Vos textes à partir de  » À ce stade de la nuit » de Maylis de Kerangal

En décembre, Solange de Fréminville vous proposait d’écrire à partir du texte de Maylis de Kerangal, À ce stade de la nuit, Verticales, 2015). Voici les 13 textes que nous avons sélectionnés, merci à tous pour votre belle participation! Claire Le Goff   Toulon Toulon c’est long sur la carte depuis le haut jusqu’en bas, long depuis son départ, vingt-trois ans et des mois depuis qu’il a quitté le nord, s’en est allé, une ville du sud et c’est tout. Je ne connais Toulon que de nom mais je connais Toulon, car il est contenu tout entier dans le nom de Toulon, dont il ne bouge plus, dont il n’est jamais revenu – un caveau, Toulon, puisqu’il n’en est jamais revenu, jamais remonté au nord, fini le nord, que j’ai perdu, moi, depuis qu’il a fui vers le bas, deux décennies déjà, même plus déjà, deux longues jambes pour fuir, deux longs bras pour marquer la distance. J’y suis passée un jour, un port, une gare, ne me suis pas aventurée, et j’ai frôlé les murs à mesure qu’ils s’érigeaient … Lire la suite

Venez découvrir L’Atelier Ouvert à Paris ce samedi 14 janvier!

Le samedi 14 janvier, dans le cadre de la Nuit de la lecture, Aleph-Écriture en partenariat avec la librairie le Rideau Rouge (Paris 18ème) vous invite à lire et à écrire ! De 18 h à 19 h 30 : Aleph-Écriture et le Rideau Rouge vous invitent à un « ATELIER OUVERT » : Solange de Fréminville, l’animatrice de l’atelier, vous proposera plusieurs textes d’écrivains autour du thème de la ville. À partir de ces textes, une proposition d’écriture sera faite. Vous écrirez sur place, lirez votre texte et échangerez sur ce qui a été produit autour de la thématique. L’inscription est souhaitée, et une participation de 15€ par séance est demandée (contact, information et inscription : info@aleph-ecriture.fr / 01 46 34 24 27) De 20 h à 21 h 30 : La soirée se prolongera avec des lectures et / ou mise en conte des textes produits et de contes et extraits sur le thème de la cité (Calvino, Pennac, Gougaud, Perec, Simonin…) avec les lecteurs et conteurs de l’opération Lire et Conter. Accédez à la programmation officielle ici : Atelier d’écriture en librairie Librairie Le Rideau … Lire la suite

Vos textes à partir de: Guinevere Glasfurd « Les mots entre mes mains »

En décembre, Alain André vous proposait d’écrire à partir du premier roman de l’Anglaise Guinevere Glasfurd, Les mots entre mes mains (2014 et Préludes, 2016). Voici les 4 textes que nous avons sélectionnés, plein de la fantaisie induite par les mots et les jeux de mains.

Nicolas Vaissière

Il s’est approché de moi. Je vois son reflet dans l’aquarium. Un homme en costume, l’air sérieux. Un peu perdu. C’est marrant, son image se mélange aux poissons, qui passent à travers comme si de rien n’était. C’est comme s’il était plongé dans l’eau, son costume trempé. Lire la suite

Vos textes à partir de Velibor Čolić « Manuel d’exil »

Comment réparer un cœur brisé

Commencez par vérifier qu’il n’a pas de défaut de fabrication. En cas de fragilité manifeste du mécanisme, tournez-vous vers vos géniteurs et intentez un procès en malfaçon. Aucune chance de regagner vos pertes, mais ça vous soulagera.

Réamorcez la pompe en l’exposant à quelque objet de son affection : nièce ou neveu, chien ou chaton, démarrez par des sollicitations modestes pour éviter une rechute rapide, voire un enrayage définitif. Montez en puissance et constatez les éventuels dégâts. Recommencez jusqu’à plein régime. Faites ça dans un cadre familier pour disposer du matériel de première urgence au cas où ça tourne mal (épaule amie, comédie anglaise, alcool fort). Ne vous fiez pas aux conseils de proches prétendument experts en mécanique cardiaque : chaque engin dispose de son mode propre. Lire la suite

Vos textes à partir de « Toutes les femmes sont des aliens » de Olivia Rosenthal

Il y a 15 jours, Pauline Guillerm vous proposait d’écrire à partir du dernier ouvrage d’Olivia Rosenthal, Toutes les femmes sont des Aliens (Éditions Verticales, collection « Minimales », 2016). Une proposition qui vous a enthousiasmés puisque parmi les nombreux textes reçus, en voici 11 ! Nous vous remercions tous de votre participation!!   Nicolas VAISSIERE Chaque fois, c’est pareil. Chaque fois que je revois Indiscrétions, j’attends « la » scène, suspendu à l’idée que, cette fois, l’histoire va changer. Deux funambules échappés d’une fête, ivres de champagne, se disputent. L’héritière glacée, fille à papa hautaine sur le point de se remarier, et l’écrivain fauché devenu reporter pour un journal à scandales. Elle ignore quel idéaliste se cache sous l’homme chargé de voler son intimité ; il ne voit que la petite fille riche et pas la femme blessée. Quiproquo parfait. On attend le moment où les masques vont tomber. C’est là qu’arrive la scène. Ce moment de flottement où, l’alcool aidant, chacun sort de son rôle et se livre, enfin, interloqué par ce qu’il découvre en l’autre. Hepburn et Stewart incarnent à merveille ce trouble, … Lire la suite

Vos textes à propos de « En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut

Il y a 15 jours, Solange de Fréminville vous proposait d’écrire à partir du dernier ouvrage d’Olivier Bourdeaut, En attendant Bojangles (Finitude, 2016). Une proposition qui vous a enthousiasmés puisque parmi les nombreux textes reçus, en voici 13 ! Nous vous remercions tous de votre participation.   Julie Boston Pour la bonne cause Mars 1972. J’avais dix-sept ans, mon frangin quatorze. Quand il ne séchait pas ses cours, Dédé faisait le guignol en classe, capable de galvaniser les foules. Les convocations tombaient dans la boîte à lettres au même rythme que le Reader’s Digest. L’autorité paternelle régnait à la maison, façon Code Civil Napoléon, et chaque entretien avec le principal du collège était suivi d’une séance de gifles. Parfois pire. Notre mère n’avait pas voix au chapitre. Sa copie de Dolto, empruntée à la bibliothèque, restait cachée dans le garde-manger. Un jour, Dédé a pu intercepter la lettre. Le principal avait adressé un message sans équivoque : dernière convocation, renvoi en perspective. Il y avait urgence. Notre père s’était déjà renseigné sur un établissement militaire en Angleterre, douches froides, courses … Lire la suite

Vos textes à partir de « Emmaüs » d’Alessandro Barricco

Il y a 15 jours, Alain André vous proposait d’écrire à partir du livre d’Alessandro Baricco « Emmaüs ». Voici les 6 textes que nous avons sélectionnés cette semaine ! Nous vous remercions tous de votre participation. Roberto De Sanctis   Si j’avais su Un matin, alors que je me trouvais chez eux, j’ai fermé la porte du domicile de mes parents à un représentant en détecteurs d’intrusions intempestives sonorisés. Sans même attendre qu’il développât son argumentaire, je lui ai signifié que nous n’en avions nul besoin. Il est reparti dépité. Ayant toujours eu une sainte horreur du prosélytisme, même marchand, j’ai tendance à être abrupt quand on m’agite sous le nez objets, services ou spiritualités pour lesquels je n’ai pas passé commande. Qu’un colporteur de colifichets vienne jusqu’à moi s’improviser médecin providentiel de mes manques inconscients, je déteste ça. Et puis, ces gens là arrivent toujours ou trop tôt ou trop tard. Si ce placier était venu ne serait-ce que deux semaines auparavant, peut-être aurait-il fait affaire. Depuis quelque temps, mes parents étaient harcelés. Boite aux lettres saccagée, tags sur les … Lire la suite

Vos textes à partir de « Les Pays » de Marie-Hélène Lafon

Mi-septembre, Alain André vous proposait d’écrire à partir de l’ouvrage de Marie-Hélène Lafon intitulé Les Pays (Buchet-Chastel, 2012). Voici les 7 textes que nous avons sélectionnés. Nous tenons à nous excuser de ce léger retard de publication! Janie Den Boer Odeur Dès les premiers pas dans le long couloir vert délavé, l’odeur l’avait agressée, pénétrante, comme visqueuse, elle vous collait aux vêtements, à la peau. C’était évident, elle était là pour en masquer d’autres, celle acide et agressive de la pisse, celle plus fade, du vomi, ou de pansements trop longtemps en place, ou encore l’odeur dérangeante du mal lavé. Quand on apportait la barquette de nourriture sur un plateau de matière plastique à grosses fleurs orange, couverts serrés dans la serviette en papier, un peu de vapeur s’échappait d’ écœurantes purées vertes ou brunes. La fenêtre s’ouvrait à peine, bloquée pour raison de sécurité. L’air n’entrait ni ne sortait, sauf, un jour, une odeur d’herbe coupée, d’un vert éblouissant, avec une pointe de menthe fraiche comme une gorgée d’eau glacée dans la gorge desséchée Lui revint la fenêtre donnant … Lire la suite

Vos textes à partir de Marie Darrieussecq « Être ici est une splendeur. Vie de Paula M. Becker »

Il y a 15 jours, Alain André vous proposait d’écrire à partir du dernier ouvrage de Marie Darrieussecq, Être ici est une splendeur. Vie de Paula M. Becker (P.O.L., 2016). Cette consigne d’écriture a rencontré un grand succès et nous vous remercions des nombreux textes que nous avons reçus. Voici les 13 que nous avons sélectionnés ! Inès Dalery Sur un drap blanc la femme est nue, couchée sur le côté, les jambes repliées, ses deux bras soutiennent et enveloppent le bébé qu’elle est en train d’allaiter. Deux corps emboités l’un dans l’autre, variations de rose et d’ocre. La scène baigne dans un érotisme paisible, l’après du désir entre l’homme et la femme, le sexe comblé, rassasié. Les poils du pubis à peine visibles s’effacent derrière le ventre rond et légèrement proéminent de la grossesse récente, le sein lourd que l’on devine gonflé de lait. Collée à ce corps détaché d’elle, à quoi songe la mère aux yeux clos ? A la fin d’une histoire et au début d’une autre, à la promesse de tous les possibles. Je rentre dans … Lire la suite

Ecrire à partir de « Les Pays » de Marie-Hélène Lafon

Cette semaine, Alain André vous propose d’écrire à partir de l’ouvrage de Marie-Hélène Lafon intitulé Les Pays (Buchet-Chastel, 2012). Envoyez-nous vos textes (un feuillet standard ou 1500 signes maxi) jusqu’au 18 septembre 2016 à l’adresse : atelierouvert@inventoire.com Extrait « Les machines de la laverie lavaient et séchaient, elle en avait été surprise la première fois, avait hésité, tentée de relaver le linge, humant avec suspicion l’odeur douceâtre et chaude qui nimbait les tissus. Elle avait une mémoire aiguë des odeurs et savait par cœur les bois nus de février, les granges vides à la fin du printemps ou la Santoire grosse de neige fondue. Elle connaissait aussi le remugle de chaque salle de cours, de chaque amphithéâtre, des bus de la ligne 47, de la petite station de métro Maison Blanche ou des couloirs de la station Châtelet. Les rues la laissaient perplexe, quelque chose de trop volatil lui échappait ; elle avait pensé les premiers mois que ça puait, carrément, que Paris puait, sans nuances, sauf dans le quartier chinois de la lessive où s’entassaient sur les trottoirs des sacs de … Lire la suite