Vos textes à partir de « 78 moins 39 » de Corinne Lovera Vitali

Il y a 15 jours, Arlette Mondon-Neycensas vous a proposé d’écrire à partir de l’ouvrage de Corinne Lovera Vitali, 78 moins 39 (éditions Louise Bottu, 2016). Voici les 7 textes, pleins de tempérament, que nous avons sélectionnés.   Marie-Pierre Chaduc In the mood for love Ne me retiens pas je m’en vais enveloppé d’étoffes légères la tête penchée sur le côté droit vers cet horizon en noir et blanc bordé de brumes mes pas s’éloignent ne me restent dans l’oreille que leur écho comme une pulsation qui envahit tout l’espace avant le vide où plus rien n’existe où même le marcheur le plus téméraire disparaît happé par les djinns je pars sur des chemins que tu ne connais pas je pars poussière emportée par le vent d’autan sur des chemins qui se dérobent le cœur lourd la tête sans raison penchée à droite les reins creusés je pleure à chaque pas la soif m’étreint je ne durerai pas Ne me retiens pas je m’en vais je ne reviendrai pas nous avons brûlé nos vaisseaux dans de vaines batailles ne me … Lire la suite

Vos textes à partir du roman de Marie Nimier « La Plage »

Il y a 15 jours, Juliette Rigondet vous a proposé d’écrire à partir du roman de Marie Nimier « La Plage » (Gallimard, 2016). Voici les 6 textes que nous avons sélectionnés. Merci à tous de votre participation! Jean-Marc Garriga Koma-Kino Station Désastre. Je descends du métro. Au pied des marches qui mènent à la surface siffle une bise sournoise. Je me demande s’il est encore ouvert. Ce serait bien s’il était ouvert, car je n’ai aucun autre endroit où aller pleurnicher. Je ne veux pas souiller mon petit appartement tout blanc Ikéa. Mon appartement doit être positif, comme dans les magazines de déco. Quand je ne vais pas bien, quand Laure ne veut plus me voir tout nu (elle ne veut plus me voir du tout en vérité), je vais au Koma-Kino, le vieux ciné dans ce coin de Paris, qui sait encore rester un village. Je vais revoir les Damnés de Visconti. Le film passe ici depuis sa sortie, quand le formica, les néons du Koma-Kino étaient rutilants. A la caisse, depuis la retraite de Jeannette, la caissière à forte … Lire la suite

Vos textes à partir du roman de Harry Parker « Anatomie d’un soldat »

Cette semaine, Alain André vous a proposé d’écrire à partir du premier roman de Harry Parker, Anatomie d’un soldat (Christian Bourgois, 2016). Voici les 8 textes que nous avons sélectionnés, merci à tous pour votre belle participation!   Claudine Van Beneden Je ne vois pas très souvent la lumière, je sors lors de certaines occasions. Ces derniers temps il n’y en a pas eu beaucoup…. des occasions. Je suis bien rangé, je ne suis pas tout seul, les autres plus communs sortent et reviennent plus souvent. Ce matin là, tôt, c’était un dimanche, il y avait beaucoup d’agitation. Une belle et joyeuse agitation, je ne voyais rien mais à l’oreille ce n’était pas comme d’habitude. Souvent je perçois de l’anxiété et des disputes. Cette fois c’était autre chose. Il y avait de la joie, je crois. Il était 13h30 quand on m’a sorti et j’ai compris. D’un coup, j’étais sur la belle assiette transparente. A côté du gâteau d’anniversaire maison, celui au chocolat. C’était son anniversaire à elle. Elle avait 15 ans. Je suis passée de la cuisine à la … Lire la suite

Vos textes à partir de  » À ce stade de la nuit » de Maylis de Kerangal

En décembre, Solange de Fréminville vous proposait d’écrire à partir du texte de Maylis de Kerangal, À ce stade de la nuit, Verticales, 2015). Voici les 13 textes que nous avons sélectionnés, merci à tous pour votre belle participation! Claire Le Goff   Toulon Toulon c’est long sur la carte depuis le haut jusqu’en bas, long depuis son départ, vingt-trois ans et des mois depuis qu’il a quitté le nord, s’en est allé, une ville du sud et c’est tout. Je ne connais Toulon que de nom mais je connais Toulon, car il est contenu tout entier dans le nom de Toulon, dont il ne bouge plus, dont il n’est jamais revenu – un caveau, Toulon, puisqu’il n’en est jamais revenu, jamais remonté au nord, fini le nord, que j’ai perdu, moi, depuis qu’il a fui vers le bas, deux décennies déjà, même plus déjà, deux longues jambes pour fuir, deux longs bras pour marquer la distance. J’y suis passée un jour, un port, une gare, ne me suis pas aventurée, et j’ai frôlé les murs à mesure qu’ils s’érigeaient … Lire la suite

Venez découvrir L’Atelier Ouvert à Paris ce samedi 14 janvier!

Le samedi 14 janvier, dans le cadre de la Nuit de la lecture, Aleph-Écriture en partenariat avec la librairie le Rideau Rouge (Paris 18ème) vous invite à lire et à écrire ! De 18 h à 19 h 30 : Aleph-Écriture et le Rideau Rouge vous invitent à un « ATELIER OUVERT » : Solange de Fréminville, l’animatrice de l’atelier, vous proposera plusieurs textes d’écrivains autour du thème de la ville. À partir de ces textes, une proposition d’écriture sera faite. Vous écrirez sur place, lirez votre texte et échangerez sur ce qui a été produit autour de la thématique. L’inscription est souhaitée, et une participation de 15€ par séance est demandée (contact, information et inscription : info@aleph-ecriture.fr / 01 46 34 24 27) De 20 h à 21 h 30 : La soirée se prolongera avec des lectures et / ou mise en conte des textes produits et de contes et extraits sur le thème de la cité (Calvino, Pennac, Gougaud, Perec, Simonin…) avec les lecteurs et conteurs de l’opération Lire et Conter. Accédez à la programmation officielle ici : Atelier d’écriture en librairie Librairie Le Rideau … Lire la suite

Vos textes à partir de: Guinevere Glasfurd « Les mots entre mes mains »

En décembre, Alain André vous proposait d’écrire à partir du premier roman de l’Anglaise Guinevere Glasfurd, Les mots entre mes mains (2014 et Préludes, 2016). Voici les 4 textes que nous avons sélectionnés, plein de la fantaisie induite par les mots et les jeux de mains.

Nicolas Vaissière

Il s’est approché de moi. Je vois son reflet dans l’aquarium. Un homme en costume, l’air sérieux. Un peu perdu. C’est marrant, son image se mélange aux poissons, qui passent à travers comme si de rien n’était. C’est comme s’il était plongé dans l’eau, son costume trempé. Lire la suite

Vos textes à partir de Velibor Čolić « Manuel d’exil »

Comment réparer un cœur brisé

Commencez par vérifier qu’il n’a pas de défaut de fabrication. En cas de fragilité manifeste du mécanisme, tournez-vous vers vos géniteurs et intentez un procès en malfaçon. Aucune chance de regagner vos pertes, mais ça vous soulagera.

Réamorcez la pompe en l’exposant à quelque objet de son affection : nièce ou neveu, chien ou chaton, démarrez par des sollicitations modestes pour éviter une rechute rapide, voire un enrayage définitif. Montez en puissance et constatez les éventuels dégâts. Recommencez jusqu’à plein régime. Faites ça dans un cadre familier pour disposer du matériel de première urgence au cas où ça tourne mal (épaule amie, comédie anglaise, alcool fort). Ne vous fiez pas aux conseils de proches prétendument experts en mécanique cardiaque : chaque engin dispose de son mode propre. Lire la suite

Vos textes à partir de « Toutes les femmes sont des aliens » de Olivia Rosenthal

Il y a 15 jours, Pauline Guillerm vous proposait d’écrire à partir du dernier ouvrage d’Olivia Rosenthal, Toutes les femmes sont des Aliens (Éditions Verticales, collection « Minimales », 2016). Une proposition qui vous a enthousiasmés puisque parmi les nombreux textes reçus, en voici 11 ! Nous vous remercions tous de votre participation!!   Nicolas VAISSIERE Chaque fois, c’est pareil. Chaque fois que je revois Indiscrétions, j’attends « la » scène, suspendu à l’idée que, cette fois, l’histoire va changer. Deux funambules échappés d’une fête, ivres de champagne, se disputent. L’héritière glacée, fille à papa hautaine sur le point de se remarier, et l’écrivain fauché devenu reporter pour un journal à scandales. Elle ignore quel idéaliste se cache sous l’homme chargé de voler son intimité ; il ne voit que la petite fille riche et pas la femme blessée. Quiproquo parfait. On attend le moment où les masques vont tomber. C’est là qu’arrive la scène. Ce moment de flottement où, l’alcool aidant, chacun sort de son rôle et se livre, enfin, interloqué par ce qu’il découvre en l’autre. Hepburn et Stewart incarnent à merveille ce trouble, … Lire la suite

Vos textes à propos de « En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut

Il y a 15 jours, Solange de Fréminville vous proposait d’écrire à partir du dernier ouvrage d’Olivier Bourdeaut, En attendant Bojangles (Finitude, 2016). Une proposition qui vous a enthousiasmés puisque parmi les nombreux textes reçus, en voici 13 ! Nous vous remercions tous de votre participation.   Julie Boston Pour la bonne cause Mars 1972. J’avais dix-sept ans, mon frangin quatorze. Quand il ne séchait pas ses cours, Dédé faisait le guignol en classe, capable de galvaniser les foules. Les convocations tombaient dans la boîte à lettres au même rythme que le Reader’s Digest. L’autorité paternelle régnait à la maison, façon Code Civil Napoléon, et chaque entretien avec le principal du collège était suivi d’une séance de gifles. Parfois pire. Notre mère n’avait pas voix au chapitre. Sa copie de Dolto, empruntée à la bibliothèque, restait cachée dans le garde-manger. Un jour, Dédé a pu intercepter la lettre. Le principal avait adressé un message sans équivoque : dernière convocation, renvoi en perspective. Il y avait urgence. Notre père s’était déjà renseigné sur un établissement militaire en Angleterre, douches froides, courses … Lire la suite

Vos textes à partir de « Emmaüs » d’Alessandro Barricco

Il y a 15 jours, Alain André vous proposait d’écrire à partir du livre d’Alessandro Baricco « Emmaüs ». Voici les 6 textes que nous avons sélectionnés cette semaine ! Nous vous remercions tous de votre participation. Roberto De Sanctis   Si j’avais su Un matin, alors que je me trouvais chez eux, j’ai fermé la porte du domicile de mes parents à un représentant en détecteurs d’intrusions intempestives sonorisés. Sans même attendre qu’il développât son argumentaire, je lui ai signifié que nous n’en avions nul besoin. Il est reparti dépité. Ayant toujours eu une sainte horreur du prosélytisme, même marchand, j’ai tendance à être abrupt quand on m’agite sous le nez objets, services ou spiritualités pour lesquels je n’ai pas passé commande. Qu’un colporteur de colifichets vienne jusqu’à moi s’improviser médecin providentiel de mes manques inconscients, je déteste ça. Et puis, ces gens là arrivent toujours ou trop tôt ou trop tard. Si ce placier était venu ne serait-ce que deux semaines auparavant, peut-être aurait-il fait affaire. Depuis quelque temps, mes parents étaient harcelés. Boite aux lettres saccagée, tags sur les … Lire la suite