Luce Rico « Le minuteur » et Virginie Legrand « La mérule »
Dans le couloir, sur la gauche quand on entre, le téléphone ivoire, à cadran, ne trône plus sur sa tablette. Juste à côté de lui, un autre vide lui tient compagnie : la tête d’obus de marque Lip acheté en soutien aux ouvriers licenciés a disparu. Mais je le revois encore se donner un air pointu pour cacher sa véritable identité : il était compteur de temps, autrement dit minuteur.
Pascale Royer « La maison » et Sandrine Drappier-Ferry « L’atelier »
Quand mes beaux-parents achètent cette maison dans le village, seule ma belle-mère connaît l’histoire de ses habitants depuis un siècle. Elle a le souvenir très vif des personnes qui l’ont occupée. Régulièrement elle nous narre des épisodes et, le très grand âge venu, parle de la demeure comme d’une entité qui dépassera tous ses habitants.
M.L. Denis « La porte cochère », S. Kollender « Blonde », J. Dutoit « C’est plus la joie »
Dieu, que j’aimais bien les voir arriver ! Ils étaient si joyeux de venir chez moi. Les dimanches, ils étaient nombreux, les enfants tirés à quatre épingles suivaient leurs parents portant leurs habits de fête, les mères, de jolies robes ou de beaux manteaux, les pères, des costumes bien repassés, tous chapeautés et gantés. Ils n’étaient jamais en retard. I
« Un fils comme un autre », Eduardo Halfon (La Table Ronde-Quai Voltaire)
Le fil de la paternité court au long des dix-huit courts récits qui le composent. Le narrateur y parle de son fils, de ses propres père ou grands-pères, évoque de son enfance, sa jeunesse, les expériences qui l’ont conduit à l’âge adulte ; soit, enfin, les pères dont il est question sont ceux de leurs œuvres – artistes, écrivains.
Romane Biron : « Les étoiles finiront par parler »
Tout a commencé par un cadeau : un roman de la collection « main de femme » des éditions Parole (« Sept jours en face » d’Anne Lecourt). Dès que je l’ai eu dans les mains, j’ai apprécié le format fin et délicat, le papier, et bien sûr, l’intensité romanesque.
Ecrire à partir de « Quand tu écouteras cette chanson » de Lola Lafon
Quand tu écouteras cette chanson de Lola Lafon est paru dans la collection ma « Nuit au musée » pour la rentrée littéraire 2022. Sollicitée par les Editions Stock pour passer une nuit dans un musée, l’autrice choisit sans hésiter de passer une nuit à L’Annexe à Amsterdam, à l’endroit même où Otto Frank a tenté de sauver sa famille à partir de juillet 1942.
Parution du N°50 de la revue Rue Saint Ambroise
Dans cette livraison, trente nouvelles, dont la première : « Requiem » de Philippe Sollers, donne le ton à un recueil à l’univers intimiste, entre élégance et nostalgie.
Création de la chaine de podcasts Aleph sur Spotify
Une pièce écrite lors d’un cycle d’écriture collective à Aleph Bordeaux, et interprétée par ses auteurs : Sylvie Roby, Fabienne Retailleau, Annette Coquet, Jean-Marc Chevillard, Claire Mestre et Nathalie Garnaud. Mise en scène par Catherine Berthelard, Jean-Marc Borgniet : ingénieur son et réalisateur.
Rencontre avec Isabelle Rossignol le 16 novembre à 18 h : le travail de la voix dans le fragment
Chambre 152 met en présence trois êtres, une femme en fin de vie, sa fille et le « corps médical ». Triangle dissonant et vertigineux : les médecins ont refusé d’accéder à la volonté de mourir de la mère « aux poumons de plâtre », qui se sait condamnée.
Frank Secka : Techniques narratives 2ème année : « Show, don’t tell »
Non. J’explique souvent aux écrivants qu’en fermant un roman qui nous a plu, on se souvient d’une scène, d’un personnage, d’une voix… et non — fort heureusement — des techniques narratives mises en œuvre par l’auteur. Ce n’en sont pas moins ces mêmes techniques, qui nous auront permis de lire ce texte jusqu’au bout et de l’apprécier globalement comme une forme préhensible.