A la OLYMPUS DIGITAL CAMERAGalerie Thaddaeus Ropac

Un univers de seiche et d’eau, d’empreintes et de contours au fusain rappelle les dessins épurés et les pigments poudreux qu’on peut trouver sur les parois de la grotte Chauvet. Miguel Barceló peint un univers d’avant la vie, dont l’eau conserve encore le mystère. Entre les algues volatiles et des poissons mirobolants aux yeux rouges et aux carcasses granuleuses, surgit la poésie d’un Miró minéral, comme aperçu le temps d’un bref instant, pour être aussitôt dilué dans l’océan.

« On voyait parfois Miró passer en taxi sur la promenade maritime » raconte Barcelo dans la préface du catalogue confiée à Enrique Vila-Matas. Les souvenirs de l’écrivain espagnol rencontrent alors ceux de Barceló, en un récit somnambulique qui se tisse entre un café et un portrait à la Javel et à l’encre noire. Tandis que Barceló embrasse la matière pour faire surgir des cratères et des roches sur ses toiles, Vila-Matas infatigable marcheur, arpentant les capitales, dresse un portrait solaire du peintre, tout en gardant les accents nocturnes propres à son écriture.

L’exposition est envoûtante, hypnotique, et le catalogue de l’exposition en est l’indispensable complément pour poursuivre cette promenade sous-marine. D.P.

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