Dans le livre de Julia Kerninon « Coquilles », l’autrice nous fait part, dans sa prose limpide, du chemin parcouru des premiers écrits aux livres publiés. Un recueil poétique, paru aux éditions Le Castor Astral, où s’égrènent les difficultés à affirmer son désir entre vie de famille et vie matérielle, pour poursuivre coûte que coûte l’écriture.
Julia Kerninon « Coquilles », éd. Le Castor Astral, 2026
Ce livre nous parle de l’essentiel de la vie d’un auteur : le désir et la persévérance. Jour après jour, année après année, l’élaboration de l’écriture tient dans le soin qu’on prend à lui aménager une place centrale et quotidienne. Dans de courts textes pleins de poésie, Julia Kerninon revient sur son parcours, en distillant de courtes vignettes marquant chacune des moments de création attrapés dans la toile de ses journées. Coquilles, ce titre est à la fois la métaphore de ce qui éclot et de ce qui travaille les mots.
Extrait : « Faire des livres, découper les petits rectangles de papier, plier, agrafer. Des centaines d’agrafes. Toute mon enfance à fabriquer de petits livres. Ecrire sur mon automatique une ligne que la machine tape ensuite d’une traite, comme une mitraillette. Déplacer des mots. Sauter des lignes. Annoter au crayon de bois. Travailler roulée en boule ou droite sur l’escabeau de mon fils aîné, seule à la table de la salle à manger, dans le soleil du matin, dans la périphérie de Nantes« . En une centaine de textes courts et ciselés, Julia Kerninon travaille son obsession à travers des citations d’auteurs qui l’ont inspirée, des phrases attrapées au vol sur lesquelles elle revient pour s’interroger encore et toujours sur « comment apprendre à écrire »?
Ce livre où chaque fragment trouve sa place dans la mosaïque d’une vie entre projets, résidence et vie familiale, est un vrai bijou, et une forme de témoignage sur l’écriture et son usage au quotidien. Un manuel d’écriture intime, qui nous interroge sur notre propre pratique.
Danièle Pétrès
Lancer son projet d’écriture, voeux pieux ou désir assumé ? Du 4 au 6 mai à Paris
Ecrire oui, mais d’où partir, pas quel angle aborder un chantier d’écriture ? Si Julie Kerninon revient toujours aux textes de John Cheever, Aline Barbier propose d’autres sources, dont la pratique du journal pour développer une autonomie, une ouverture à soi et au monde : « une pratique qui permet d’installer une routine d’écriture. Le journal constitue ainsi le ‘laboratoire central’ : un terrain d’expérimentation, parfois révélateur pour les projets en gestation ».
Aline Barbier accompagne celles et ceux qui ont envie de commencer à écrire lors de son stage de 3 jours « Lancer son projet d’écriture » Le 4, 5 et 6 mai prochains.