Le temps des maisons / Semaine 4 : Pierrick Lemaire

En réponse à notre appel à écriture, « L’affût un style de vie », voici un texte et deux photos de Pierrick Lemaire

Il fait beau et chaud pour ce début de printemps ! Comme tous les matins, j’ouvre ma fenêtre, j’observe le chemin qui mène au bois du village. Une envie de vélo en pleine nature me gagne, vite contrariée par la vue de la barrière qui bloque le chemin à l’entrée du bois et sur laquelle est accroché le désormais célèbre arrêté préfectoral, interdisant les balades dans les bois en cette période de confinement.

Au moment où je me dis que je vais me contenter d’une ballade normée, sur route et à moins d’un kilomètre de la maison, j’aperçois un promeneur et son chien sortant du bois, en contournant la barrière, ou plus exactement en la déplaçant pour franchir l’orée du bois. Le chien lève la tête et semblant me faire un clin d’œil amusé, lève la patte sur la barrière pour marquer l’extension de son territoire.

Restant à la fenêtre, tout en profitant des rayons matinaux du soleil, j’aperçois un couple de promeneur, marchant d’un bon pas à tel point qu’ils semblent de pas voir la barrière et butent presque dessus. Le monsieur déplace la barrière en laissant galamment passer sa compagne en premier, avec toutefois un petit air satisfait semblant signifier « tu as vu ? d’une seule main » (une barrière en aluminium !)  

J’attends avec impatience le vrai sportif qui ne ralentira pas et franchira la barrière en sautant.

Mais c’est un écureuil, visiblement peu pressé qui traverse le chemin en trottinant sur la barrière.

Alors que je l’observe, un papillon blanc et jaune passe devant mes yeux ; en regardant attentivement le pré devant le bois j’en vois un autre, petit et de couleur bleu pastel. Je me fais la réflexion que les seuls papillons que j’ai vu dans ce village depuis des années sont toujours grands et blancs ; cette période particulière serait-elle propice au retour de nouvelles espèces ?

Tout à coup, un animal étrange saute sur la barrière : petit, noir, à plumes avec un bruit de gorge familier. Il s’agit bien d’une poule ; de ma poule qui me donne un œuf tous les matins et qui s’est échappé du jardin. Je me dirige aussitôt vers le bois pour tenter de lui expliquer ma peine extrême si elle ne rentrait pas dans notre foyer (hé oui, on s’attache).

A mon approche, elle m’observe d’un air méfiant, et alors que tout proche de la barrière, je tente un « attrapé de poule » (bond rapide, une main sur les pattes, une autre sur la tête, puis des mots doux) : un fiasco ! La poule vole d’un coup vers une branche proche à une hauteur d’environ deux mètres. Me voyant approcher, elle vole de nouveau et la voilà maintenant à trois mètres de hauteur ! Pourquoi ne lui ai-je pas coupé l’extrémité de ses ailes ? Quel ridicule d’être nargué par une poule-oiseau !

Mais n’est-ce pas réjouissant de voir une telle manifestation de liberté en plein confinement ?

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