Renée Combal-Weiss : « Portraits de famille »

Dans le cadre d’un partenariat avec trois magazines : La Croix, Notre Temps et Le Pèlerin, Aleph-Écriture propose un cycle autour de l’autobiographie « J’écris les histoires de ma vie », s’inscrivant dans plusieurs villes de France. Ghislaine Burban-Giraud animera les 7 et 8 mars 2022 à distance ce stage « Portraits de famille », Renée Combal-Weiss a répondu à nos questions.

L’Inventoire : Vous avez animé un stage faisant partie du nouveau cycle « J’écris les histoires de ma vie« . Il y est question aussi d’écrire sur la famille. C’est quoi pour vous un « portrait de famille » ?

Renée Combal-Weiss : « Portraits de famille », ça ouvre de multiples options. Une succession de portraits individuels des membres d’une même famille, dans une ou plusieurs générations. Ou une « conversation piece », ce tableau de la peinture anglaise du 18ème siècle qui figure la réunion des membres d’une famille en train de poursuivre une conversation, avec ce qui transparait des rapports entre les différents protagonistes. Ou encore le portrait d’une personne emblématique de la singularité d’une famille …

Une « conversation piece », ce tableau de la peinture anglaise du 18ème siècle qui figure la réunion des membres d’une famille en train de poursuivre une conversation, avec ce qui transparait des rapports entre les différents protagonistes

Si vous deviez faire un portrait de votre famille, feriez-vous un portrait choral, ou partiriez-vous d’un individu ?

Je partirais des ressentis qui m’ont amenée à m’engager dans cette aventure. La forme du portrait s’ébaucherait au cours de l’écriture.

Un portrait de famille est-il comme un roman des origines, il dessine des branches qui peuvent nous permettre d’aller où bon nous semble dans l’écriture ensuite ?

L’écriture est le lieu de l’absolue liberté d’expression. Le genre de l’autofiction en témoigne. La publication de l’écrit, en revanche, n’impose-t-elle pas le respect de la vie privée des personnes convoquées par l’écriture lorsqu’elles sont vivantes ? Rappelez-vous la mésaventure d’Emmanuel Carrère avec son ex-femme à la publication de Yoga. Inversement, si Camille Kouchner (et bien d’autres femmes) avaient respecté cette obligation, un levier puissant manquerait dans le combat contre le tabou de l’inceste, sujet familial s’il en est.

Quant aux origines, elles sont un fondement de la transmission. Autant et sans doute plus qu’avec les liens du sang, la famille est aux prises avec ceux de la transmission, et son impact sur l’identité.

En quoi un portrait de famille est-il en fait un autoportrait ?

Tout ce qu’un écrivain produit comporte une part d’autoportrait ! La même famille ne sera pas restituée de la même façon par chacun de ses protagonistes, ni même par un auteur extérieur. Il y aura dans la composition même du portrait, dans la hiérarchie des enjeux et du système narratif une singularité qui reflétera la façon dont l’auteur est lui-même pris dans ce roman familial, qu’il en soit membre ou pas.

Quel écrivain a pour vous bien traité de la famille ?

Roger Martin du Gard (Les Thibault) ou Thomas Mann (Les Buddenbrook).

Dans l’approche contemporaine, Alex Marzano-Lesnevitch a accompli une exceptionnelle performance avec « l’Empreinte ».

 

Photo de couverture: Look Mother, 1958 © The Anonymous Project / Courtesy Polka Gallery

Ghislaine Burban Giraud animera cette formation les 7 et 8 mars. Retrouvez toutes les informations ici.

Elle anime des formations à l’écriture des histoires de vie. Sa passion : susciter la créativité et la confiance dans le geste d’écriture. 
Intervenante chez Aleph-Écriture depuis 2008, elle est titulaire d’un DUT de Carrières de l’information – communication de l’université Bordeaux III, d’un DUFA, d’une Maîtrise en Sciences de l’Éducation, d’un DEA de Lettres modernes de l’université Paris VIII, d’un Master 2 en Sciences du langage – linguistique de l’université Paris X.

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