Concours de nouvelles Inventoire « Maison(s) »

Pendant la période estivale, participez au concours de nouvelles d’Aleph-Écriture/L’inventoire. Inscription à partir du 18 juin et dépôt des nouvelles jusqu’au 30 juillet avant 18 heures sur notre plateforme.

Cette année : deux rendez-vous pour participer à notre atelier en ligne animé par Béatrice Limon sur le thème du concours, les mardi 25/06 et mardi 09/07.

Thème du concours : « Maison(s) »

La maison est à la fois refuge, repère temporel, et lieu où vivre à l’abri du monde. Elle représente nos goûts, extériorise nos désirs et nos modes de vie, constituant tour à tour la page blanche de nos rêves, et le théâtre intime de notre quotidien. Elle fait aussi écho à la maison primordiale : notre corps.

Cet été, nous avons choisi comme thème de notre concours de nouvelles, Maison(s), en référence au livre de Andrea Bajani « Le livre des maisons » (Éditions Gallimard, 2023).

Dans ce recueil, l’auteur revisite tous les endroits où il a vécu pour y déployer des moments de vie qui le racontent. Il le fait avec poésie et originalité car la maison est parfois autre chose qu’un lieu. Une alliance avec ses deux noms gravés à l’intérieur peut aussi constituer une demeure, par exemple, celle de l’amour.

Nous vous proposons d’écrire une nouvelle dans laquelle la maison, ou vos maisons, jouent un rôle central, révélant aux personnages leur désir, éclairant leurs relations aux autres, ou un moment de leur vie. En 6000 signes maximum (espaces inclus).

Vous pourrez déposer votre texte sur le lien dédié, en format PDF, puis le partager si vous le souhaitez afin d’échanger avec les autres participants sur notre plateforme Teams.

Frais de participation : 25 euros.  Lien d’inscription ici.

Pistes d’inspiration :

Le livre des Maisons, Andréa Bajani. Traduit de l’italien par Nathalie Bauer (Gallimard, 2023).

La Maison du sous-sol, 1976, extrait

« La première maison possède trois chambres, une salle de séjour, une cuisine et une salle de bains. La chambre où dort l’enfant que, par convention, nous appellerons Je, est en réalité un débarras pourvu d’un lit de camp. C’est une pièce un peu humide, comme du reste, toute la maison. Elle n’a pas de fenêtre, mais elle est confortable et proche de la cuisine. Le cliquetis des couverts, le toc-toc régulier du couteau sur la planche à découper, le jet d’eau continu dans l’évier comptent probablement parmi les premiers souvenirs de Je, même s’il ne se les rappelle pas (…).

La cour sur laquelle donnent la cuisine, la salle de bains et la salle à manger est le domicile de Tortue. Celle-ci vit la plupart du temps cachée derrière les pots de fleurs, ou à l’intérieur de sa carapace. Il est rare de la voir sortir à découvert. Cela se produit uniquement quand apparaît Grand-Mère : elle la rejoint alors en traversant maladroitement la cour ; elle frappe régulièrement le sol de sa cuirasse d’écailles, selon la rythmique toujours identique de sa gaité. Grand-Mère la soulève et lui parle ; Tortue agite en l’air ses quatre pattes ridées, expérimentant ainsi le vol assisté entre ces immeubles qui enferment le ciel dans un carré. Puis elle retourne derrière les pots de fleurs en traînant la feuille de salade que Grand-Mère lui a apportée et qu’elle mangera avec parcimonie, la coupant en petits morceaux de son bec corné et finissant par l’engloutir ». p. 15

Florabelle. Extrait de la nouvelle du recueil La part sauvage, Erwan Desplanques. Éditions de L’Olivier, 2024.

« La vie privée était devenue caduque. De plus en plus de candidats se portaient volontaires pour être espionnés. C’était son cas. Chacun pouvait épier son quotidien depuis n’importe où, Boston, Zurich ou Poitiers, l’admirer en train d’essayer une salopette ou d’assaisonner une salade. À l’époque, je devais être le seul sur Terre à l’ignorer. J’avais à peine prêté attention à ses traits – des yeux étroits et rapprochés, la démarche précipitée de quelqu’un qui s’aime et se disperse-, davantage attiré par l’architecture de la maison que me fit traverser à la hâte, sans le moindre commentaire, comme pour m’empêcher de trop en voir ou s’excuser de posséder un bijou pareil : des mètres carrés d’ardoise avec chauffage au sol des baies vitrées larges comme des panneaux publicitaires qui plongeaient sur les pins, les chênes liège et, au bout d’une étroite allée bordée de chèvrefeuille, une piscine en forme de haricot. »

Extrait de La cache, Christophe Boltanski (Stock 2015, Folio, 2016)

Je ne les ai jamais vus sortir à pied seuls ou même de conserve. Accomplir cet acte tout simple qui consiste à déambuler le long d’un trottoir. Ils ne s’aventuraient hors de la maison que motorisés. Assis, l’un contre l’autre, à l’abri d’une carrosserie, derrière un blindage, même léger. Dans Paris, ils circulaient à bord d’une Fiat 500 Lusso, de couleur blanche. Une voiture simple, maniable, rassurante, à leur compteur de vitesse gradué jusqu’à 120 km/h, son moteur bicylindre à l’arrière qui produisait un râle, un toug-toug de vieux canot crachotant. Ils la garaient dans la cour pavée, face au portail, prête à partir, le long de l’aile principale, presque agglutinée au mur, comme la capsule de sauvetage d’une fusée. Sa portière avant droite tournée invariablement vers l’entrée de la cuisine. Pour l’atteindre, ils n’avaient qu’un petit escalier en pierre à franchir. Afin de faciliter la descente, un degré supplémentaire avait été taillé dans une portion de marche, à mi-hauteur. Une fois en bas, il ne leur restait qu’à plonger à l’intérieur de l’habitacle, en s’agrippant à la poignée. Ils n’abandonnaient personne derrière eux. Nous partions tous ensemble. Elle, au volant. Lui, à côté d’elle. Jean-Elie, Anne et moi, entassés sur la banquette arrière. » (p. 14)

Objectifs du concours

Le concours de nouvelles organisé par Aleph-Écriture dans le cadre de la revue L’Inventoire est destiné à récompenser dix nouvelles écrites en langue française autour d’une même thématique. Cette initiative vise à promouvoir la nouvelle, et la faire éditer.

Prix décernés

Dix textes seront sélectionnés par notre jury, et publiés sur une rubrique dédiée de L’Inventoire pendant deux mois. Ils seront proposés au vote des internautes, qui éliront leur nouvelle préférée. Chaque lauréat recevra un livre de nouvelles des éditions rue Saint Ambroise. Les 10 nouvelles ayant été sélectionnées seront disponibles sur le site de L’Inventoire pendant 3 mois, en tête du site.

Le prix du public : le gagnant verra sa nouvelle publiée dans le N° 3 de la toute nouvelle revue La Machine à écrire, partenaire du concours. Il recevra également un abonnement d’un an au magazine.

Les trois nouvelles lauréates du prix du jury seront publiées dans la revue de nouvelles Rue Saint Ambroise, partenaire du concours.

Le 1er prix du jury recevra également un bon-cadeau de 300 euros, à valoir sur le stage Aleph-Écriture de son choix.

Le 2ème prix du jury recevra un bon-cadeau de 200 euros, à valoir sur le stage Aleph-Écriture de son choix.

Le 3ème prix du jury recevra un bon cadeau de 100 euros, à valoir sur le stage Aleph-Écriture de son choix.

Modalités d’envoi et de format de la nouvelle

La nouvelle devra faire au maximum 6000 signes espaces incluses et être présentée en police 12, Times New Roman, interligne 1,5. Elle devra être obligatoirement envoyée sous format PDF et porter le nom de famille et/ou d’auteur du texte, ainsi que le titre de la nouvelle. À partir du moment où le fichier sera posté, il ne sera plus possible de le modifier. Un seul texte par participant est accepté. Si plusieurs étaient envoyés, ils seraient tous irrecevables.

Concours participatif avec possibilité de suivre 2 ateliers en ligne

Pour accompagner l’écriture de votre nouvelle, nous vous proposons d’assister à deux ateliers d’écriture en ligne. Rendez-vous les mardi 25 juin et mardi 9 juillet à 18 h 30 sur notre plateforme Teams avec notre animatrice Béatrice Limon, afin d’aborder l’écriture d’une histoire autour du thème du concours. Si vous ne souhaitez pas assister à ces ateliers, vous pouvez simplement nous envoyer votre nouvelle, elle sera prise en compte au même titre que les autres participants.

Mardi 25 juin 2024 : Esprit des lieux : écrire une maison par son décor (Béatrice Limon). 18h30 – 20h30

Mardi 9 juillet 2024 : Le goût des maisons : nourrir sa nouvelle dans la cuisine (Béatrice Limon). 18h30 – 20h30

Frais de participation : 25 euros.

Lien d’inscription ici.
Annonce des résultats

Les résultats seront communiqués aux dix premiers lauréats le 2 septembre par mail. Les dix textes distingués par le jury seront soumis au vote du public du 6 au 12 septembre sur le site de L’Inventoire.

Les résultats seront communiqués aux 4 prix décernés par le jury, d’une part, et par le public, d’autre part, le 14 septembre lors de la remise des prix, dans le cadre de la journée des Portes ouvertes d’Aleph-Écriture.

Jury

Le jury du concours de nouvelles 2024 sera composé d’écrivains et animateurs à Aleph-Ecriture, Danièle Pétrès, Pierre Ahnne, Béatrice Limon, et de Bernardo Toro, directeur éditorial de la revue Rue Saint Ambroise.

Réglement : 2024 – Reglement du concours de la Nouvelle Aleph-Inventoire.
En résumé
  • Le thème : “Maison(s)”
  • Jusqu’à 6000 signes maximum (espaces comprissauf le titre)
  • Une seule participation par personne
  • Mardi 18/06 : ouverture des inscriptions
  • Mardi 25/06 : premier atelier de lancement animé par Béatrice Limon
  • Mardi 09/07 : deuxième atelier animé par Béatrice Limon
  • Mardi 30/07 : fin du concours
  • Lundi 02/09 : résultats du concours annoncés aux 10 lauréats
  • Vendredi 6/09 au 12/09 : vote du public
  • Samedi 14/09 : annonce des 4 prix décernés
  • Publication du 1er, 2ème et 3ème prix de la nouvelle dans la revue Rue Saint Ambroise
  • Publication du prix du public de la nouvelle dans le N°3 du magazine « La machine à écrire », ainsi qu’un abonnement d’un an au magazine.