Ecrire à partir de « Les livres prennent soin de nous » de Régine Detambel

be5646bf288d74d3c77c572427f51b2cCette semaine, Laurence Faure vous propose d’écrire à partir de l’essai de Régine Detambel : Les livres prennent soin de nous. Pour une bibliothérapie créative (Actes-Sud, 2015). Envoyez-nous vos textes (un feuillet standard ou 1 500 signes maxi) jusqu’au 15 avril à l’adresse suivante: atelierouvert@inventoire.com.

Extrait

« Il faut une musique forte, presque une liturgie pour supporter les moments troubles et irrespirables de l’extrême jeunesse. Il faut une discipline et une eau claire où puiser de quoi se laver de tout. Car il est de ces phrases miraculeuses qui furent sans doute écrites pour briser la peur. » (p.151)

Proposition

Régine Detambel avoue avoir écrit un livre de rêve : un livre « sur les livres, sur leur pouvoir, sur leurs missions, sur les modifications, psychiques, et même physiques, qu’ils entraînent et provoquent en nous ».

Dans cet ouvrage fourni, documenté, sensible, sources et lectures à l’appui, elle présente, confirme, illustre ce que tout lecteur, même épisodique, aura pu au moins une fois dans sa vie toucher du doigt : les livres soignent et quelques lignes peuvent apporter énormément à qui les lit… Régine Detambel défend une bibliothérapie créative qui, sans « bonheurisme », précise-t-elle, puise dans la littérature écho, soutien, et permet de restaurer un espace à soi.

Son livre donne envie de lire et de savourer la lecture, des neurones jusqu’aux muscles ! Il donne envie de lire d’autres livres dont il s’est inspiré, comme Éloge de la lecture. La construction de soi, de Michèle Petit (Belin, 2002) ou Bibliothérapie. Lire c’est guérir, de Marc Alain Ouaknin (Seuil, 1994).

À titre personnel, je me souviens d’une lecture qui a marqué un palier important, comme une véritable entrée en littérature. Ce n’est pas simplement le pouvoir d’évasion du livre, mais son pouvoir métaphorique et réflexif qui me sauta comme en pleine tête et en plein cœur et je commençai, à partir de cette lecture, à me poser à propos de l’auteur la question : mais comment fait-il ?

Il s’agissait des Illusions Perdues, d’Honoré de Balzac, et j’étais en classe de Seconde. Un synopsis déprimant, pourrait-on dire aujourd’hui. Et pourtant, aujourd’hui encore, je continue à remercier le professeur de français qui nous le fit étudier. Je pense à ce roman comme à un réceptacle de force et d’énergie, parce qu’il m’a soutenue grandement dans cette période. Alors que le contexte familial était rude à plus d’un titre, sa lecture m’offrit une histoire et me donna l’impression de ne plus simplement m’immerger dans un récit mais encore de naviguer en compagnie d’un auteur.

Et pour vous ? Existe-t-il un livre qui a marqué un cap, dans la littérature peut-être mais, au moins autant, dans la vie ? Où ? Quand ? Dans quel contexte l’avez-vous lu ? De quoi y est-il question ? Ça vous a fait quoi ? Pourquoi ? Quel éclair a jailli ? Quelle prise de conscience s’est opérée au cours de la lecture ?

Et si vous nous en faisiez part, dans un texte de 1 500 signes au maximum (un feuillet standard) ?

Lecture

Née en 1963, Régine Detambel, kinésithérapeute de formation, vit aujourd’hui dans la région de Montpellier. Elle est l’auteur depuis 1990 d’une œuvre littéraire de tout premier plan, publiée pour l’essentiel chez Julliard, au Seuil et chez Gallimard. Chevalier des Arts et des Lettres, Régine Detambel a également été lauréate du prix Anna de Noailles de l’Académie française. Chez Actes Sud, elle est l’auteur du Syndrome de Diogène. Éloge des vieillesses (2008) et de trois autres romans : Son corps extrême (2011), Opéra sérieux (2012) et La Splendeur (2014). En même temps que Les Livres prennent soin de nous paraît également Le Chaste Monde.

L.F.

Laurence Faure conduit des séances d’atelier ouvert à la librairie « Comme un roman » (Paris, 3ème). En juillet, elle conduira un stage d’initiation à l’écriture théâtrale pour Aleph-Écriture.

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