Le temps des maisons / Semaine 6 : Fanny Soulard

En réponse à notre appel à écriture, » Et si moi, j’appelais », voici un texte de Fanny Soulard

Et si moi j’appelais

Si je t’appelais, TOI

Pas tes sbires, non, TOI en personne

Pas en virtuel, non, pour de vrai

Mais où donc  te joindre ?

Je ne trouve nulle part ton numéro

Ni fixe, ni portable

Ni courriel

Abonné aux numéros absents

Tu es

Inaccessible

Intouchable

Si moi je t’appelais

Pour te crier ma colère

Et mon impuissance

Face à la folie meurtrière

De l’invincible ennemi

Qui d’un coup de maître

Fauche la planète

Si moi je t’appelais

Je te dirais ma  tristesse

Devant tant de souffrances

Et de vies brisées

Innocentes

Dis, si j’osais t’appeler

Me répondrais-tu ?

Assise au pied du vieux chêne

J’ai attendu

J’ai écouté

L’oiseau chanter

L’abeille bourdonner

Le silence vibrer

Enfin, tu m’as parlé

Et c’était doux, et beau, et bon

Comme un baume

Sur une plaie béante

Dans tes bras apaisants

J’ai entendu Gaia, Terre Mère

Pleurer doucement

Alors j’ai compris

Que nous n’avions rien

Mais vraiment rien compris !

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