Les recommandations de lecture de l’Inventoire pour la rentrée 2016

Ce mois-ci, avant les prix littéraires, toute l’équipe de l’Inventoire vous conseille la lecture des livres de la rentrée qu’elle a aimé. Voici 5 premiers livres à emporter à dévorer !

418ues2jwkl-_sx195_Conseil de lecture d’Arlette Mondon-Neycensas

Babylone (Yasmina Reza, Éditions Flammarion, 2016)

Deuil l’Alouette, huis clos dans un immeuble tranquille, lieu d’une fête puis d’un imprévisible crime. Babylone est moins un polar qu’une interrogation sur les lieux communs de notre vie, notre rapport aux objets, au langage contemporain et aux « concepts creux » comme « travail de deuil », « faire du lien » pour mieux saisir l’impensable de la disparition. Celle qu’annonce Elizabeth la narratrice, après avoir redécouvert un livre de photos de Robert Frank. « On est quelque part dans le paysage jusqu’au jour ou on y est plus »

Yasmina Reza nous livre un instantané à l’humour féroce sur la douleur et la difficulté d’avoir, durant un temps, à occuper ce paysage.

 

image-html78 moins 39 (Corinne Lovera Vitali, Éditions Louise Bottu, 2016)

Il est des rentrées littéraires confidentielles, juste un nom Corinne Lovera Vitali, et un titre énigmatique 78 moins 39 pour éveiller la curiosité.

«  Trente neuf ans que je souhaite sa fête à mon père… la fête de mon père trente-neuf fois et lui soixante-dix-huit égalent trente-neuf. »

Soustraction féconde dont le reste est venu se déposer dans ce recueil sous forme de trente-neuf courts textes qui se jouent des mots, les bousculent, les répètent pour en tirer la poésie des sensations brutes de l’enfance et les offrir à son père.

A.M-N.

Arlette Mondon-Neycensas conduit pour Aleph-Écriture à Bordeaux la formation générale à l’écriture littéraire et l’atelier Nouvelle-Instant en présentiel et par e-mail, ainsi que des ateliers ouverts en librairie à Bordeaux et Bergerac.

Conseil de lecture de Catherine Berthelard

Continuer (Laurent Mauvignier, Editions de Minuit, 2016)

J’aime de plus en plus lire Laurent Mauvignier. J’avais déjà beaucoup apprécié la construction et les personnages rencontrés dans Autour du Monde. Lire Continuer m’a bouleversée. La mise en scène est impeccable. L’histoire commence lentement pour s’accélérer jusqu’à l’emballement. Elle avance entre des paysages sauvages, se déploie en plan-séquences magnifiques et vient résonner dans le coeur des deux voyageurs. Continuer se déroule dans les montagnes du Kirghizistan où une mère perdue et son fils adolescent, mal dans sa peau, partent à cheval pour se retrouver. Les points de vue de chacun se croisent et alternent tout en rythmant ce récit. Et parfois, comme dans la nature quand s’ouvre l’ailleurs du ciel ; dans le roman, l’écriture s’envole et dit aussi le passé présent et les futurs possibles. C’est profond, troublant comme si Mauvignier nous invitait à partager un voyage, tout à la fois très loin et en nous-mêmes.

C.B.

Catherine Berthelard conduit pour Aleph-Écriture à Bordeaux la formation générale à l’écriture littérairel’atelier ouvert en librairie, et des stages. En savoir plus…

 

Conseil de lecture de Pauline Guillerm

Les cosmonautes ne font que passer (Elitza Gueorguieva, Editions Verticales, 2016)

Dans le premier roman d’Elitza Gueorguieva, Les cosmonautes ne font que passer, publié aux Éditions Verticales, la jeune narratrice découvre avec excitation un sapin, en hommage à Iouri Gagarine, planté dans la cour de son école, en Bulgarie. Oui, c’est certain, elle deviendra cosmonaute. Et puis, il y a la chute du mur de Berlin. Tout juste le temps de se demander qui peut bien être cet homme nommé Berlin qui n’a plus de mur dans son salon que déjà Kurt Cobain prend la place de Iouri dans le coeur de celle qui entre dans l’adolescence en même temps que son pays. Ce roman, c’est « la conquête spéciale » d’une jeune Bulgare dans un monde bouleversé par l’Histoire.

P.G.

Pauline Guillerm conduit pour Aleph-Écriture à Paris la formation générale à l’écriture littéraire.

 

Conseil de lecture d’Isabelle Agert

La nuit avec ma femme (Samuel Benchetrit, Plon-Julliard, 2016)

Extrait : « Je voudrais des ventes aux enchères de rêves. J’en achèterais pour cette nuit.Le rêve que l’on dérange quand le téléphone sonne. Le matin est si petit parfois. Tu m’as appris à l’aimer. Les heures orphelines. Ne pouvant offrir que leur inquiétude. »

L’ouvrage que j’ai envie de vous conseiller en cette rentrée n’est pas un livre . C’est une boîte. Une boîte à mémoire, à rêves, à paroles. Une boîte de deuil, une boîte de vie . Une boîte dans laquelle des pensées d’une pudeur impudique se déposent le temps d’une promenade nocturne. Entre récit et poésie, Samuel Benchetrit s’adresse à Marie Trintignant sa femme décédée depuis treize ans dans une écriture saccadée, qui cherche sa respiration tout autant qu’elle transpire d’une volonté farouche de vivre et de témoigner. Les mots s’essaient à dire un éloignement possible qui ne sera pas l’oubli. Le tempo et la tendresse de ce texte humble résonnent longuement en soi. Et on gardera longtemps cette boite sur sa table de nuit, comme un talisman.

I.A.

Isabelle Agert conduit pour Aleph-Écriture à Toulouse la formation générale à l’écriture littéraire ainsi que des stages thématiques d’écriture.

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