« Goudron forme lisière » Sarah Dufeutrelle

 

De la taille de ton faîte

J’aperçois demain

courir ou

s’éloigner

 

 

Tes yeux

par la fenêtre

je ne comprends rien

c’est peut-être le toit qui

m’inquiète ou

tes mains

 

 

Goudron forme lisière

dans ma

tête

forêt n’efface plus passé poreux

je veux un resserre-joint

 

 

Mémoire rapportée

dans les poutres

pour verre à

deux brosses à dents

et fenêtre aux doigts-cœurs

séchés dessus

 

 

Enfin c’est au-delà

de l’escalier

que j’ai signalé

le péril

imminent

 

 

Mon ventre était entartré

il a fallu balayer

longtemps pour

retrouver la sous-couche

origine

 

 

Un chemin en sous-bois

des virages qu’on évite

je t’ai contourné

j’ai léché le sel

des pierres

au sol

elles m’ont consolée

 

 

Il a fallu rentrer

être incomprise

se savoir débarquée

de la céramique

de notre histoire

 

 

Tu avais acheté le vernis

seulement pour dehors

balcon terrasse vitrine jardin

des façades

jamais des dedans

 

 

Aujourd’hui

je m’offre une maison bleu pâle

seule

une idée de

l’abri mousse

une pensée qui racine

sur le plancher natal

 

 

L’odeur du sans-mite

me donnait la nausée

je te lessive

hors de

notre musée maison

je te laisse

hors de nous

 

 

Tu fuis

ou tu t’égares

ne dépose rien

sous le paillasson

je sais changer

ampoule et siphon