« Après l’orage », de Marie Do Haas

Après l’orage

 

Dieu me parle tous les matins entre huit heures et dix heures.

Ce matin il m’a dit : « Vas t’asseoir dans le petit parc. Tu attendras le temps qu’il faudra, c’est la condition impérative au renouvellement de notre contrat pour un an ».

Et l’orage éclata.

J’étais assis sur ce banc depuis quelques minutes.

Mon pantalon était mouillé, mes pieds aussi. J’avais froid et un peu faim.

Soudain, je les ai vues derrière un buisson, elles brillaient dans un tas de feuilles mortes.

 

Elle est passée devant moi et m’a fixé quelques secondes.

— Vous n’avez pas trouvé un trousseau de clefs par hasard ?

Dans ma poche, le métal s’incrustait dans la chair de ma paume.

Je m’entendis répondre « Non ! »

Elle a atteint les grilles du parc. Je l’ai suivie.

 

Elle est arrivée devant une petite maison posée comme un jouet au milieu d’un jardin en friche. Elle a fait le tour en fouillant les herbes, puis elle est repartie vers le parc.

Les clefs dans ma poche étaient brulantes.

J’en ai saisi une. La porte s’est ouverte.

La baignoire était remplie, j’ai plongé ma main dans l’eau, elle était tiède et douce.

Je me suis déshabillé, je me suis allongé dans l’eau, mon corps ne pesait plus rien, j’ai pensé que j’avais une âme.

La porte d’entrée a claqué. J’ai remis mes habits sans m’essuyer.

— Vous n’avez pas vu mon mari par hasard ?

Je ne sais pas pourquoi je lui ai répondu : « C’est moi ! »

 

Elle s’est avancée lentement, je l’ai serrée dans mes bras, elle a souri et elle a dit : « Demain huit heures ?

Marie Do Haas

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