Le temps des maisons / Semaine 7 : Muriel Gimenez

En réponse à notre appel à écriture, « Le meilleur moment de la journée (The Best Time Of The Day) », voici un texte et une photographie de Muriel Gimenez

Le jour début scène I

Un lever un début

comme des

phasmes endeuillés

comme du

marc de café

dans les nervures du bois

à l’avenir incertain

comme des fils emmêlés

dans des rêves noueux sans mémoire.

Comme des doigts fugitifs

griffés noircis dans le secret

des parois de la mine.

Pourtant au loin des corps

peut-être le peuple Massaï

en haut de la colline

ou tout près du perron

corps longs et déroulés

combat, coup de tonnerre

d’un théâtre émouvant.

Au loin encore,

pourtant au bord des yeux

batucada de la terre

sous l’attaque des nuages.

Sur le rebord du monde

un lever étendard

sur ciel piqué

d’escarboucles.

Sous l’œil et le flanc paisibles

des animaux de la forêt

mettre délicatement en bouche

le feu

le brasier de la Vie.

le lycanthrope tousse son secret

ose dire le regret

qu’un jour nouveau soit déjà advenu.

Dans ma tête, dans mon saut de fenêtre,

Des mots collier rivière

un corps en remous

et comme une évidence

quand on est dans la merde jusqu’au cou, il ne reste plus qu’à chanter[1].


[1] Phrase de Samuel Beckett

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