Retours sur les textes écrits à partir de « La Ligne de nage » de Julie Otsuka

Cinquante-deux ! c’est le nombre des contributions reçues sur l’Inventoire, de grande qualité, souvent très inspirées, dont l’écriture avait été travaillée en finesse.
« Madre » de Christiane Leydet

A faim, mange. Aime, dévore. Elle se parfume et se maquille les lèvres en rouge vif – ne sort jamais sans un petit mouchoir plié en quatre dans son sac verni noir.
« Ton père » de Françoise Vergnaud

Tu te souviens de l’odeur de gauloises sur ses doigts lorsqu’il te portait sur ses épaules, ses mains tenant les tiennes, si près de ton visage. Tu te souviens du balancement des pas, du soleil qui se couche, de ce voyage qui semble ne pas avoir de fin.
« Madame H. » de Mireille Bousset

Elle portait toujours son petit tablier de devant, prête à foncer sur les tâches ménagères. Petite souris, toute menue, toujours en action.
« Armand » de Véronique Desboeufs

Il se rappelle de son sourire lumineux lors de leur rencontre et de leurs longues promenades au bord du canal. Lorsqu’il a vu pour la première fois tes prunelles bleues te fixer, et plus tard, lorsqu’il t’a entendue prononcer pour la première fois « papa ».
« Leila » de Marc Théobalt

Elle se souvient des rues gorgées de soleil, des maisons blanches, des cavalcades pieds-nus avec les autres enfants, près de la mer chaude, là-bas.
« Fragments » Marie-Claire Utz

Elle n’aimait pas, enfant, être prise en photo. On l’y voit le plus souvent de dos, ou boudant. Elle se souvient parfaitement du pourquoi, un jour, elle ne porta plus que des pantalons
« Fragments » Viviane Clément

Elle se souvient des raisins qui pendaient sous la treille de la terrasse. Elle se souvient de leur goût sucré et du jus qui dégoulinait le long de ses mains mais elle ne sait plus qui les cueillait pour elle. Elle se souvient que sa mère est morte mais elle en parle au présent.
« Elle » de Annie Bégot

Elle est au centre, entre le père et la mère. Elle étend ses bras sur les côtés, paumes vers le ciel, regard en face. Espace sombre, silhouettes massives, plantées sur le sol. On entend un son grave, ténu, insistant, peut-être le vent passant sous la porte.
« Rue de la Fontaine » de Marie-Anne Lucas

Elle me salue toujours par un « bonjour ma chérie » et ne manque jamais le « sois prudente sur la route » quand je remonte le kilomètre trois cents qui me sépare de chez elle.