Le temps des maisons / Semaine 4 : Robert Beltran

En réponse à notre appel à écriture, « L’affût un style de vie », voici un texte et une photo de Robert Beltran

Le couvre-feu a été décrété.

Dans la journée, les rideaux de l’appartement sous les toits, en face de ma fenêtre, sont tirés. La ville est silencieuse, d’un silence repoussant. La nuit venue, j’aime scruter, avec attention, la rue et l’énigmatique baie qui me fait face.

Aux aguets, j’observe avec une minutie qui me surprend, la rue désertée. J’entends et je vois le silence, tenu en haleine. L’attente me fige dans une observation obsédante. Mon attention, fixée sur cette fenêtre mystérieuse, raidit mon corps endormi. Le temps s’efface. Il fait sombre et mes yeux prennent plaisir à cette obscurité. Rien ne se passe. Soudain, le voilage de la lucarne s’éclaire, d’un jaune fanée. Une ombre paraît se mouvoir derrière. Castelet de mon enfance, je suis ébloui. Mon regard vacille. Cette apparence bouge étrangement. Ma vision me jouerait-elle des tours ? L’illusion s’arrête brusquement. Je perçois un télescope fixé vers ma fenêtre.

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