous avons sélectionné 10 textes, dont voici les 5 premiers  ! Merci à tous de votre participation !   Marion Gourdin Papé Benoit m’énerve, mais aussi il me fait rire avec sa tête trop grosse de petit frère trop petit. Je me moque de lui parce qu’il ressemble à une fille. Quand je lui dis, il se met à chouiner. J’aime pas quand il pleurniche, parce que c’est sur moi que ça retombe, même quand j’ai rien fait. C’est pas juste. Bon il faut dire que j’aime bien l’embêter, je peux pas m’empêcher de le provoquer. Ce qu’il déteste surtout, c’est quand je fais le rouleau avec la langue : il se fâche tout rouge, moi je ravale ma langue mais mes yeux me trahissent ; je suis une chipie. C’est Papé qui le dit. Papé c’est le faux papa de maman. C’est lui qui nous garde quand … Lire la suite