le chemin qui fume
le chemin sillonne
il n’est jamais droit
on ne sait pas pourquoi
il tourbillonne
si les enfants savent ils ne disent pas
souvent il serpente
en volute la fumée monte dans le ciel
à l’intérieur des gens s’y réchauffent sûrement
à l’intérieur d’un dessin d’enfant
il y a toujours une porte
toujours deux fenêtres
souvent les rideaux sont ouverts
le jour s’invite
on peut frapper
on peut entrer
l’ogre on l’évite
sur le chemin
on ne croise personne
aucun petit bonhomme
comme s’ils savaient déjà que le chemin serait long
comme s’ils savaient déjà que le chemin serait étroit
on monte
on grimpe
c’est un chemin qui ne descend pas
au fond
dans le coin
le soleil brûle le papier
d’un jaune incandescent
ses rayons dardent sur le blanc
une ligne bleue pour le ciel
souvent des nuages s’amoncellent
jamais un ciel tout bleu
les nuages se grisent
prêts à crever
parfois quelques gouttes
jamais trop
les nuages gardent la pluie pour eux
ils préfèrent laisser la place au soleil
parfois une fleur vise le ciel
elle est posée
sur un morceau de terre
au bout de sa tige
elle s’agrandit
avec ses bras en forme de feuilles