Écrire à partir de « Miss Islande » d’Audur Ava Olafsdottir

Cette semaine, nous reprenons notre Atelier Ouvert bi-mensuel ! Laurence Faure vous propose d’écrire à partir de « Miss Islande » d’Audur Ava Olafsdottir (Zulma, 2019). Envoyez-nous vos textes (1500 signes espaces inclus / format word ou odt*), jusqu’au 5 juin 2020 à l’adresse: atelierouvert@inventoire.com. Nous publierons ensuite une sélection des meilleurs textes !

*Merci d’indiquer votre nom d’auteur en haut de votre texte

Depuis le confinement, vous pouvez également retrouver L’Atelier Ouvert – jadis en librairie-, en visioconférence pendant 2 heures sur Teams, et ainsi disposer de retours sur vos textes. Les prochaines dates dès le 8 juin, ici.

« La première fois n’arrive qu’une fois »… Et elle peut surprendre le lecteur! »

L’auteur

Voilà une autrice islandaise qui est aujourd’hui professeur à l’université d’Islande et connaît bien la France pour être venue à la Sorbonne faire ses études d’histoire de l’art… Un premier ouvrage publié par les éditions Zulma en 2010, Rosa Candida, l’a fait connaître à un large public.

« Miss Islande », publié en 2019 (éditions Zulma- 2019 – Prix Médicis étranger 2019), se déroule en 1963. Une jeune fille quitte sa région, les Dalir, pour Reykjavik. Elle porte le nom d’un volcan, Hekla… Serveuse dans un hôtel, elle refuse de participer à un concours, un peu louche, celui de Miss Islande. C’est que Hekla écrit, des romans, une rareté dans l’Islande des années 60.

Voilà un livre qui parle beaucoup d’écriture, de lectures, notamment islandaises, de paysages et de peinture. Un livre au charme fort où, sous l’aridité apparente, tremble, frémit une volcanique énergie de vivre et de créer selon ses aspirations.

Extrait

Hekla est au début de sa vie d’adulte. Tout n’est que première fois : habiter ailleurs que dans la ferme familiale, travailler, prendre le train, voyager… Dans la partie, « une première fois n’arrive qu’une fois », Hekla raconte comment elle rencontra Jon John, celui avec lequel elle fit l’amour pour la première fois et dans quel cadre cela a lieu :

« Au bout d’un moment nous avons trouvé l’endroit idéal, derrière la colline de la bergerie. Juste à côté des grands brins d’herbe à siffler. Nous nous sommes allongés, les bras le long du corps, en regardant le ciel et les stratocumulus rabotés par le vent…. Seuls cinq centimètres nous séparaient, ce qui est le plus petit espace possible entre une femme et un homme sans qu’ils se touchent. Il portait une chemise bleue de flanelle, moi une jupe rouge que j’avais choisie spécialement pour l’occasion. Nous étions tous les deux en cuissardes….

– C’est toi qui as fait l’ourlet ?

– Tu as peur de me toucher ? ai-je rétorqué Il s’est alors occupé de ce qu’il y avait sous le tissu et sa main s’est dirigée vers l’élastique de ma culotte. Il était temps de mettre mon corps en jeu. De devenir une femme. J’ai remonté ma jupe, il a baissé son pantalon. »

Et sans qu’on sache au juste comment se passe cette première fois (le texte fait adroitement l’ellipse tout en donnant à imaginer la scène), la suite de cette première fois est presque plus importante, c’est une révélation :

« Ensuite, nous sommes restés assis côte à côte au sommet de la colline, à regarder les algues sur le rivage et les îles du fjord, il n’avait pas remonté ses bretelles et fumait.

C’est là que je lui ai dit. 

Que j’écrivais.

Tous les jours.

Que j’avais commencé à écrire sur le temps qu’il faisait, comme mon père, et sur les changements de lumière au-dessus des glaciers… que j’avais d’abord décrit les nuages blancs… puis que j’avais ajouté des gens, des lieux et des évènements….

En échange, le plus beau jeune homme des Dalir m’a confié qu’il aimait les garçons.

Chacun gardait les secrets de l’autre.

Nous étions à égalité. »

Proposition d’écriture

Je vous invite à imaginer une « première fois » – pas uniquement amoureuse, il existe plein de premières fois –  qui se réalise en compagnie de quelqu’un. Dans un texte écrit au je, au nous, je vous propose d’écrire en texte en trois paragraphes :

– Le premier paragraphe nous raconte comme la narratrice ou le narrateur a rencontré « son partenaire de première fois »

– Le deuxième paragraphe nous donne à voir le lieu, la scène de cette première fois. Le secret étant de ne pas tout nous raconter de l’action mais de nous donner des éléments pour l’imaginer.

– Le troisième paragraphe, juste après, assez court, avec une ou deux phrases de dialogue, est le temps d’une révélation, courte et efficace, et qui nous surprenne.

Laurence Faure

Laurence Faure est comédienne, animatrice d’ateliers d’écriture chez Aleph-écriture depuis 2002. Elle anime modules et stages sur la formation générale aux écrits littéraires, l’écriture théâtrale l’émergence  de projets personnels. Elle intervient également en formation et coaching sur des thèmes liés à la communication et au management pour des entreprises, des organismes de formation, des établissements d’enseignement supérieur.

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