Habiter ses chantiers d’écriture (1) : Vers un art de la résidence

Biarritz / 15-22 février 2020 : Restitution polyphonique de la résidence d’écriture Aleph

La résidence d’écriture, qui a pour objectif l’accompagnement des chantiers de chacun-e, constitue à la fois un dispositif coopératif pour les auteurs ; et un dispositif de formation possible, pour les personnes qui suivent depuis longtemps des ateliers d’écriture et souhaitent finaliser un chantier (recueil, roman, etc.).

Elle « booste » les projets d’écriture individuelle, propose un mode de vie privilégiant le respect de l’écriture de chacun, l’attention à autrui et la coopération.

Elle forme une nouvelle et passionnante tesselle au sein de l’offre d’Aleph-Écriture, complétant les cycles modulaires centrés sur la conduite de projets personnels d’écriture et les accompagnements individuels à la rédaction de manuscrits complets (lectures-diagnostics). La présentation détaillée de ces résidences peut être demandée à Aleph-Écriture (www.aleph-ecriture.fr).

Une série de trois articles écrits par les participants de la résidence d’auteurs de Biarritz permet aux lecteurs de L’Inventoire d’en partager l’essentiel – à défaut, un jour, de le vivre. Nous publions aujourd’hui l’article 1.

Article 1 : Vers un art de la résidence (lieux et personnages – disparaître – écrire)

Article 2 : L’affirmation des écritures (faire résidence – résister ensemble à l’auto-effacement – aimer nos chantiers)

Article 3 : Le partage de l’essentiel (cultiver la bienveillance – faire et recevoir les retours – savoir se compromettre – faire résidence après la résidence)

Vers un art de la résidence

Lieux et personnages

Cette résidence « Chantiers » est la seconde que partage un groupe initié par Marianne Jaeglé, Catherine Berthelard et Alain André. La première a eu lieu du 23 février au 2 mars 2019 dans l’immeuble du « Ciel » de Royan, avec quatre participants. Ce moment de partage s’était décidé en septembre 2018 en marge du séminaire de rentrée de l’équipe d’Aleph-Écriture, dans les locaux parisiens de France Langue.

C’est de nouveau une école de français-langue étrangère, dépendant de France Langue, qui a accueilli la résidence 2020 à Biarritz. Elle est installée dans une villa biarrote, à laquelle on a jouxté une demi-douzaine de studios au rez-de-chaussée ou au premier étage et un appartement en mauvais état ; tout cela est d’ailleurs en vente, France Langue se réinstallera dans un immeuble différent, les choses et les temps changent. La villa hébergera sans doute des surfeurs, l’appartement près de l’entrée pourra abriter les planches. Ce n’est pas une friche pour autant, mais un bel endroit, en plein centre-ville.

La Résidence, lieu de béguinage

Le béguinage, parfumé de lis et de silence, est au cœur de la ville comme un rêve au milieu d’un rêve, dit Pierre Nothomb.

Il est au cœur du monde et un peu à l’écart, un espace ouvert sur l’intérieur.

On y croise une béguine, assise sur les marches, un stylo à la main au soleil du midi, d’autres rentrant du bord de mer, rieuses, le regard encore chargé des brumes de l’océan.

Ou encore un bégard absorbé par ses lectures du matin, de retour du marché avant de reprendre l’écriture.

Leurs feuillets, leurs livres s’étalent dans les chambres, s’échangent, se côtoient. Loin de l’agitation et des mouettes fébriles, béguines et bégards se rassemblent en fin d’après-midi pour discuter avec passion des textes écrits et le soir autour d’une table pour partager le repas préparé par l’un ou l’autre, se disent des poèmes, se chantent une ritournelle, se racontent leurs rêves.

(Astrid de Laage)

Hic sunt leones

Entre notre cour et le jardin voisin, un haut mur. Dépassant du mur, tendues vers le ciel, dans un geste de supplication, les branches supérieures des platanes du jardin d’à côté.

De là où je me trouve, ces branches épaisses, noueuses, dénudées de tout feuillage, semblent les gardes de pierre moussue que l’on voit à l’entrée de certains temples, en Asie ; monstres ouvrant des gueules menaçantes, crocs émoussés par les intempéries et le passage des siècles.

Assise dans la cour, mon cahier sur les genoux, mon stylo à la main, je me laisse emporter. Juste de l’autre côté du mur, il me semble voir ce qu’autrefois on lisait sur les cartes anciennes : l’inscription Hic sunt leones, signalant les contrées inconnues, inexplorées. Juste de l’autre côté du mur commence l’inconnu, le sacré, ce qui reste à découvrir. À portée de stylo, juste de l’autre côté.

(Marianne Jaeglé)

Résidence France Langues Biarritz

Avant Biarritz

À Royan, j’avais apporté quelques nouvelles, issues d’un long travail entrepris à partir de mes rêves. La plupart étaient comme « tombées de l’arbre ». D’une façon assez éloignée de mes idées a priori sur le travail de l’écriture, je me réveillais à trois ou à cinq heures du matin, croyais noter un rêve. L’habitude de les écouter façon freudienne, en associant systématiquement à partir de chaque segment de phrase noté dans le récit de rêve initial, me faisait parfois écrire une nouvelle, en vérité comme dictée. Certaines étaient aimantées par le souvenir de femmes de rencontre ; d’autres par la rencontre imaginaire d’écrivains (Tabucchi, Borges). Les retours des résidentes m’ont convaincu que j’avais la matière de deux recueils mais différents : il fallait commencer par choisir, au nom de l’unité du recueil à venir. J’ai obtempéré, et comment, avec des lectrices pareilles…

Et puis j’avais apporté des poèmes, beaucoup, trop de poèmes, eux aussi le plus souvent « tombés de l’arbre », écrits dans l’instant ; des poèmes dont je n’étais pas content, oscillant entre le vers-librisme à l’américaine et une métrique corsetée. Là aussi, les retours m’avaient  déjà permis de faire le tri, d’imaginer un chemin.

(Alain André)

Arrivée, Ailleurs

Arrivée,

Le studio, la terrasse, la lumière,

Du temps devant soi …

Inouï.

Une semaine d’écriture enfin ?

Avant même d’ouvrir le cadeau inespéré,

Gratitude …

Assise sur la terrasse, silence murmurant des ramiers, je contemple face à moi, et j’aime, les palmes immenses. Gravement, gracieusement, elles m’accueillent : bienvenue chez toi.

Rencontrer les cinq autres, tous quasi inconnus. M’efforcer d’apaiser la peur de l’Autre. Avancer à petits pas vers chacun, chacune. Reconnaître des résonances, des accords en sourdine, des silences, des façons d’être en humanité. Écouter nos mots communs, chaque fois uniques. Rester soi, absolument soi. Au risque d’être soi en silence. C’est ça l’enjeu : écrire, écrire devant les autres et rester soi. Peur d’être rejetée. Mais audace de René Char : À te regarder, ils s’habitueront. Risque vital pour être vivante.

Arrivée, Ailleurs. L’ailleurs est à portée de main pourtant. L’ailleurs, c’est Soi. Soi dans la chambre intérieure. Celle où on ne rentre presque plus faute de temps – excuse dérisoire – faute de respecter cette injonction : tu as envie d’écrire ? Écris !

Tu as envie d’écrire ? Écris.

Et crie

Et trace

Laisse l’étrave du stylo prendre sa route

Sur la page enfin ouverte

Comme est ouverte la séance

Comme est ouverte la fenêtre au vent de mer

(Renée Combal-Weiss)

Prière de résidence

Parfois en me levant ici

Me viennent de drôles de pensées

C’est peut-être le dernier jour de ma vie qui sait

Ce matin, j’y ai songé

En voyant ce ciel devant l’entrée du studio

Tellement bleu

Tellement beau

Pas de blague

Je veux en profiter

Toute la journée

Laissez-moi au moins jusqu’à la nuit

Toute la semaine

Laissez-moi au moins jusqu’à samedi

Et demain

Ma petite prière

Involontaire

Je la recommencerai

(Alain André)

Six personnages en quête d’histoires

Sur notre scène de théâtre provisoire, installée à Biarritz, nous prenons possession de l’espace. Se distribuent les places côté cour ou côté jardin. Qui sur la gauche, qui devant, qui veillera en haut ? Qui la troisième face du cube, la cinquième branche, le sixième sens ?

Sur le devant, près du rideau, sont posés des décors et des malles de costumes.

Lorsque nous montons sur la scène, des histoires venues des coulisse, s’avancent vers nous et s’arrêtent là. Elles nous interrompent. Enjouées, elles nous expliquent qu’elles recherchent des personnages à incarner. Pour, disent-elles, les mettre en scène.

Sommes-nous preneurs ?

Elles souhaiteraient être entendues, écoutées, comprises. Qu’on les traduise  le plus justement possible. Et, ajoutent-elles avec espoir, que l’on puisse porter leurs messages avec force pour qu’ils soient entendus aux quatre coins du monde.

Voyageant dans l‘esprit de chacun, elles poursuivront leur cortège de conversations. Elles continueront de tisser encore et encore, des liens entre les vivants.

C’est ainsi, depuis la nuit des temps. Les histoires sortent de l’ombre, reviennent sur le devant de la scène, retrouvent dans la lumière, la mémoire.

(Catherine Berthelard)

Mode cavernicole

Le bonheur de la retraite protégée passe même l’envie d’océan. Trois jours, je resterai trois jours dans ma petite caverne douce – thé, mandarines, silence, ramiers de printemps, palmes – avant d’aller saluer la mer. Et la chambre intérieure restera ouverte, malaisée, féconde, familière et surprenante, silencieuse parfois, et parfois tellement bruissante que je ne m’y retrouverai pas. Alors lire. Lire les cinq autres. Ils sont devenus les amis en écriture. Entendre leurs mots jusque dans la chambre intérieure, lire vraiment.

Arriver ailleurs, c’est arriver – enfin – chez soi. S’autoriser enfin à advenir à Soi-même. Soi qui attend depuis longtemps les mots qui veulent vivre. Les mots qui rendent vivant.

Car on est au monde,

Acteur du Temps

Acteur de Beauté

Lorsqu’on écoute la Vie

Depuis sa chambre intérieure

(Renée Combal-Weiss)

Personnages

Quatre à Royan, six à Biarritz, sans doute le bon chiffre, celui qui correspond aux groupes de projet. Marianne Jaeglé, Catherine Berthelard,  Hélène Massip et Alain André, Astrid de Laage et Renée Combal-Weiss (présentations en fin d’article).

Groupe coopté, à l’intuition. Conduite coopérative : pas d’animateur de la résidence, tous animateurs de la résidence. Les résidents partagent, sans que cela ait été explicité avant la résidence, une robuste culture commune. Ils écrivent depuis longtemps, ont souvent publié, dans des registres variés, animent des ateliers d’écriture pour Aleph, ont suivi de longs parcours analytiques. Nous savons les ruses et les patiences de l’accompagnement, nous savons fomenter l’émergence inopinée de l’inattendu, nous savons la circulation des inconscients et les jubilants instants de dégagement qu’ils engendrent. (Alain André)

Disparaître

S’évaporer

L’expérience cardinale de la résidence se joue en amont de la rencontre elle-même. Dans l’aptitude à organiser sa propre disparition. Il n’est pas toujours facile de se dégager des obligations courantes, métier, famille, pour dégager le temps d’une résidence annuelle ; il est encore plus difficile de dégager la possibilité de disparitions régulières.

Au Japon, chaque année, plusieurs milliers de personnes disparaissent chaque année. On ne retrouve pas leurs chaussures sagement alignées en bord de mer, elles ne se sont pas suicidées. Elles « s’évaporent », avec l’aide souvent de cabinets spécialisés, autant juristes que déménageurs, qui préparent le scénario, en effacent les traces, créent ailleurs de nouvelles identités. La honte sociale est le premier ressort de ces évaporations : on a fait des dettes, on a perdu la face.

Nous, nous disparaissons fièrement. Nous avons à écrire, à chercher, à échanger parfois, à fabriquer des objets pour des lecteurs à venir. Pour cela, nous avons besoin d’être seuls. Foin du travail et des obligations ordinaires. On est en règle, mais on a combiné un chemin moins fréquenté, de loin en loin. On ne coupe pas totalement les ponts, on se met à l’abri, à l’écart du monde. On fait retraite, à tout âge. Flèche de tout bois, la complicité d’une institution, d’un couple d’amis disposant d’une résidence secondaire. Seuls, ou en groupe. En groupe, c’est une semaine, du samedi au samedi, calée sur le rythme trompeur des vacances. Une semaine d’hiver, mais en plaine. Ou d’été, à la montagne. Et pas quand la fête du tourisme bat son plein.

Ce n’est pas un scoop. Virginia Woolf a fait l’éloge de l’indispensable « room of one’s own »– une chambre ou plutôt un lieu à soi. Nina Berberova celui du « no man’s land ». Enrique Vila-Matas a explicitement fait l’éloge de la disparition comme condition de toute pratique artistique. Faire un pas de côté, s’éloigner de la famille, du groupe. En finir avec la mélancolie, la dépendance. Être capable de « tenir entre quatre murs ». Avoir apprivoisé la jouissance intense de la solitude choisie. C’est cette force qu’alors on peut apporter au groupe, au sein d’une résidence choisie, entre solitaires solidaires.

J’ai une liste. Quand je pars, ça va vite, je rassemble le kit de disparition. Des bougies et des allumettes. Un couteau, un autre pour les huîtres. Un ouvre-boîtes, un tire-bouchon. Une table de camping si je peux prendre la voiture (il manque parfois une simple table, alors une table d’appoint pour l’ordi, faut pas rêver). Des prises multiples et chargeurs. Un appareil-photo. Ma cafetière à pompe, une cuiller à thé, du chocolat. Etc. Faites votre propre liste. Kit de survie. Camping spirituel. Construire un feu, vous avez lu ça, il faut se préparer, ne pas mourir de froid, ne pas tomber en panne d’écriture. Transformer la chambre louée ou prêtée en yourte solitaire, en hutte sioux, en repaire de chamane. Débrancher le reste du monde. De loin en loin, passer un coup de fil, acheter un journal, à l’ancienne, ou aller marcher jusqu’à la mer ou jusqu’au sommet, même modeste, une colline fait l’affaire. La plupart du temps, on n’y pense pas, on pourrait oublier. On écrit le jour, on écrit la nuit, on écrit à toute heure. On écrit.

C’est que, même dans ce temps de partage de la résidence collective, il ne s’agit pas d’attendre que l’inspiration vienne toute seule : que les ortolans rôtis vous tombent tout seuls au fond du gosier (merci à Raymond Queneau pour la formule). Du coucher au thé du lendemain après-midi, on est livré à soi-même. À la peur ou à l’urgence d’écrire, au besoin d’aller marcher ou de faire un tour au marché, de fuir, de disposer ses propres rituels d’écriture. Tous les conseils qu’on a lus (Annie Dillard, Dorothea Brande, Pascal Quignard et les autres), il n’est plus temps de les relire : on les a métabolisés, on met en acte. Plus tard, on se retrouve, on fait infuser, on croque un bout de chocolat, on se met au travail ensemble ; puis on dîne, point trop tard ; on boit un coup, sans excès, ça chasse les rêves. Et on se met à l’écart. Intérieur nuit (rêves, notes). Intérieur jour (écriture, lectures, courses). Extérieur nuit (promenades nocturnes). Usines à rêves. Attention travaux ! On se fait son cinéma. Silence, on tourne. Moteur !

On s’occupe de soi. On intériorise. On imagine. On produit. On laisse émerger. On retravaille. On se perd et on se retrouve. On sort et on marche. On se fait moine étrangement. Culture du confinement choisi. Même si cela résonne autrement en ces temps de Covid-19. Volontaire, érémitique, paradisiaque.

(Alain André)

Écrire

À l’horizon… les mots

Écrire sur une terrasse de café face à l’océan, écrire dans nos chambres, sur la table de la cuisine, dans le fauteuil du studio, dans le bar de la côte, derrière le phare, à la droite de l’église Sainte-Eugénie. Écrire avec vaillance, comme un équipage déciderait de prendre la mer. Écrire le plus possible et puis se donner à lire, en fin de journée, l’avancée de nos chantiers d’écriture.

Être animateur d’ateliers nous rend plus exigeant avec nos textes et les textes des autres. Chacun cherche à nommer les désirs, les freins et les obstacles qu’il rencontre. Chacun cherche à nommer la singularité, le cœur de l’œuvre dans l’écriture des autres, sans le flatter, ni le ménager. Quand le bateau tangue, s’il perd le cap, l’équipage vient en renfort. Si le bateau prend trop de gîte, chacun prend des ris. Le voyage est beau, le voyage est long. Nous savons que pour traverser les tempêtes, il nous faut rester soudés. Alors chacun depuis sa couchette, durant son quart ou son tour de cuisine, cherche à faire en sorte que chaque équipier soit meilleur. S’il l’est, nous le serons aussi. Et lorsque nous arriverons au port, émus et victorieux, nous lèverons nos verres à cet équipage soudé, sérieux et solidaire qui a réussi sa traversée.

Tout repose en chacun, la lumière du matin

le refrain des embruns, le chant des marins.

Tout repose ici, le granit qui défie l’eau

l’écume blanche gisant aux pieds de la mer grise.

Tout repose toujours sur la force, le souffle

sur le pouls de l’instant qui bat la mesure du début et de la fin.

Tout repose ici, maintenant, toujours.

(Catherine Berthelard)

Instructions pour écrire de la fiction

D’abord, c’est un arrachement.

Il faut fixer un morceau de sa peau quelque part

En clouer un bout dans le parquet, en coincer un morceau dans un tiroir,

Ensuite il faut tirer

Tirer

Tirer encore

Même si ça fait mal, tirer, oui, tirer fort

Et soudain ça y est

On sent un air différent

On se retourne

On voit sa peau

Sa vieille peau

Sa peau à soi

Elle est restée attachée, prise dans le tiroir

Ou clouée au sol

On la voit de loin, flasque et usée

On se sent alors tout léger

On rit, on flotte

On est libre

Libre d’entrer alors dans une orange

Une chauve-souris

Une petite fille qui joue au ballon

Libre d’être Perséphone, ou un Dieu à tête de taureau

Libre d’habiter un destin, une histoire, un personnage, simplement, très simplement se glissant

Délicieusement dans sa peau.

(Marianne Jaeglé)

Réveil

Je me suis réveillé.

Le bateau tanguait-roulait sur le flot.

J’ai ouvert l’œil.

Mais non benêt !

Tu as oublié

De souffler la bougie

Et c’est sa flamme qui danse

Projetant une ombre mouvante

Sur les murs.

(Alain André)

Shakespeare

J’allume.

J’éteins.

Je rallume. J’écris. J’éteins.

Combien de fois cette nuit ?

Sans cesse, de trois à cinq heures.

Je me rendors, tiens il est sept heures, j’ai dormi deux heures.

Je rallume.

Combien de fois cette nuit.

Autant de fois que les pensées m’ont alerté,

Se sont imposées non stop sous mon crâne.

Yorick is back among us.

Pauvre Yorick.

Pauvres nous.

Appelés par la planète et

Ses prévoyants virus à

Dégager la zone.

(Alain André)

Alain André. Fondateur d’Aleph et référent pédagogique d’Aleph. Conduit des ateliers à La Rochelle. Auteur de romans (Denoël, Thierry Magnier), nouvelles et essais sur l’écriture et les ateliers (Syros, P.U.F.), notamment Devenir écrivain (Leduc.s, 2007 et 2018).

Catherine Berthelard. Conduit ateliers et formations d’animateurs pour Aleph et d’autres structures. Vit sur le Bassin d’Arcachon. Écrit de la poésie et crée des lectures musicales.

Renée Combal-Weiss. Conduit des ateliers pour Aleph à Paris et dans d’autres environnements. Écrit notamment de la fiction autobiographique.

Astrid de Laage. Conduit des ateliers pour Aleph, à distance et en présentiel en Charente-Maritime (Saint-Savinien). Auteure de nouvelles (Funambules, Mon petit éditeur, 2012) et d’un premier roman paru aux Éditions abordables : Le ciel bleu n’est pas photogénique (2018).

Marianne Jaeglé. Conduit le cycle professionnel Roman pour l’AFDAS. Auteur de Vincent qu’on assassine (roman, Gallimard, 2016, et « Folio ») et de Ecrire, de la page blanche à la publication (Scrinéo).

Hélène Massip. Conduit des ateliers pour Aleph à Lyon. Poète, auteure de L’affiloir des silences (Jacques André éditeur, 2016).

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