Et pour toi, c’est quoi le monde d’après ?

« Bonjour, c’est Kamel Mennour. Cette question, belle et terrible à la fois, je l’ai d’abord posée à mes cinq enfants. Je veux maintenant la poser à d’autres enfants et adolescents de la maternelle jusqu’à la terminale. Je veux leur demander d’y répondre par un dessin  réalisé sur une feuille de papier format A4. Mais je souhaite également la poser à mes artistes qui, eux aussi, me répondront sur des feuilles de papier de même format, puisqu’en cette période nous nous retrouvons tous à égalité, sur la même ligne de départ… »

C’est par ce simple message que débute l’exposition imaginée par le galeriste Kamel Mennour. Une simple question qui a obtenu une multitude de réponses exprimant le besoin de dessiner simplement ce moment compliqué.

Sont ainsi arrivés le 23 mai 1600 dessins, affichés sur les murs de la galerie sans autre commentaire. Les dessins des artistes ont été mêlés anonymement à ceux des enfants et ont été accrochés dès leur arrivée sur les murs de la galerie en un vernissage-pèlerinage (dans le respect des consignes de sécurité), sans apparat ni tambours ni trompettes. Le projet en lui-même, celui de regrouper toutes ces individualités et ces points de vue parfois venus du monde entier suffisait à créer l’événement de la poésie artistique; celle du recueillement, du partage, de la vitalité créative, en une chambre d’écho en réponse des événements de ces dernières semaines.

Au sortir du confinement, il est pertinent de la part de Kamel Mennour de n’avoir pas rouvert sa galerie sur l’exposition précédente ni celle d’après, mais sur une sorte de parenthèse entre le monde d’hier et le monde d’après. Dans cet « à présent » où nous sommes, entre redécouverte d’un environnement qui a changé et confiance à retrouver hors de nos maisons.

Comme une reconquête de notre place, cette exposition marque le retour nécessaire à ce temps qui a interrogé notre capacité à penser le monde. Kamel Mennour nous propose juste de le partager, en attendant d’avoir des réponses, demain. Un geste artistique plein d’humilité et d’humanité.

Toutes les œuvres sont vendues au même prix (100 euros), et l’intégralité des fonds récoltés sera versé à la Fondation Abbé Pierre et à la Fondation Imagine Hôpital Necker.

L’exposition se tient jusqu’au 20 juin au 47 rue Saint-André des Arts, à la Galerie Kamel Mennour à Paris, dans le 6ème arrondissement.

Danièle Pétrès

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