Le temps des maisons / Semaine 5 : Daniel Gabrielli

En réponse à notre appel à écriture, « La maison farfelue », voici un texte de Daniel Gabrielli                                                                                          

23/4/20

Je sonne à la porte. La locataire m’ouvre : « Entrez, me dit-elle, je suis contente de vous voir. Cela fait une journée entière que je n’ai plus d’électricité ! Entrez, le compteur est ici. » 

J’entre, regarde. Et tout à coup, je vois les murs s’éloigner de moi, l’appartement s’agrandir. Ou est-ce moi qui rapetisse ? En tout cas, il se passe quelque chose de bizarre ici, d’invraisemblable même !

Je regarde mon hôtesse : elle a toujours la même taille que moi, cela me rassure. Mais elle a l’air de trouver ce qui se passe tout à fait normal, ce qui m’inquiète.

Et cet appartement qui continue de grandir ! Maintenant il est immense. Ma tête n’atteint même plus le sommet de la plinthe. Que se passe-t-il ici ? Et comment vais-je pouvoir accéder au compteur ?

Pour mon hôtesse, c’est simple : il suffit de monter par le mur. Aussitôt dit, elle me donne l’exemple : elle se met à escalader la paroi avec une facilité déconcertante !

Non, tout cela est impossible, ça n’a aucun sens ! Cette femme ne peut défier comme cela les lois de la gravité. Aurait-elle un ancêtre gecko ?

Maintenant, c’est à moi, je dois la suivre, j’y vais. Finalement c’est assez simple : pour escalader un mur, se persuader que c’est possible, puis se lancer. Bien sûr, c’est un peu fatigant : le dos, les cuisses, les mollets souffrent un peu, mais on y arrive.

Me voici à hauteur du compteur. Que vais-je faire maintenant ? Il est plus grand que moi. Tant pis, il faut que j’essaie de le réparer. Je tente d’abaisser l’énorme interrupteur noir. Je m’y suspends de tout mon poids  D’abord, il hésite, puis ploie un peu et finit par se mettre en position « on ». Ouf, j’ai bien failli tout lâcher.

Alors la lumière jaillit… Et moi… je sors de mon rêve !

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