« Géométrie bancale » Philippe Cougé

 

Le paysage

s’est fondu.

 

Le vert

corrige

la syntaxe du gris.

 

Derrière les troncs,

le noir

patiente.

 

Les arbres sentinelles

récitent

la grammaire des planches

phrases coupées,

tenues à bout de fibres.

 

Ce qui tenait

par l’angle droit,

par le fil à plomb,

se conjugue mal

au présent.

 

La géométrie bancale

des portes,

des fenêtres,

dérègle l’algèbre ondulante

des tuiles moussues.

 

Elles ne comptent plus.

Elles ne pèsent plus.

 

La forêt ne juge pas.

Elle veille.

Elle efface.

Elle absout.

 

À la lisière élimée,

la langue du sol

désapprouve,

par un pointillé de gravier,

ce chemin qui s’efface

ponctuation usée

d’une phrase suspendue.