Chats d’écrivains, chats d’écriture

Compagnons des auteurs et personnages de romans, les chats occupent une place à part dans la littérature. Pour leur donner une place dans votre écriture, Laurence Hugues propose un atelier le soir à distance à partir du 9 mars 2026

L’Inventoire : Comment est née l’idée de cet atelier ?

Laurence Hugues : Un matin, mon chat s’est couché sur mon clavier et a refusé d’en bouger tant que je ne lui accordais pas toute mon attention. J’avais déjà parlé de lui dans Pas vu Maurice, chroniques de l’infraordinaire, mais visiblement cela ne lui suffisait pas. À le regarder s’étirer sur mes notes et renverser mes stylos, j’ai compris qu’il ne se contenterait pas de rester un personnage secondaire.

C’est à ce moment-là que j’ai eu l’idée de l’atelier : je me suis doutée que d’autres chats, dans d’autres foyers, attendaient qu’on écrive sur eux.

Qu’est-ce que la figure du chat peut apporter à l’écriture ?

Elle apporte à l’écriture un mélange de douceur et de mystère. Animal à la fois proche et insaisissable, il permet d’enrichir un texte par un point de vue oblique, parfois ironique. Témoin silencieux, narrateur inattendu, guide vers le fantastique, il invite à travailler des registres variés, du réalisme tendre au merveilleux le plus subtil.

Et vous, quels chats avez-vous rencontré lors de vos lectures ?

J’ai d’abord rencontré les chats de Colette, évité de déranger des chats japonais parfois très inquiétants, croisé le chat blanc de Bukowski et celui de Nathalie Quintane – entre autres félins soi-disant domestiques.

En gardant à l’oreille la musique baudelairienne qui procure le même plaisir qu’un ronronnement dans les graves:

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires…

Camille Berta

Écrire avec les chats les 9, 11 et 13 mars 2026 le soir sur Teams

Autrice et cinéaste, Laurence Hugues mène un parcours poétique atypique, entre documentaire et intime. Diplômée de la FEMIS, elle travaille à partir de matériaux trouvés ou filmés, avec de nombreuses coopérations transnationales (Afrique de l’Ouest, Suisse, Inde, Pakistan…). Formée à l’animation d’ateliers d’écriture par Aleph, elle a longtemps travaillé à Paris avant de revenir s’installer en Auvergne Rhône-Alpes après la parution de « Pas vu Maurice, chroniques de l’infra-ordinaire », un livre à partir de carnets trouvés dans une ferme abandonnée du Haut Forez (éditions Créaphis).