« Le chemin qui fume » Bénédicte Durteste

 

le chemin qui fume

 

le chemin sillonne

il n’est jamais droit

on ne sait pas pourquoi

il tourbillonne

 

si les enfants savent ils ne disent pas

 

souvent il serpente

en volute la fumée monte dans le ciel

à l’intérieur des gens s’y réchauffent sûrement

 

à l’intérieur d’un dessin d’enfant

 

il y a toujours une porte

toujours deux fenêtres

souvent les rideaux sont ouverts

 

le jour s’invite

on peut frapper

on peut entrer

l’ogre on l’évite

 

sur le chemin

on ne croise personne

aucun petit bonhomme

 

comme s’ils savaient déjà que le chemin serait long

comme s’ils savaient déjà que le chemin serait étroit

 

on monte

on grimpe

c’est un chemin qui ne descend pas

 

au fond

dans le coin

le soleil brûle le papier

d’un jaune incandescent

ses rayons dardent sur le blanc

 

 

une ligne bleue pour le ciel

souvent des nuages s’amoncellent

jamais un ciel tout bleu

 

les nuages se grisent

prêts à crever

parfois quelques gouttes

jamais trop

 

les nuages gardent la pluie pour eux

ils préfèrent laisser la place au soleil

 

parfois une fleur vise le ciel

elle est posée

sur un morceau de terre

au bout de sa tige

elle s’agrandit

avec ses bras en forme de feuilles