Mais
la fatigue
Aller encore dans l’abrupt du soir
où l’ombre même quitte les pas
pour coucher sa résignation
sur le bas-côté
Poursuivre
Oui
Mais
le froid la faim
Oui aussi
Saisir la chaleur d’un or roux
Mâcher le goût vert du savoir
dans l’âpreté de la terre
Reste la soif
Puiser aux creux des arbres
un matin de rosée oubliée
Mais la solitude
Oui toujours
Tout près
peut-être
L’idée d’une maison
Quel orgueil
ce bloc incertain
de verticales
ponctuées de lichen
La main à tendre à un chien
là
Mais là
pas même un chien
Pousser une porte
l’idée d’un accueil
Aux appels traversés d’espace
seul écho
La rouille mate des outils
Inutiles oui
Au désir d’un dernier velours
l’humilité de la paille
Alors
s’adosser
le répit frotté aux planches sèches
Attendre
Le regard porté sur une autre fenêtre
la silhouette absente
Mais le silence
Déjà oui
L’idée d’une autre bouche
où déverser les mots
receler l’advenu
Mais le langage brûlé
Sur le seuil
un tas de cendres
bientôt dispersées sur les murs
par un souffle maigre
Que ça
oui
une histoire
Mais la perte
là-bas
Oui
Aller enfin
dans une lumière d’obsidienne
abandonner la mélancolie
aux ailes vastes des corbeaux
Tout ce chemin