La fabrique d’écriture de Violaine Bérot : mercredi 9 décembre (à distance)

Notre prochaine rencontre dans le cadre de La fabrique d’écriture, initiée et animée par Isabelle Rossignol aura lieu le mercredi 9 décembre, de 19 heures à 20 heures 30, avec l’écrivaine Violaine Bérot.

Violaine Bérot a été ingénieure en informatique avant de devenir éleveuse de chèvres dans les Pyrénées. Chaque biographie le mentionne comme si cet écart avait une importance pour la suite, c’est-à-dire le fait qu’elle soit devenue écrivaine… Mais cela a-t-il réellement une importance ? Un parcours, disons, inhabituel mène-t-il à l’écriture plus qu’un autre ? Violaine Bérot pourra peut-être nous éclairer à ce sujet.

Une chose est sûre : elle trace de livre en livre un sillon émouvant, singulier et incontournable. Son premier roman, Jehanne, l’a fait connaître du public adulte et jeunesse à la fois car elle a su écrire sur Jeanne d’Arc en se mettant dans la peau de l’héroïne à l’âge où celle-ci est morte. Puis ses sujets sont devenus plus actuels. On les dit graves, parfois noirs mais c’est qu’ils sont à la hauteur de la vie. Dans Leo et Lola, elle traque ainsi l’inceste. Dans Tombée des nues, elle aborde le déni de maternité. Dans Du côté des vivants, son avant-dernier roman, elle traite cette fois de l’euthanasie. Évidemment, elle le fait toujours comme un écrivain le fait : avec la distance voulue, avec des choix de forme tous différents et avec une écriture qui sait allier simplicité et grâce.

Avec Violaine Bérot, aucun mot ne dépasse. Elle va au cœur de l’humain et des voix humaines, n’hésitant pas à faire parler ses personnages directement, dans des monologues et des narrations qui nous donnent l’impression qu’ils nous parlent à l’oreille. La voix la plus percutante est probablement celle qu’elle prête à sa mère dans Nuits de noces, un roman où elle raconte l’histoire d’amour de ses parents. Dans toutes ses voix, comment trouve-t-elle la sienne ? Comment la définit-elle ? Est-elle tous ces autres ? L’écrivain est-il multiple ? Ventriloque ? On pourra se le demander avec elle.

Nous parlerons également de son territoire d’écriture, qui n’est autre que celui de ses montagnes et des villages et habitants alentours. Pour ce goût des régions reculées et des plus humbles, on la compare parfois à Marie-Hélène Lafon, mais la comparaison a-t-elle lieu d’être ? Un territoire commun crée-t-il une écriture commune ? L’exploration de l’œuvre de Violaine Bérot nous permettra de le savoir.

Comme toujours, nous essaierons de nous pencher sur un livre en particulier. Le choix est pourtant si difficile qu’il sera établi plus tard, peut-être même le jour de la rencontre. Ce sera la surprise, l’inattendu. Et c’est tout à fait en accord avec l’auteure, elle qui semble ne suivre que son étonnement sur le monde pour créer.

Rendez-vous le 9 décembre à 19 heures ! Inscriptions ici

Isabelle Rossignol