Le temps des maisons / Semaine 6 : Beltran

En réponse à notre appel à écriture, » Et si moi, j’appelais », voici un texte de Beltran

Et si moi, j’appelais, ma mémoire enfouie. Premiers émois. T’en souviens-tu ? Tes yeux noirs, tes longs cheveux, tes lèvres gourmandes.

T’en souviens-tu de mes maladresses. T’en souviens- tu de nos caresses maladroites. Tu avais traversé la mer, venant de très loin.

Et si moi, j’appelais, quelle serait la surprise de t’entendre rire, la tête légèrement penchée en arrière… Du tréfonds des souvenirs, un sourire lumineux, le soleil de ton pays lointain. Le temps de nos vacances.

Ta voix garde le secret à jamais.

Et si moi, j’appelais la voisine de palier, que je croise furtivement, le matin et le soir ? Peut-être quelques mots, à distance échangés.

Des regards qui se croisent, sous les masques imposés.

Un cheval fou sur la mer démontée.

Et si moi, j’appelais l’avenir.

Le temps des maisons ouvre au partage inédit.

Promesse.

Caresse.

Etreinte rêvée. La mer à recommencer. Le fou à la  maison, enfin ouverte à l’amour.

Aujourd’hui le temps de la maison, repliée sur elle-même.

Et si toi, tu m’appelais !

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