« Lire pour écrire » : carnet de lecture avec Camille Berta

L’écriture se nourrit sans cesse de la lecture. Pour Laura Vasquez, la prise de notes lors de ses lectures est l’indispensable outil pour faire advenir le livre à venir. Pour la plupart des écrivains, ce sont les livres des autres, qui leur donne l’impulsion nécessaire à l’écriture des leurs. Afin de faire résonner pratiques de lecture et écriture, Camille Berta propose un atelier Carnet de lecture à Paris et en distanciel au printemps 2026. Nous l’avons rencontrée.

L’Inventoire : D’où vous est venue l’idée de cet atelier ?

Camille Berta : Je pense que la pratique de la lecture et de l’écriture sont intimement liées. Les textes qu’on écrit sont nourris par ceux qu’on a lus. Et à son tour l’écriture nous incite à ouvrir de nouveaux livres. C’est un dialogue continu entre lecture et écriture. D’ailleurs, chez Aleph, nos propositions d’écriture s’appuient toujours sur des textes littéraires. Il ne s’agit pas d’écrire « à la manière de », mais de faire entendre des voix singulières pour susciter l’écriture et faire émerger d’autres voix. Par la lecture, on entre en écriture.

Vous parlez de la voix. Si on entend les textes en atelier, quand on lit un livre, c’est silencieusement…

Il y a néanmoins une petite voix qui raconte dans notre tête. Et puis, l’oralité fait partie des pratiques de lecture. Avant de lire avec mes yeux, j’ai écouté avec mes oreilles. Mes premières expériences de lecture sont passées par le truchement d’autres lectrices. Ma mère était libraire et ma sœur ainée me racontait les romans qu’elle lisait. Elles m’ont permis de plonger dans des récits par la voix. D’ailleurs, une de mes tantes racontait des histoires mieux que personne (elle transformait en fiction la vie de ses proches). Et puis, je tremblais dès l’instant où l’on engouffrait le 45 tours de Barbe Bleue dans un mange-disque ! Après ces initiations, j’ai commencé à lire des romans et je ne me suis jamais arrêtée.

Quelle place occupe la lecture dans votre vie ?

Une place essentielle. Car comme le dit Salman Rushdie, je pense que les histoires qu’on nous a racontées, quand nous étions enfant, nous ont façonné. Celles que l’on continue à lire apportent des réponses et surtout suscitent de nouvelles questions… Elles nous permettent d’appréhender le monde qui nous entoure dans sa grande complexité. Découvrir la trajectoire et le caractère de personnages et entrer dans des univers nous aide à vivre. C’est pourquoi j’aimerais, au cours de cet atelier, inviter les participants à célébrer les auteurs et les livres qui ont marqué leur vie et écrire sur ce compagnonnage.

DP

Carnet de lecture avec Camille Berta : Les 10 et 11 avril 2026 à Paris

*Et vous, entendez-vous une petite voix quand vous lisez ? – Sans oser le demander avec Peter Szendy, professeur en littérature comparée et en humanité à l’Université de Brown aux Etats-Unis, conseiller auprès de la Philharmonie de Paris – France Culture – Août 2023