Le temps des maisons / Semaine 8 : Antoinette Koering

En réponse à notre appel à écriture, « À table », voici un texte et photomontage de Antoinette Koering

« Torta all Amaretto »


Les cigales, au loin le son d’une radio italienne, le carrelage au sol est frais. Un matin d’août, l’horloge du village sonne huit heure, il fait déjà très chaud. Une table à l’ombre d’un tilleul odorant, le bourdonnement des insectes.
Petit déjeuner dans une auberge perdue dans les collines de la campagne italienne, à quelques kilomètres du Lago di Bolsena, au-dessus de Rome. Des pins parasols, une allée de cyprès, une maison blanche, longue et basse. Peu de convives, un homme très âgé sert et dessert les tables abandonnées.
Un gâteau moelleux couleur orange, au gout de miel ou sucre roux, cuivré sur le dessus est servi avec un café noir. Un café au parfum des graines grillées. Le gâteau a la forme d’un lingot, il est dense, humide et au goût inimitable de l’Amaretto.
L’Amaretto est une liqueur aux amandes amers, aux noyaux d’abricots et de pêches. Amaretto du mot « amara » qui signifie amer en italien. Mais pour moi, ce jour-là, cela sonne aussi comme « mare », la mer et « ama », la maman en coréen.
C’est en demandant le nom du gâteau aux vieux serveur que j’ai eu la recette, griffonné sur un morceau de papier par quelqu’un dans la cuisine. La voici :
On rappe 250g de carottes et les mélange avec 130 g d’amandes en poudre. On bat deux jaunes d’oeufs avec 90 g de sucre, les blancs sont montés en neige. Lorsqu’on a mélangé aux carottes, amandes et 50 g de farine avec une sachet de levure, on y ajoute les jaunes crémeux , puis les blancs. Verser le tout dans un moule à cake beurré et le cuire à 180 degré pendant 40 minutes. Si le couteau sort sec du centre, le gâteau est cuit. On démoule et trace alors un petit sillon sur le dessus légèrement craquelé et y verse un peu de liqueur d’Amaretto … un goût d’Italie.

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