En cette veille de Noël, il est encore temps de rechercher des livres à lire au coin du feu. Voici un livre de table (Coffee Table Book) et trois à emporter. L’équipe de l’Inventoire vous souhaite une bonne fin d’année en patinette, en voiture, à pieds et pourquoi pas en traineau derrière deux rênes?

À une amie, qui cherche une maison et quoi y faire, j’offrirai « Louise Bourgeois. Femme Maison ».

Pendant onze ans, le photographe Jean-François Jaussaud a rendu visite à Louise Bourgeois. Ce livre, témoin de cette amitié, mêle des photos de sa maison de Chelsea, de son atelier à Brooklyn; de ses sculptures, notes et « pensées plume ». On y découvrira au passage son merveilleux sens du raccourci « ll n’y a que deux choses qui comptent dans notre vie amoureuse : la table de la salle à manger où nos parents nous ont fait souffrir. Et le lit où on s’allonge avec son mari, c’est là que les enfants sont nés et c’est là que l’on va mourir. En réalité, ces deux objets font la même taille, ils ne forment qu’un seul et même objet ».

En feuilletant cet album apparaît d’emblée la cohérence du travail de Louise Bourgeois qui n’a cessé d’investiguer la maison originelle, faisant écho à la phrase de Gaston Bachelard : « Non seulement nos souvenirs mais nos oublis sont « logés », notre inconscient est « logé ». Notre âme est une demeure. En nous souvenant des « maisons », des « chambres », nous apprenons à « demeurer » en nous-mêmes. Les images de la maison marchent dans les deux sens : elles sont en nous autant que nous sommes en elles ».

« Louise Bourgeois. Femme Maison ». De Jean-François Jaussaud, préfaces de Marie-Laure Bernadac, Xavier Girard. Editions Albin Michel.

À mon voisin qui ne va pas assez au musée, j’offrirai « Nocturne au Louvre » de Brigitte Joseph-Jeanneney.

Un roman noir où le chef de la sécurité mène l’enquête dans les coulisses d’un des plus beaux musées du monde alors que des tableaux se décrochent dans la nuit. Un voyage captivant dans un bâtiment mythique, servi par une belle écriture paru aux éditions Cohen & Cohen.

Brigitte Joseph-Jeanneney « Nocturne au Louvre ». Artnoir, éditions Cohen & Cohen.

À ceux qui ont peur des mélancoliques contrariés, j’offrirai « Un village pour aliénés tranquilles » de Juliette Rigondet (Editons Fayard). Au 19ème siècle a été créé à Dun-sur-Auron (dans le Cher) une « colonie familiale pour aliénés » offrant une alternative à l’enfermement des malades mentaux. Hébergés par une famille, ils ont pu exercer une activité, être suivis par un médecin et reconstruire leur histoire.

Environ 1000 patients ont pu bénéficier de cette expérience inédite en France – qui perdure aujourd’hui- sous le nom d’ «  Accueil familial thérapeutique  » -. Des destins recueillis dans l’écriture de Juliette Rigondet, à qui elle redonne une dignité. Bien au-delà de son caractère documentaire, Juliette Rigondet montre qu’on peut faire œuvre d’historien et de littérature en même temps.

 « Un village pour aliénés tranquilles » de Juliette Rigondet (Editons Fayard).

À quelqu’un qui se demanderait encore si la psychanalyse sert à quelque chose, j’offrirai « Leur patient préféré ». Ce livre comporte 17 portraits de psys qui évoquent l’un des patients qui les ont marqués.

En décrivant leur histoire, ils retournent le miroir sur leur propre analyse. Passionnant et superbement écrit.

« Leur patient préféré. 17 histoires extraordinaires de psychanalystes », Violaine de Montclos (Editions Stock. Point Poche).

Danièle Pétrès

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