Le livre qui s’autodétruit

indexVous êtes éditeur, vous publiez 4 livres par mois. Vous savez qu’il existe autour de vous d’autres éditeurs qui en publient encore plus. Au total, vous faites un rapide calcul mental : c’est environ 100 livres qui se publient ainsi en France chaque mois (et encore vous ne comptez que la littérature générale, pas les livres numériques). Comment dès lors forcer un journaliste à lire le livre de cet auteur auquel vous croyez alors qu’il n’a chroniqué aucun des 10 derniers que vous lui avez envoyé ?

C’est un éditeur argentin qui, en publiant le premier livre éphémère « El Libro que no Puede Esperar » ( « le livre qui ne peut pas attendre ») a trouvé la réponse. La maison d’édition Eterna Cadencia, basée à Buenos Aires, a inventé le livre qui s’auto-détruit au bout de deux mois. Non, ce n’est pas un livre qui prend feu mais un livre dont l’encre disparaît lentement, dès qu’elle est exposée à la lumière.

Dans un monde où n’existeraient que ce type de livre, il serait impossible d’en lire quatre à la fois !

31Quand on a ouvert « El Libro que no Puede Esperar » on est obligé de le terminer sous peine de retrouver les pages parfaitement blanches.

Il est cependant déjà trop tard pour le lire car « El Libro que no Puede Esperar »  a été épuisé le jour de sa parution. Inutile de dire que le livre a bénéficié en Argentine d’une couverture presse sans précédent, et ce sera le cas du prochain également (Eterna Cadencia devrait bientôt en sortir un autre avec l’aide de l’agence de communication DraftFCB).

A l’heure où le livre papier menace d’être remplacé par le livre numérique (à vocation « éternelle », lui), une manière originale d’attirer l’attention sur la fragilité du livre, celui du monde de l’édition et des libraires.

 DP

 

 

 

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