Partir pour écrire

Écrire dans une ville inconnue, dans un château, au bord de la mer, tout proche de la nature ; écrire en écoutant de la musique ou en marchant… Avez-vous déjà eu envie de de larguer les amarres pour écrire ?

Prendre de la distance pour quelques jours peut en effet permettre de renouer avec l’écriture. Il arrive que l’écriture soit empêchée par le quotidien. La vie de tous les jours est synonyme de contraintes. On est enfermé dans des routines professionnelles ou personnelles dont on n’arrive pas toujours à s’échapper.

En quittant son lieu de vie, on s’accorde du temps pour écrire, mais on s’offre aussi la possibilité d’accéder à un lieu neutre, qui peut être propice à l’écriture. Or l’écriture consiste justement à s’échapper du cadre. Quand on écrit, on s’engage dans un trajet inconnu. Sortir de sa zone de confort, entrer dans un certain inconfort peut engager l’écriture dans de nouvelles directions… Comme les contraintes que certains écrivains se donnent pour écrire, un lieu nouveau peut être une source féconde pour l’écriture.

Quand on écrit en plein air, on est traversé par les éléments, le vent, la pluie, la chaleur du soleil ; mais aussi par les bruits qui nous entourent, les bribes d’une conversation chuchotée, le raclement de la mâchoire d’une tractopelle sur le sol, le frémissement des vagues… Tout cela colore l’écriture de manière plus ou moins directe.

On peut aussi choisir un lieu qui sera, en tant que tel, source d’écriture. Quand on va passer quelques jours à Berlin, Cracovie, Lisbonne ou Florence, on écrit avec les monuments, l’architecture, la matière des pierres, la teinte des tuiles ou des ardoises mais aussi ce qui est impalpable, l’atmosphère, les odeurs, les sonorités de la langue… On peut tout aussi bien se dépayser en changeant simplement de région. Arles ou La Rochelle n’ont pas la même saveur.

Le lieu peut être également au cœur de l’écriture. On renouvelle ses sujets, on ouvre de nouvelles portes. Les peintres du XIXème siècle, qui allaient au paysage, ont ressenti la nécessité de sortir de leur atelier pour renouveler leur palette de couleurs. Partir permet à ceux qui écrivent de vivifier leur écriture.

Parfois, l’ailleurs est une nécessité pour le projet que l’on s’est fixé. On se déplace pour mener l’enquête et nourrir un chantier d’écriture déjà entamé. Les écrivains enquêteurs comme Philippe Jaenada ou Anne Bérest pratiquent ces séjours de travail pour se documenter et se confronter au réel. Pour d’autres auteurs, c’est l’expérience vécue dans un lieu inconnu qui a suscité un projet d’écriture. Pete Fromm avec Indian Creek et auparavant Edward Abbey avec Désert solitaire, ont, tous les deux, publié ces textes des années après leurs séjours dans la nature.

Alors si vous aussi, vous avez envie de sortir du cadre pour écrire, Aleph-Écriture propose une cinquantaine de résidences d’écriture en 2026, avec des séjours plus ou moins longs (du week-end à la semaine) dans plusieurs régions de France et dans des grandes villes européennes …

Camille Berta

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