Le temps des maisons / Semaine 5 : Isabelle Vilain

En réponse à notre appel à écriture, « La maison farfelue », voici un texte et une photo d’Isabelle Vilain

Scarlett.

Réflexion faite.

Ce n’était pas la guerre, et pourtant nous ne pouvions pas marcher dans la rue sans une billette qu’il nous fallait sortir de notre poche à chaque barrière ; les flics étaient sévères et si le mot était mal rédigé, s’il manquait un accent sur une lettre ou un point sur un i, c’était l’amende immédiate ou la prison sans jugement.   

Nous avions tous accepté d’ériger nous-mêmes les murs qui nous séparaient les uns des autres et nous emprisonnaient dans nos foyers affaiblis par la terreur de la mort savamment instillée dans nos esprits amollis depuis des lustres.

C’est pour notre bien, nous en étions persuadés.

Alors nous nous sommes séquestrés volontairement. Au début, nous ne savions que faire de tout ce temps habituellement passé dehors, avec nos collègues ou nos amis.

Alors, c’était le printemps au jardin, nous nous sommes dit qu’il serait agréable d’observer deux papillons : alors, ça là et ça là, n’est-ce pas ? Comme ça ? Non, comme ça…

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