Femme de – PN95 | Photographies à textes, à l’espace Beaurepaire

PN 95 est un collectif formé par des photographes issus de l’Ecole de l’image des Gobelins. Réunis par Thérèse Gutmann à l’espace Beaurepaire, l’exposition « Des récits de femmes » est à découvrir jusqu’au dimanche 23 septembre.

Femmes de/Des récits de femmes présente les travaux de six photographes: Giovanni AMBROSIO, Bruno BEUCHER, Clémence DANON BOILEAU, Thérèse GUTMANN, Lola KHALFA, Laurence VON DER WEID. De la maternité à apprivoiser de Clémence Danon Boileau, au dialogue à renouer avec son enfance à travers les lettres non envoyées de Thérèse Gutmann, l’exposition propose des portraits de femmes qui parlent en leur nom.

Thérèse Gutmann
Thérèse Gutmann

Dans la série intitulée « Des émotions enfouies. Des lettres écrites jamais envoyées« , Thérèse Gutmann met en scène des lettres fictives écrites à son père, sa mère ou sa grand-mère sur du papier emprunté à des hôtels de luxe à travers le monde. Ces lettres poétiques dialoguent avec des images d’une nature glaciaire, qui n’illustrent pas les lettres mais portent une forme d’émotion intérieure qui a procédé à leur écriture.

Ainsi, le rapport entre le texte et l’image se révèle audacieux dans sa volonté de se dissocier de la poésie adressée, directe et universelle en produisant un monde beaucoup plus complexe, par un jeu d’images qui se répondent sans se référer explicitement aux lettres.

Un exemple du rapport du texte à l’image qu’on aimerait voir édité en livre, où la force de la poésie de lettres jamais envoyées pourraient enfin être reçues par le lecteur, et les émotions enfouies des photographies, nourrir l’imaginaire d’un espace mental aux images impossibles.

Plus loin, on est frappé par le travail de Clémence Danon-Boileau que la photographe elle-même refuse de nommer puisqu’elle l’intitule « Sans Titre », comme si devenir mère la privait des mots nécessaires, pour transposer cette nécessité dans l’image, qui l’apprivoise…

« Je suis mère.
Sors de moi corps étranger !
Rencontre naturelle, mensonge.
Violence de la découverte.
 
Abysse de ta dépendance absolue :
« S’il te plaît apprivoise-moi » ».

Clémence Danon-Boileau

Un travail à la fois saisissant et délicat, qui permet de découvrir d’autres séries à l’univers énigmatique, qui se rapproche de celui de Todd Hido.

Un univers entre mots et images, à découvrir jusqu’au dimanche 23 septembre 2019.

Danièle Pétrès

Espace Beaurepaire
28, rue Beaurepaire – 75010 Paris – M° République ou Jacques Bonsergent