« Je ne me souviens pas », adapté du roman de Mathieu Lindon, du 19 au 30 novembre

L’an passé, le comédien Christophe Dellocque a adapté le roman de Mathieu Lindon « Je ne me souviens pas ». Le spectacle est repris aux déchargeurs du 19 au 30 novembre 2019 du mardi au samedi inclus à 21 heures, en raison de son succès l’année passée.

Dans l’adaptation théâtrale du livre de Mathieu Lindon « Je ne me souviens pas », Christophe Dellocque incarne avec grâce et légèreté des souvenirs universels (la première fois), les regrets intimes ou tout simplement ces moments délicieux qui valent la peine d’être vécus parce qu’ils sont singuliers.

Un spectacle à la fois drôle et tendre, qui revient sur la période des années 80 qu’a traversé Mathieu Lindon, et qui rappelle l’univers du spectacle « Les Idoles » de Christophe Honoré bientôt à L’Odéon, entre littérature, auto-fiction et monstres sacrés.

Christophe Dellocque nous parle ici de l’adaptation de ce texte littéraire, qu’il a réalisée avec Sylvain Maurice (Directeur  du Centre Dramatique National -CDN- de Sartrouville), et metteur en scène du spectacle).

Qu’avez-vous aimé dans ce livre ?

Je lis depuis longtemps les livres de Mathieu Lindon. Celui-ci a de particulier qu’il est un récit autobiographique fragmenté et que les non-souvenirs de l’auteur nous ramènent aux nôtres, même si nous n’avons pas vécu les mêmes choses que lui. Il y a une communauté de souvenirs, une universalité qui nous constitue tous comme un même être, même si nous n’avons pas traversé les mêmes expériences de la même façon. Reste que beaucoup de choses qui nous constituent tous sont tombées dans l’oubli, volontaire ou pas et que le texte de Lindon – et maintenant le spectacle- nous y renvoie.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile dans cette transposition d’un livre de 150 pages à une trentaine pour la scène.

Créer une théâtralité à partir d’une écriture et d’une construction qui ne le sont pas.

La posture du lecteur n’est pas la même que celle du spectateur, il peut prendre le temps, relire, réfléchir ; le spectateur assiste à un événement qui a une durée établie et qui ne s’arrêtera pas en cours.

Il faut trouver le moyen de lui faire parvenir les idées, le rythme de l’écriture d’une manière spécifique au théâtre.

Comment est intervenu le metteur en scène dans ce travail ?

Tout de suite puisque le projet est parti d’un désir commun de retravailler ensemble avec Sylvain Maurice. Pour l’adaptation j’ai d’abord amené les fragments qui m’intéressaient le plus, Sylvain en a écarté certains, en a amené d’autres, puis il a opéré des  coupes dans les morceaux choisis pour établir un rythme scénique.

Nous avons essayé de respecter la chronologie du livre, puis de classer par thématiques… Je suis retourné au livre, ai proposé de nouveaux passages, réinscrit des phrases disparues… Pour le passage au plateau il y a eu beaucoup de tentatives, à une table avec un ordinateur, debout avec un micro etc… pour finalement aboutir à cette boîte de lumières qui fonctionne comme  un espace mental. Et beaucoup de travail pour m’amener à transmettre le texte avec précision, faire entendre les méandres de cette pensée tout en lâchant prise, en acceptant peut-être aussi de livrer des choses de moi autant que Lindon en livre en écrivant…

Vous avez joué dans des pièces de Labiche, des pièces plus contemporaines comme celle de Larry Tremblay «Le Déclic du destin», et il y a 2 ans vous avez écrit et créé un seul en scène autour des sketches de Sylvie Joly au Lucernaire. L’humour est-il un art de vivre, un remède à la mélancolie ou votre terrain de jeu préféré ?

Les 3 à la fois… même si la mélancolie prend parfois le dessus. Christophe Dellocque fait sa Sylvie Joly est un spectacle drôle teinté de nostalgie, de la perception du temps qui passe, du vieillissement. Mes textes apportaient un peu de gravité à l’humour de Sylvie Joly. Il y a d’ailleurs des thèmes très proches chez Lindon, pas traités de la même façon. Du coup chez Lindon, on a essayé d’amener de la légèreté dans sa gravité, même s’il a beaucoup d’humour.

Rire et faire rire sont deux choses phénoménales, je ne peux pas concevoir de relation forte avec des gens qui ne me font pas rire ou que je ne fais pas rire.

De quoi vous souvenez-vous là maintenant tout de suite ?

D’un jeune couple d’à peine 30 ans, au premier rang, qui riait très fort, comme si le texte leur révélait des choses d’eux-mêmes qu’ils n’imaginaient pas.

D’une pré-ado avec qui je travaillais en atelier sur les souvenirs d’enfance et qui m’a répondu « moi, monsieur, je n’ai pas de souvenir ».

De quoi ne vous souvenez-vous pas ?

Je ne me souviens pas de la première fois où j’ai compris que ma vie ne serait peut-être pas aussi simple que celle de gens qui m’entouraient. Ni de la fois où j’ai compris qu’elle était plus simple en fin de compte.

Spectacle: Je ne me souviens pas de Mathieu Lindon. Avec Christophe Dellocque au Théâtre des Déchargeurs du 19 au 30 novembre 2019 du mardi au samedi inclus à 21 h.

Un partenariat avec Aleph-Écriture permet de suivre  un atelier d’écriture avant ou après le spectacle « C’est bizarre l’écriture  » :  soit le lundi 20 janvier de 16h à 18h avant la pièce, soit le lundi 13 avril de 16h à 18h après avoir vu la pièce : le 30 mars ou le 6 avril.

(Tarif préférentiel de 32 € comprenant la pièce + l’atelier d’écriture)

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