Les Vacances, de Julie Wolkenstein

Sophie, une universitaire spécialiste de la Comtesse de Ségur et un jeune chercheur qui écrit sa thèse sur des films disparus se rencontrent à l’IMEC. Pour les fins d’un colloque ou d’un chapitre supplémentaire, ils doivent consulter le seul dossier existant sur un film tourné par Eric Rohmer en 1952, une adaptation des «  Petites filles modèles », resté inachevé.

Dans le majestueux bâtiment de l’IMEC près de Caen, très vite, leur rivalité autour du dossier se transforme en un coup de foudre amical . Comme dans une enquête policière, les deux apprentis détectives vont alors sillonner les routes de Normandie à la recherche de témoignages autour d’un film qui se révèlera avoir un lien direct avec leur propre histoire.

Si la forme de ce roman est érudite, drôle et enlevée, elle n’emprunte aux films de Rohmer que son récit fragmenté en forme de conte, où la  quête de l’amour est toujours semée de malentendus idiots et de rendez-vous manqués (puis réussis). Entre « Pauline à la plage » et « Les Contes de la pleine lune », Paul et Sophie ne savent pas qui ils aiment vraiment ni si cet amour est à leur portée, et c’est un des aspects les plus charmants du livre.

Un autre plaisir de lecture de ce livre, est d’être amenés à se rappeler soudain pourquoi on aime tant lire : pour rencontrer des gens passionnants (et sympathiques), qui n’existent peut-être pas que dans les livres, comme la grand-mère d’un des deux narrateurs, ancienne espionne et diplomate, reconvertie dans la culture de son potager. Comme pour les plantes, les hasards poussent là où le vent les essaime, transformant les mystères de la nature en évidence. Un grand roman sur la recherche, léger comme une semaine de vacances à la plage!

Danièle Pétrès

Les Vacances, de Julie Wolkenstein (Editions P.O.L, août 2017)

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