Vos textes à partir de Jaume Cabré !

Il y a 15 jours, Alain André vous a proposé d’écrire à partir du roman du recueil de nouvelles du Catalan Jaume Cabré « Voyage d’Hiver » (Actes-Sud, 2017). Parmi de nombreux textes reçus, nous en avons sélectionné 13 ! Merci à tous de votre belle participation !   Marion Gourdin Polyamoureux Je regarde Samuel me concocter l’un de ces jus détox dont il a le secret. La bouche en cœur il sifflote, léger, cet air que j’aime tant. Je retiens cet élan, cette envie violente de l’étreindre alors qu’il s’applique, le geste sûr. Ne pas l’effrayer, ne rien gâcher. Ne pas trop me dévoiler. Me préserver. Moi si entière, parfois si fière. D’habitude possessive. Avec lui, je ne sais plus rien, révise mes principes. « Lea, profite ! ». J’aimerais m’extirper de mes draps mais ma tête pèse dix tonnes ce matin, comme si je n’avais pas dormi de la nuit ; j’ai rêvé d’elle pourtant. Est ce qu’elle m’aime ? M’aime-t-elle autant que Samuel ? Et moi, est-ce que je l’aime ? Elle me rend dingue. Peut-on tomber amoureux d’une voix, d’un rire ? D’une … Lire la suite

Vos textes à partir de L’Ajar: Ecrire à trois !

Écrire à trois ! (à partir de l’ouvrage collaboratif du groupe L’AJAR, Vivre près des tilleuls (Flammarion, 2016). À lire vos réactions, la dernière consigne en a surpris certains, amusé d’autres. Il s’agissait d’aboutir à un seul texte à partir de trois rédacteurs, une vraie gageure pour un texte court ! Vous y êtes parvenus pour la plupart. Voici le fruit de ces échanges. Première partie.  Voici nos textes collectifs – Pascale Blazy, Véronique Hallo et Claudine Van Beneden – à partir de votre dernière proposition d’écriture, écrire à 3. Nous avons beaucoup apprécié cet exercice, nouveau pour chacune d’entre nous. Merci,  Véronique Hallo Texte de Claudine Van Beneden (Véronique Hallo, Pascale Blazy) Ce soir, j’ai pu voir mille étoiles dans les yeux de la petite. Ses rires en grelots résonnent encore. Je ne suis pas sa mère, je ne suis même pas de sa famille. Je suis seulement la voisine à qui on demande parfois de la garder dans les moments tourmentés. Tous les ans, à la même époque, juste avant Noël, je lui offre une soirée au spectacle d’Holliday on … Lire la suite

Vos textes à partir de l’Ajar – Ecrire à trois, la suite !

À lire vos réactions, la dernière consigne en a surpris certains, amusé d’autres. Il s’agissait d’aboutir à un seul texte à partir de trois rédacteurs, une vraie gageure pour un texte court ! Vous y êtes parvenus pour la plupart. Voici le fruit de ces échanges. Deuxième partie… Delphine Duhoux   Bas les masques – « A mon âge, on tue le temps avant de mourir ». Bien que je la sorte régulièrement avec aplomb, cette formule n’est pas de moi. Mais comme personne dans ce mouroir ne semble décidé à être cultivé, je passe pour un type brillant. Ce midi, alors que je venais de lâcher ma citation à Jeanne, j’ai tout de suite compris que je ne m’en sortirais pas avec les bravos cette fois-ci. Son regard contenait autre chose que l’admiration pour le poète que je suis censé être. J’y ai vu une sorte d’ « irrévérence goguenarde », si je devais la nommer. Ça m’est tombé dessus avec une violence fulgurante, sans préavis. Avec ses yeux bleu lavande délavés, Jeanne a l’air si douce que je n’aurais jamais cru qu’elle serait … Lire la suite

Vos textes à partir de Martin Suter « Le temps, le temps »

Il y a 15 jours, Alain André vous a proposé d’écrire à partir du roman de Martin Suter « Le temps, le temps » (2012 et Christian Bourgois, 2013). Nous avons sélectionné 5 textes parmi tous ceux que vous avez bien voulu nous envoyer ! Merci à tous de votre belle participation !   Julie BRIAND Le réveil sonne à 6h15. Elle se lève, se douche, s’habille, se coiffe, se parfume, prend un café, claque la porte en partant. Une machine parfaitement huilée et minutée. Elle prend le train de 6h54, premier wagon, s’assoit à côté de la fenêtre, à droite, sa place préférée. Elle reconnait quelques fidèles à ce wagon, à cette heure précise, à cette direction précise, vers Montrouge. Silence parfait, toutes têtes baissées, recueillies vers un téléphone, un journal, un livre. Elle sort son miroir de poche pour, comme chaque matin, se maquiller légèrement. C’est alors qu’elle voit, ou plutôt qu’elle ne voit pas. L’image n’est pas celle qu’elle attend. Un changement s’est opéré. Pourtant tout est en place : son nez droit, sa bouche trop fine et pâle, … Lire la suite

Vos textes à partir d’Isabelle Monnin: « Les gens dans l’enveloppe » 2ème partie

Il y a 15 jours, Alain André vous a proposé d’écrire à partir du roman d’Isabelle Monnin, Les gens dans l’enveloppe (Jean-Claude Lattès, 2015), un roman écrit à partir de photos trouvées par l’auteur. Nous avons sélectionné 10 textes, dont voici la seconde partie ! Merci à tous de votre participation ! Véronique Hallo Voyager en sacoche Mais quand est-ce que Papa revient ? Tata Lucienne est très jolie mais elle n’est pas gentille avec nous. Elle n’arrête pas de répéter : « Geneviève, Papa compte sur toi pour montrer l’exemple à Catherine. Sois un peu plus obéissante. » Mais elle veut toujours qu’on arrête de rire, qu’on ne parle pas à table. Mais c’est le seul moment où on la voit. Et sinon on reste avec Pépère mais je ne comprends pas ce qu’il raconte. Elle, Tata, elle part toujours avec son vélo. J’aimerais aller avec elle. Parfois je mange moins le soir et je me dis que le lendemain j’arriverai à rentrer dans une des sacoches de son vélo. Elle ne s’en rendrait pas compte. Ou alors plus tard. Ses … Lire la suite

Vos textes à partir de de Isabelle Monnin: « Les gens dans l’enveloppe » 1ère partie

Il y a 15 jours, Alain André vous a proposé d’écrire à partir du roman d’Isabelle Monnin, Les gens dans l’enveloppe (Jean-Claude Lattès, 2015), un roman écrit à partir de photos trouvées par l’auteur. Nous avons sélectionné 10 textes, dont voici les 5 premiers  ! Merci à tous de votre participation !   Marion Gourdin Papé Benoit m’énerve, mais aussi il me fait rire avec sa tête trop grosse de petit frère trop petit. Je me moque de lui parce qu’il ressemble à une fille. Quand je lui dis, il se met à chouiner. J’aime pas quand il pleurniche, parce que c’est sur moi que ça retombe, même quand j’ai rien fait. C’est pas juste. Bon il faut dire que j’aime bien l’embêter, je peux pas m’empêcher de le provoquer. Ce qu’il déteste surtout, c’est quand je fais le rouleau avec la langue : il se fâche tout rouge, moi je ravale ma langue mais mes yeux me trahissent ; je suis une chipie. C’est Papé qui le dit. Papé c’est le faux papa de maman. C’est lui qui nous garde quand … Lire la suite

Vos textes à partir de Tanguy Viel: 1ère partie

Vous avez été nombreux à nous envoyer vos textes cette semaine, en réponse à l’appel à écriture de Alain André à partir du roman de Tanguy Viel, Article 353 du code pénal (Minuit, 2017). Difficile de choisir parmi une grande variété de styles et d’histoires inventives et piquantes! Voici donc les 14 textes retenus, qui font l’objet de 2 publications, voici la première !   Viviane Clément Tout s’est passé très vite. J’ai raccroché le téléphone et j’ai attendu. Il faisait presque nuit, l’ombre envahissait le jardin, pourtant je voyais encore la balançoire immobile accrochée sous le saule. Ils sont arrivés sans bruit, j’ai entendu seulement leurs pas dans l’escalier. J’ai ouvert la porte, une femme est entrée, s’est assurée de mon identité, a lu mes droits, a glissé des menottes autour de mes poignets. C’est ainsi que j’ai quitté la maison. Ma valise était prête, posée sur la table de la cuisine, à côté de la tasse peinturlurée dessus dessous que j’aurais bien aimé emporter. J’ai demandé : et le chat? Il faut le laisser dehors. Un policier s’est … Lire la suite

Vos textes à partir de Tanguy Viel: 2ème partie

Vous avez été nombreux à nous envoyer vos textes cette semaine, en réponse à l’appel à écriture de Alain André à partir du roman de Tanguy Viel, Article 353 du code pénal (Minuit, 2017). Difficile de choisir parmi une grande variété de styles et d’histoires inventives et piquantes! Voici parmi les 14 textes retenus, 7 textes. Merci à tous !   Courts Écrits Bluette   J’ai tenté de lui expliquer que c’était très différent, que les femmes sont outragées en continu, par des regards lourds, par tous ces commentaires convenus sur l’outrecuidance provocante de leurs accoutrements. Les hommes, eux, sont toujours flattés – à part si les compliments proviennent d’un individu de même sexe. Bien sûr que ça lui plaisait mon regard qui s’attarde sur sa bouche, il n’avait pas repoussé ma légère étreinte la première fois. D’ailleurs, avoir accepté un rendez-vous, il se doutait bien que j’avais une idée en tête. Il avait toujours, toujours ! répondu à mes messages. Cette première rencontre il ne l’avait pas écourtée. Et ensuite ses messages avaient répondu aux miens, ses plaisanteries à mes … Lire la suite

Vos textes à partir de « 78 moins 39 » de Corinne Lovera Vitali

Il y a 15 jours, Arlette Mondon-Neycensas vous a proposé d’écrire à partir de l’ouvrage de Corinne Lovera Vitali, 78 moins 39 (éditions Louise Bottu, 2016). Voici les 7 textes, pleins de tempérament, que nous avons sélectionnés.   Marie-Pierre Chaduc In the mood for love Ne me retiens pas je m’en vais enveloppé d’étoffes légères la tête penchée sur le côté droit vers cet horizon en noir et blanc bordé de brumes mes pas s’éloignent ne me restent dans l’oreille que leur écho comme une pulsation qui envahit tout l’espace avant le vide où plus rien n’existe où même le marcheur le plus téméraire disparaît happé par les djinns je pars sur des chemins que tu ne connais pas je pars poussière emportée par le vent d’autan sur des chemins qui se dérobent le cœur lourd la tête sans raison penchée à droite les reins creusés je pleure à chaque pas la soif m’étreint je ne durerai pas Ne me retiens pas je m’en vais je ne reviendrai pas nous avons brûlé nos vaisseaux dans de vaines batailles ne me … Lire la suite

Vos textes à partir du roman de Marie Nimier « La Plage »

Il y a 15 jours, Juliette Rigondet vous a proposé d’écrire à partir du roman de Marie Nimier « La Plage » (Gallimard, 2016). Voici les 6 textes que nous avons sélectionnés. Merci à tous de votre participation! Jean-Marc Garriga Koma-Kino Station Désastre. Je descends du métro. Au pied des marches qui mènent à la surface siffle une bise sournoise. Je me demande s’il est encore ouvert. Ce serait bien s’il était ouvert, car je n’ai aucun autre endroit où aller pleurnicher. Je ne veux pas souiller mon petit appartement tout blanc Ikéa. Mon appartement doit être positif, comme dans les magazines de déco. Quand je ne vais pas bien, quand Laure ne veut plus me voir tout nu (elle ne veut plus me voir du tout en vérité), je vais au Koma-Kino, le vieux ciné dans ce coin de Paris, qui sait encore rester un village. Je vais revoir les Damnés de Visconti. Le film passe ici depuis sa sortie, quand le formica, les néons du Koma-Kino étaient rutilants. A la caisse, depuis la retraite de Jeannette, la caissière à forte … Lire la suite