Le temps des maisons / semaine 2 : Giselle Scherg

En réponse à notre appel à écriture, «Les trésors enfouis de la maison», un texte et une peinture de Giselle Scherg.

Enfin rester chez soi,

Ranger quelques tiroirs

Classer papiers et photos.

 Soudain en un choc

retrouver des moments oubliés.

C’était une petite maison de bambou,

adossée à la forêt, on y voyait sur

le seuil un enfant agenouillé,

il était là posé comme un objet,

son corps statufié, ses membres paralysés,

ses mains tendus en un geste immuable,

semblaient me dire, regardez moi,

je suis né comme cela, confiné,

confiné dans un corps difforme

sans espoir d’épanouissement,

confiné pour toujours

sans espoir de changement

jamais je ne pourrai tenir un crayon

pour apprendre à écrire,

jamais je ne pourrai courir

avec les autres enfants,

jamais je ne tiendrai debout

comme un être humain.

Mon coeur se serre à ce souvenir.

Au détour d’un voyage au Vietnam, j’ai vu des enfants qui après 4 générations naissent encore

lourdement handicapés de la dioxine de Monsanto.

Avec révolte je me dis, le confinement par Monsanto, c’est pire qu’un virus.

                                                                     

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