« L’odeur de la nuit était celle du jasmin », FLORE aux Beaux-Arts de Paris

Les souliers d’or de l’amante, la moiteur, la beauté du Mékong et les dangers de la nuit… la photographe FLORE, lauréate du Prix Nadar 2020 nourrit sa recherche photographique de l’univers où a grandi Marguerite Duras.

Après « Lointains souvenirs », sa première série autour de l’adolescence de l’écrivaine, FLORE continue à « inventer photographiquement » une Indochine mythifiée, dans son livre : « L’odeur de la nuit était celle du jasmin », Editions Contrejour (Octobre 2020). Une exposition lui est actuellement consacrée au Palais des Beaux-Arts de Paris.

Nourrie des récits des grands-parents de l’artiste photographe qui ont vécu à la même époque et sur les mêmes lieux que Marguerite Duras, ce livre, fruit de deux de travail, entremêle des phrases de l’écrivaine et des photographies prises au moyen-format, dont les tirages sont virés au thé puis cirés. La fragile photographie en noir et blanc matérialise leur imaginaire commun.

Comme un travail d’archéologue d’une mémoire archaïque, la photographe réinvente son origine en écho aux mots de Marguerite Duras « Je suis quelqu’un qui ne sera jamais revenue dans son pays natal ».

De ces images s’échappent la ténacité du rêve, le péril du silence et le mystère du souvenir. Ce magnifique livre monté à la japonaise, égrène ses pages d’or en hommage aux souliers dorés de l’adolescente du livre L’ Amant; les photos sont petites, sombres, faisant face aux phrases capturées par la page.

Des tirages sur or et sur papyrus sont à découvrir au Palais des Beaux-Arts en regard du livre. Une sublime traversée du temps.

DP

Exposition jusqu’au 31.01.2021 : FLORE « L’odeur de la nuit était celle du jasmin » au Palais des Beaux-Arts de Paris.

« Qui ne dira jamais l’odeur de la terre chaude qui fumait après la pluie. L’odeur de certaines fleurs. Celle d’un jasmin dans le jardin ». Marguerite Duras

« Un voyage dans le temps, agrandit le monde d’espaces insoupçonnés, en saisissant quelque chose qui n’a pas nécessairement existé mais dont on accepte le postulat, cette vie qui aurait été vécue il y a presque 100 ans et que Marguerite Duras raconte dans ses livres » (NdL).

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